Le Parlement européen a approuvé le mandat de négociation sur le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE pour la période 2028-2034, ouvrant ainsi officiellement les discussions avec les gouvernements nationaux sur le futur budget européen. Le texte a été adopté avec 370 voix pour, 201 contre et 84 abstentions sur 655 votants.
La proposition de la Chambre européenne prévoit un budget de 1 780 milliards d’euros en prix constants en 2025, soit environ 2 010 milliards d’euros en prix courants, avec une augmentation d’environ 10 % par rapport à la proposition avancée par la Commission européenne en juillet 2025. Les députés demandent également que le remboursement de la dette liée à NextGenerationEU soit géré séparément du CFP, sans affecter les fonds alloués aux politiques européennes. Parmi les priorités indiquées figurent la compétitivité, la défense, la transition verte et numérique, le soutien à l’Ukraine et l’augmentation des ressources pour l’aide humanitaire.
L’eurodéputé PD Giuseppe Lupo a défendu la ligne approuvée, affirmant que « si nous voulons être compétitifs avec les Etats-Unis et la Chine, nous devons avoir un budget européen plus fort », sans pour autant « affaiblir la cohésion ». Le représentant démocrate a revendiqué le renforcement de l’action extérieure de l’UE avec « au moins 25 milliards d’investissements pour l’aide humanitaire », qualifiant la bataille pour la reconstruction de Gaza et de l’Ukraine de « plus que juste ».
La position des Frères d’Italie est de nature opposée. L’eurodéputé Nicola Procaccini a réitéré « son opposition totale à l’augmentation des soi-disant revenus propres et, par conséquent, aux nouveaux impôts européens prévus dans ce budget de l’UE », critiquant « cette poussée centraliste » et déplorant l’absence de mesures efficaces contre l’immigration clandestine. Procaccini a expliqué que la FdI s’est abstenue de continuer à travailler sur un cadre financier « adapté aux véritables priorités de l’UE, des peuples européens et du peuple italien ».
Le Mouvement 5 étoiles s’y oppose également. Le député européen Pasquale Tridico a qualifié le budget de « largement insuffisant », arguant qu’un CFP égal à 1,2 % du PIB européen n’est pas adéquat pour faire face à « la transition écologique et numérique » et à la crise industrielle européenne. Tridico a également contesté « les coupes dans les politiques de cohésion et agricoles » et l’augmentation des ressources de défense « enlevant des ressources aux politiques sociales, de transition verte et de cohésion ».