Crise automobile, alerte rouge en Allemagne : la lettre de Merz à l’UE pour sauver les voitures hybrides

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

L’Allemagne est prête à demander à l’Union européenne une révision urgente du règlement qui établit l’interdiction des moteurs à combustion prévue pour 2035. Le chancelier allemand Friedrich Merz veut exhorter les institutions communautaires à revoir ce délai, ce qui obligerait l’ensemble du secteur automobile à s’orienter vers la conversion électrique.

Merz : « Nous envoyons le bon signal »

La chancelière allemande est prête à envoyer une lettre à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le but ? Inviter les institutions européennes à laisser ouvertes les options technologiques aux constructeurs automobiles. L’initiative de Merz tend à aiguiser le ton du conflit entre l’industrie automobile allemande et ceux qui demandent à s’en tenir aux politiques imaginées pour atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. L’idée serait de permettre aux constructeurs de vendre au moins des modèles hybrides. En Allemagne, le secteur est en crise, aux prises avec la hausse des coûts d’investissement dans les véhicules électriques et avec la forte concurrence chinoise qui affecte les ventes.

Arrêter les moteurs à combustion à partir de 2035, l’interdiction peut-elle être levée ?

« Avec cette lettre, nous envoyons le bon signal à la Commission », a déclaré Merz, expliquant que le gouvernement allemand souhaite protéger le climat, mais « de manière technologiquement neutre ». Le Chancelier a résumé les principales demandes qu’il entend porter à l’attention de von der Leyen : « Je demanderai à la Commission de continuer à autoriser, même après 2035, les véhicules électriques à batterie également équipés d’un moteur à combustion. Il est beaucoup plus approprié et pragmatique d’investir davantage d’efforts et de ressources dans le développement de systèmes hybrides efficaces qui combinent le meilleur du monde des moteurs à combustion interne d’une part et de la mobilité électrique d’autre part.

La crise du secteur

Le secteur automobile allemand est de mauvaise humeur. En témoignent également les données récentes publiées par l’Office fédéral de la statistique : à la fin du troisième trimestre 2025, les effectifs travaillant dans le monde automobile ont diminué de 48 700 unités par rapport à la même période en 2024. En pourcentage, la baisse s’élève à 6,3 pour cent. Au total, fin septembre, le secteur comptait 721.400 travailleurs, le chiffre le plus bas depuis 2011, où ils étaient environ 718.000.

Par ailleurs, les données incluent également les entreprises qui s’occupent de composants. A titre de comparaison, 5,43 millions de personnes sont employées dans le secteur manufacturier et, sur la même période, la main d’œuvre a diminué de 2,2 pour cent. Diverses raisons expliquent la crise automobile. Des difficultés des marques allemandes sur le marché chinois aux taxes imposées par Donald Trump, en passant par les coûts élevés de l’énergie et la transition vers l’électrique qui peine à décoller.