Combien de porte-avions l’Italie possède-t-elle ? Des navires historiques à ceux en service aujourd’hui dans la Marine

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Dès leurs débuts lors de la Première Guerre mondiale, les porte-avions se sont progressivement imposés comme un élément irremplaçable des stratégies navales de tous ces pays qui, de temps à autre, ont eu le capacités techniques et volonté politiquestratégique de les déployer et de les maintenir en service, malgré des coûts d’exploitation exorbitants. Aujourd’hui, ils sont en service environ 50 porte-avions dans le monde à 15 marines différentes, avec le Marine italienne qui fait partie de ce club d’élite disposant actuellement deux porte-avions en service actif: un porte-avions léger en service, le Cavouret une deuxième unité, le navire d’assaut amphibie Trieste.

La Regia Marina et les navires italiens Aquila et Sparviero

L’intérêt de l’Italie pour les porte-avions vient de loin et remonte à l’entre-deux-guerres mondiales, lorsque le noyau de combat en haute mer des marines des grandes puissances était encore constitué de cuirassés et de croiseurs de bataille. Dans le 1926 et dans 1927à la demande de l’époque Marine royaleles chantiers Ansaldo de Gênes les travaux ont commencé sur deux porte-avions qui ont été rebaptisés respectivement « Aigle » Et « Épervier ». Curieusement, ces unités navales n’ont pas constitué des navires de toutes pièces puisque pour les obtenir on a transformé les coques de deux paquebots transatlantiques, respectivement le « SS Roma » et le « MS Augustus ».

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Les travaux ont cependant progressé lentement, sans parler du fait que la Royal Navy n’a jamais réussi à élaborer des doctrines opérationnelles dédiées à l’utilisation des porte-avions susmentionnés, à tel point qu’elles étaient encore incomplètes non seulement au moment de l’entrée de l’Italie dans l’Union. Seconde Guerre mondiale (1940) mais toujours à la date de l’armistice (8 septembre 1943). Comme on pouvait s’y attendre, le deux unités incomplètes ont été capturées par les Allemands qui, le 5 octobre 1944, ils ont coulé le Sparviero à l’entrée du port de Gênes pour bloquer l’accès aux Alliés.

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En ce qui concerne leAigle au lieu de cela, étant achevé à 90 % au moment de la capture, il fut choisi par les Allemands comme futur porte-avions pour leur Kriegsmarinemais leurs plans ont été contrecarrés car cela revenait à plusieurs reprises endommagé par attaques aériennes par Alliés. Finalement le navire est arrivé coulé dans la nuit du 18 au 19 avril 1945, lors d’une opération des raiders navals du Mariaiuto, cette partie de la 10e flottille MAS, qui après le 8 septembre 1943 était restée fidèle au Royaume d’Italie, désormais cobelligérant avec les Alliés.

Le porte-avions Garibaldi pendant la Seconde Guerre mondiale

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les coques de l’Aquila et du Sparviero furent récupérées et démontées. Il a fallu des décennies avant que l’Italie puisse à nouveau se lancer dans la construction de porte-avions, étant donné que les clauses des traités de paix scellant la fin de la Seconde Guerre mondiale ils/elles interdisaient expressément notre pays à s’équiper de cette classe de navires avec un rôle nettement offensif.

Les choses n’ont changé que plusieurs décennies plus tard lorsque, le 26 mars 1981aux chantiers navals de Fincantieri de Monfalcone (Trieste) ont commencé les travaux qui ont abouti à la construction du porte-avions « Giuseppe Garibaldi »qui est ensuite entré en service le 30 septembre 1985. Premier véritable porte-avions « tout-pont » de notre arme bleue, le Garibaldi a été conçu à l’origine pour servir de centre de commandement autour duquel organiser une groupe de travail affecté à la guerre anti-sous-marine. Cependant, la présence à son bord d’une composante aérienne décente (une vingtaine de chasseurs-bombardiers McDonnell Douglas AV-8B Harrier II et d’hélicoptères Sikorski-Augusta SH-3D Sea King et AugustaWestland AW101) lui permet bientôt d’élargir ses scénarios d’utilisation.

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Au total, les Garibaldi ont servi sous les insignes de la Marine pendant 39 ans, de 30 septembre 1985 au 1er octobre 2024accumulant une carrière respectable et participant aux opérations militaires italiennes en Somalie, Kosovo, Afghanistan et Libye. Bien qu’il soit resté inactif pendant environ un an, le Garibaldi n’est pas techniquement déclassé et pourrait être remis en service dans un délai raisonnable si la nécessité l’exigeait. Par ailleurs, en mars 2025, des rumeurs ont émergé concernant un éventuel vente du navire à la marine indonésiennemême si les contours des négociations entre les parties intéressées ne sont pas clairs.

Cavour et Trieste, les deux porte-avions italiens en service aujourd’hui

Cependant, la fin de la carrière opérationnelle du Garibaldi ne signifie pas la fin de l’utilisation des porte-avions par la marine italienne, étant donné qu’entre-temps de nombreux autres deux porte-avions sont entrés en service. Dans le cadre du renforcement de la composante navale de l’instrument militaire italien, il a été construit au début des années 2000 par Chantiers navals Riva Trigoso à Sestri Levante (toujours partie du groupe Fincantieri) le « Cavour »entré en service le 10 juin 2009 et aujourd’hui vaisseau amiral de la Marine.

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Au cours de ses 16 années de vie opérationnelle, le Cavour a participé à de nombreux exercices conjoints avec les marines des pays alliés mais, à l’exception du déploiement lors de la guerre de Libye en 2011, il n’a pas eu l’occasion de se distinguer sur les théâtres de guerre réels.

La même chose peut être dite du plus jeune « Trieste »entré en service le 7 décembre 2024 en remplacement du Garibaldi susmentionné. En effet, contrairement au Garibaldi et au Cavour, qui sont à tous égards des porte-avions, le Trieste a été classé comme Quai d’atterrissage pour hélicoptères (LHD), il serait donc expressément dédié à l’utilisation d’hélicoptères. Toutefois, l’achat de chasseurs-bombardiers par l’Italie Décollage vertical du F-35B a de facto rendu le Trieste comparable à tous égards à un porte-avions à part entière en ce qui concerne les possibilités d’utilisation.

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Disposant aujourd’hui de deux porte-avions en service actif, la marine italienne peut donc se prévaloir d’une capacité de projection respectable, au moins dans le bassin méditerranéen, et, si les budgets le permettent, la permanence de l’Italie dans le club restreint des opérateurs de porte-avions semble assurée pour les décennies à venir.