ce que disent le traité et le « précédent turc »

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Dans les dernières heures c’est fuite le contenu d’un email interne de Pentagone américainqui décrit les options dont disposent les États-Unis pour sanctionner les alliés de l’OTAN qui n’a pas soutenu le guerre contre l’Iran. Le document, consulté exclusivement par Reutersinclurait également l’hypothèse de suspension de l’Espagne de l’Alliance atlantiqueaprès que le gouvernement de Pedro Sánchez ait interdit l’utilisation des bases militaires le 30 mars Rotation Et Imbécile en faveur d’opérations de guerre contre l’Iran, affirmant qu’il ne veut pas se laisser entraîner dans un conflit unilatéral qui ne respecterait pas la Charte des Nations Unies.

Le président Donald Atout avait déjà annoncé son intention de appliquer des représailles contre l’Espagne pour le manque de soutien au Moyen-Orient, une idée qui avait fait débat sur le risque de créer une fracture grave au sein de l’OTAN : on se souvient, entre autres, que l’Alliance atlantique est née à des fins purement défensives – comme prévu à l’article 5 – e n’envisage pas en aucune façon leobligation pour les Parties d’intervenir dans un conflit provoqué par un allié et, surtout, contraire au droit international. Le Premier ministre espagnol a quant à lui répondu en déclarant que « la position du gouvernement espagnol est claire : une coopération absolue avec nos alliés, mais toujours dans le cadre du droit international ».

Mais c’est vraiment possible suspendre ou chasse un pays membre de l’OTAN ? La réponse est très simple : Non. Le Pacte Atlantique n’envisage pas en aucun cas la possibilité de soumettre un allié à un procédure d’infractionDe suspension ou même de expulsion. Le seul possibilité reconnu est celui de retrait volontaire prévu à l’article 13, qui n’a jamais été utilisé dans l’histoire jusqu’à présent – ​​hormis le retrait partiel de la France de la structure militaire.

Le thème était cependant déjà été abordé à cause de tensions entre l’OTAN et la Turquie entre 2019 et 2020 : l’épisode a cependant démontré que, même dans les crises les plus graves, l’Alliance a toujours préféré contenir les tensions plutôt que de rompre avec un allié gênant.

Expulsion et suspension d’un État membre : le Pacte Atlantique

Contrairement à l’Union européenne, le traité fondateur de l’OTAN – c’est-à-dire le Traité de l’Atlantique Nordsigné à Washington le 4 avril 1949 n’envisage aucune procédure d’infraction, de suspension ou d’expulsion de pays membres. Il s’agit d’une lacune structurelle du Pacte atlantique, très probablement intentionnelle, qui transforme de fait la possibilité d’expulsion d’un allié en une opération politiquement et juridiquement impossible. Entre autres, après 77 ans d’alliance, encore aujourd’hui il n’y a pas de précédent en matière de sortie volontairesinon partielle de la France dans les années 1960, mais liée uniquement à la structure militaire (et entièrement restaurée en 2009).

La seule option reconnue est celle du retrait volontaire d’un État de l’Alliance atlantique, prévu par learticle 13 du Pacte Atlantique. Plus précisément, cet article reconnaît la possibilité de retrait volontaire d’un État de l’OTANétablissant :

Vingt ans après l’entrée en vigueur du Traité, une Partie pourra cesser d’être membre un an après que sa notification de dénonciation aura été déposée auprès du Gouvernement des États-Unis d’Amérique, qui informera les Gouvernements des autres Parties du dépôt de toute notification de dénonciation.

Pas de fête, pas même les États-Unis, peut décider de manière indépendante expulser un allié de l’OTAN: au contraire, un pays peut décider de manière indépendante de quitter l’Alliance un an après l’avoir communiqué au gouvernement américain, qui en informera les autres États.

La seule arme entre les mains des États-Unis est donc une arme potentielle. représailles bilatérales contre l’Espagne, telles que la réduction de la coopération militaire et économique, le retrait des actifs ou l’augmentation de la pression politique. Il faut cependant considérer la question des bases : l’Espagne héberge 2 bases militaires de l’OTAN – celle de Rota et celle de Morón, utilisé conjointement par l’Espagne et les États-Unis – deux avant-postes stratégiques pour la Méditerranée, notamment pour Washington, qui peut ainsi bénéficier d’un accès facile aussi bien au Moyen-Orient qu’à l’Afrique.

Le précédent de la Türkiye (jamais expulsée de l’Alliance atlantique)

Bien qu’il n’existe aucun précédent en matière de retrait volontaire ou d’expulsion d’un membre de l’OTAN, ce n’est pas la première fois que ce sujet est discuté au sein de l’Alliance. Le cas de La Turquie, en fait, il s’agit du précédent historique le plus significatif pour comprendre les limites pratiques du système de l’OTAN.

Les tensions avec Ankara ont commencé en juillet 2019, quand le Turquie reçu les premières piles de Système de missile russe S-400rompant avec l’un des principes fondamentaux de l’Alliance : l’interopérabilité des systèmes de défense. Washington avait prévenu à plusieurs reprises que l’achat des S-400 était incompatible avec la participation turque à plan de la F-35les chasseurs-bombardiers américains de cinquième génération, au développement desquels la Turquie elle-même a contribué.

La réponse américaine a donc été la exclusion formelle d’Ankara du programme F-35 et, en décembre 2020, l’imposition de sanctions à l’industrie de défense turque.

À ces tensions s’ajoutent d’autres frictions dues aux opérations militaires turques menées contre les Kurdes syriens (forces soutenues par les USA) et le très dur choc avec le Grèce en Méditerranée orientale au cours de l’été 2020 pour moi droits d’exploration énergétique – un épisode qui a nécessité une médiation directe de l’OTAN.

Malgré une crise directe avec les USA, des tensions géopolitiques avec un autre membre de l’Otan et l’achat d’armes russes jugées incompatibles avec la sécurité collective, La Turquie n’a jamais été suspendue ou expulsée de l’OTAN : Ankara, entre autres, n’a jamais envisagé la possibilité d’abandonner l’Alliance atlantique, qui reste stratégique pour les intérêts du pays.