« Ce duo a transformé les Bleus » : comment Zidane et Djorkaeff, selon Jacquet, ont bouleversé le destin de l’équipe de France

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Et si l’avenir de l’équipe de France avait basculé un soir de septembre 1995, dans l’euphorie discrète d’Auxerre, grâce à l’alchimie magique entre Zidane et Djorkaeff ? Pas d’effet d’annonce ici, juste le récit d’un duo qui a changé la vie des Bleus… et celle d’Aimé Jacquet.

Avant la métamorphose : une équipe de France en panne d’inspiration

Flashback. On est au cœur des années 90 et, sur les pelouses françaises, la sérénité n’est pas franchement au rendez-vous. Huit petits buts en neuf matchs : les Bleus rament, peinent à trouver le chemin des filets, et l’essentiel ne tient qu’à un fil… ou plutôt au pied habile de Youri Djorkaeff. Les supporters retiennent leur souffle, l’angoisse est palpable, même dans les rangs des commentateurs les plus optimistes (oui, ça existe !).

L’heure du duo : 6 septembre 1995, un tournant à l’Abbé-Deschamps

C’est dans ce contexte à suspens qu’arrive le 6 septembre 1995, sur la pelouse du stade Abbé-Deschamps. L’équipe de France reçoit l’Azerbaïdjan pour ce qui restera longtemps comme la victoire la plus large des Bleus – record qui ne prendra la poussière qu’en 2023 après une correction infligée à Gibraltar.

Surtout, l’histoire ne retiendra pas uniquement le score du match, mais l’association enfin officialisée de deux talents hors-norme alignés d’entrée de jeu : Youri Djorkaeff et Zinédine Zidane. Jusqu’ici, « Zizou » avait débuté essentiellement en l’absence de Djorkaeff, le fameux « Snake » – et la seule fois où ils avaient tous deux foulé la pelouse en même temps n’avait duré qu’une vingtaine de minutes lors d’un match contre la Pologne. Bref, on n’avait pas eu vraiment le temps de savourer l’entente cordiale…

Aimé Jacquet, le sélectionneur sous pression, l’avait senti : « Mieux coordonné, c’est un duo qui va se bonifier », anticipe-t-il. Et on peut dire que la complémentarité saute vite aux yeux, même aux plus myopes.

Du chaos à la lumière : quand deux artistes réinventent le jeu bleu

  • Papin blessé au genou, Cantona suspendu pour un coup de pied légendaire mais peu académique à Manchester : le champ est dégagé et Jacquet n’hésite pas à tourner la page.
  • Pas de déchirement cornélien pour le coach : il suffit d’observer la saisie d’opportunité par Djorkaeff et Zidane.
  • Dès le début du match, Djorkaeff s’illustre en bottant le corner qui mènera à l’ouverture du score de Marcel Desailly. Il y va ensuite de son doublé, histoire d’inscrire son nom dans la soirée.
  • Le feu d’artifice continue avec Zidane qui, pour ne pas être en reste, trouve le chemin des filets en début du dernier quart d’heure.

C’est donc là, dans l’urgence et le doute, que l’association entre Zidane et Djorkaeff s’impose. Un vrai tournant, selon Aimé Jacquet, qui voit tout à coup son mandat vaciller puis être sauvé par un but miraculeux et, plus encore, s’illuminer grâce à la générosité créative de son nouveau duo.

Le début d’une ère nouvelle : quand la musique du duo fait danser les Bleus

L’entente entre Djorkaeff et Zidane, née sur la pelouse de l’Abbé-Deschamps ce fameux soir, s’installe rapidement comme la clé du grand renouveau bleu. Pour Jacquet, mais aussi pour toute une équipe – et, osons le dire, pour les supporters au bord du gouffre émotionnel, qui retrouvent enfin le sourire (et la voix pour chanter la Marseillaise autrement qu’en soupirant).

Il n’en fallait pas plus pour transformer le destin de l’équipe de France. En laissant la magie du duo Djorkaeff-Zidane s’exprimer sur les terrains, la France se met, littéralement, à danser vers une nouvelle vie. Preuve qu’il suffit parfois de deux artistes pour faire chavirer tout un pays.

Et si cette histoire vous donne des idées, souvenez-vous du pouvoir des duos, sur le terrain comme dans la vie : il n’est jamais interdit de rêver à un prochain coup franc salvateur… ou à cette petite passe aveugle qui change tout. Aux duos qui osent, le ballon sourit.