Avec l’hantavirus, les plans de santé et les virologues reviennent à la télé
Il a suffi que les premières nouvelles se répandent sur l’infection à hantavirus, le nouveau « fléau mondial » provoqué cette fois par les souris, pour que chacun ait l’impression de voir un film qu’il a déjà vu, malheureusement. Au total assez lointain dans le temps, mais si déchirant pour la vie et la conscience civile collective que la blessure a mis très peu de temps à se rouvrir.
Les deux effets du hantavirus
Les effets de ce retour en arrière n’ont pas tardé à se manifester. Le premier a été le retour massif à la télévision de tous ces infectiologues devenus si familiers à l’ère du Covid, qui, comme lorsque des tombes sont découvertes et des morts ressuscités – avec tout le respect que je dois à leur science la plus honorée – ont recommencé à populariser en un clin d’œil les talk-shows et les programmes d’information. Quelqu’un avait des cheveux gris supplémentaires, quelqu’un venait de prendre du poids ou avait changé de coiffure, mais bref c’était eux.
Le deuxième effet a été la réapparition des premières controverses semblables à celles d’il y a six ans, précisément à l’époque où, en un clin d’œil, l’Italie et le monde étaient plongés dans le cauchemar, jamais connu jusqu’alors, de la pandémie mondiale. Pour l’instant tout reste assez sous contrôle car personne ne parle de vaccins, de prophylaxie collective, de masques, mais bref, comme dans un jeu de Risque, les camps ont commencé à positionner leurs troupes. On ne sait jamais.
Trois choses rassurantes sur l’hantavirus et le signal rouge à ne pas ignorer
Sur les réseaux sociaux notamment, les théoriciens du complot, les anti-vax ou, au contraire, les turboscientifiques, ceux qui vaccineraient même les statues aux premiers signes de grippe, ont fait leur grand retour. Même si les « vraies » nouvelles, celles qui viennent de première ligne, sont somme toute rassurantes, et il est bien clair pour les scientifiques que nous ne sommes pas confrontés à un « nouveau Covid », que les risques sont infiniment moindres précisément en raison de la structure de l’infection, moins dangereuse et moins transmissible d’homme à homme. Cependant, étant donné qu’il y a six ans déjà, les premières nouvelles étaient délibérément rassurantes et que ce qui s’était passé s’est produit, la psychose a commencé à se propager.
Des chauves-souris aux souris
Psychose mise à part, il est cependant légitime de s’interroger sur l’état de santé de nos établissements de santé et sur les outils qui ont été élaborés entre-temps pour faire face à d’éventuelles nouvelles situations d’infections généralisées. Heureusement pour lui, le ministre de la Santé Orazio Schillaci arrive face au cas d’hantavirus après avoir récemment achevé le processus d’approbation du Plan National de Pandémie, convenu avec la Conférence des Régions et lancé il y a quelques jours, le 30 avril, environ trois ans après l’expiration du précédent en 2021, fortement affecté par la situation actuelle du Covid. Je ne le fais même pas exprès.
Le plan a une validité de 2025-2029 et prévoit une large implication des Régions, à qui une bonne partie du travail est déléguée – les fonds sont alloués uniquement aux Régions qui ont démontré qu’elles ont appliqué les règles – et confirme l’approche « vaccinationniste », ce qui n’est pas tout à fait évident pour une majorité gouvernementale dans laquelle se cachaient certaines positions froides concernant le recours à la prophylaxie de masse.
Que contiennent les plans de santé gouvernementaux
Selon le ministre Schillaci, le plan, critiqué par certains infectiologues de renom – comme Matteo Bassetti de Gênes – qui l’ont jugé trop générique, met en œuvre les indications fournies en la matière par l’Organisation Mondiale de la Santé. Et voici le point important. En fait, lorsque l’on parle de pandémie et de l’OMS, on ne peut s’empêcher de rappeler que l’Italie n’a pas adhéré au premier accord mondial sur la pandémie, l’Accord sur la pandémie de l’OMS, approuvé en mai 2025 avec 124 voix pour, se retrouvant ainsi aux côtés de pays comme la Russie et l’Iran. Même les États-Unis n’y ont pas adhéré car, par la décision de Trump, ils venaient de se retirer de l’OMS elle-même, l’une des premières décisions de son deuxième mandat explosif à la Maison Blanche.
Une décision, celle de l’Italie, vivement critiquée à l’époque par l’opposition, qui a dépoussiéré certaines des accusations précitées portées contre la droite pendant la pandémie, celles de clin d’œil au monde anti-vax. Des accusations qui, surtout si l’infection à hantavirus venait à se propager, reviendraient certainement à la mode.
Réponses locales et menaces mondiales
La propagation du Covid avait en effet mis en évidence combien, en cas d’alarme mondiale, il était plus que jamais nécessaire de mettre en œuvre des réponses également globales, tant dans les mesures prophylactiques que dans la production et la fourniture de vaccins. Les infections ne s’arrêtent pas aux frontières et se propagent même très rapidement, comme le confirme cette épidémie d’hantavirus.
Ces derniers jours, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a rappelé à Bruxelles l’importance de la santé « mondiale », mais on sait que Tajani incarne l’âme pro-européenne et plus ouverte de la coalition. Il n’est pas évident que tout le monde au gouvernement pense comme lui. Ou bien ce sera le bon moment pour que le virus des rongeurs finisse par « obliger » le gouvernement à adhérer, quoique tardivement, au protocole de l’OMS. Nous contaminer avec un peu de bon sens et réintégrer la communauté internationale. Le bien vient souvent du mal.