Le nouveau brise-lames de Gênes sera construit à partir de l’actuel, dans le but de protéger le port du mouvement des vagues et d’accroître la sécurité du transit des grands navires commerciaux.
En effet, le barrage actuel, en raison de sa proximité avec les quais, ne permet pas l’accès aux plus gros cargos.
L’Autorité du système portuaire de la mer Ligure occidentale il décida donc d’en construire un plus loin, pour remplacer l’ancien barrage. Les travaux sont réalisés par le consortium PERGÉNOVA BRISE-LAMES dirigé par Nous bâtissons avec Fincantieri Et Fincosit et les travaux ont débuté en mai 2023.
Comment est construit le brise-lames ?
Le nouveau barrage de Gênes reposera sur un fond marin sablonneux et argileux, stabilisé grâce à l’insertion de colonnes de gravier.
Un sera alors créé base rocheusequi supportera la structure : énorme caissons en béton armé aussi haut qu’un immeuble de dix étages.
Stabilisation des fonds marins
Les fonds marins près du port de Gênes sont constitués de sable et d’argile, la première étape consiste donc à stabiliser les couches du fond marin les moins résistantes, car sinon le brise-lames, qui est essentiellement un barrière de protection à plus de 50 mètres de haut, il risquerait de couler.
Cette opération, dans le jargon technique, est définie comme «consolidation des fonds marins » et sera réalisé en insérant des colonnes de gravier.
La base du barrage : 7 millions de tonnes de matériaux rocheux
Ensuite la base du barrage est construite : 7 millions de tonnes de matériaux rocheux.
Pour vous donner un point de comparaison : on estime que le matériau utilisé pour le Pyramide de Khéops pèse environ 6 millions de tonnes. Mais une grande partie de ce matériau rocheux est récupérée lors du démantèlement de l’ancien brise-lames, dans une optique d’économie circulaire.
Caissons préfabriqués : un mur de protection
À ce stade vient le point culminant, la structure qui bloque une grande partie du mouvement des vagues : énorme boîtes préfabriquées, mesurant jusqu’à 30 mètres de large, 67 mètres de long et 33 mètres de haut (comme un immeuble de 10 étages) constituent un véritable mur semi-immergéprès de 6 km de long.
Ce sont des structures en bétonconstruits directement dans le port, sur des installations flottantes puis transportés flottants jusqu’au point de positionnement.
Leur partie interne est constituée d’une série de cellules vides, comme s’il s’agissait d’énormes boîtes. Les alvéoles sont remplies d’eau, de sorte que le poids entraîne les caissons vers le fond. Une fois les caissons posés sur la base du barrage, les alvéoles sont cette fois remplies de matériaux meubles récupérés lors du démantèlement de l’ancien barrage et du dragage des fonds marins.
Les derniers éléments : le profil de vague et le système de surveillance
Au-dessus des caissons, il y a une structure avec un profil de vaguequi a pour mission de briser la crête de la vague.
Un sera alors installé Système de surveillance dont les capteurs vérifieront en temps réel les déformations du fond marin sous la charge progressive, jusqu’à ce que la stabilisation soit obtenue.
À quoi ressemblera le nouveau barrage : une marge de manœuvre accrue
Le barrage qui permet aujourd’hui l’accès des navires au port, par le canal de Sampierdarena, permet marge de manœuvre du diamètre de 550 mètres.
Le nouveau barrage sera déplacé au large par rapport à l’ancien et l’espace de manœuvre sera gagné, atteignant un diamètre de 800 mètres.
Il faut penser que la marge de manœuvre est importante pour de grands cargos de dernière génération, qui mesurent jusqu’à 400 mètres de long et ne peuvent accoster que dans des ports suffisamment grands pour les accueillir.
Quels bénéfices le travail apportera-t-il ?
À ce jour, la plupart des cargos modernes, venant des routes commerciales mondiales, font le tour de la moitié de l’Europe jusqu’à port de Rotterdam.
Mais avec le nouveau barrage, de plus en plus de grands navires pourront faire escale à port de Gênesqui sera enfin compétitif par rapport aux grands ports européens.
À ce jour, le plus grand port d’Europe est Rotterdam, avec 13,4 millions d’EVPunité de mesure des conteneurs de fret, en 2023, alors que les ports italiens sont toujours en retard : Gênes, qui est parmi les premiers ports de transport de conteneurs en Italie, a atteint la même année 2,4 millions d’EVP.
En augmentant la capacité portuaire, le trafic de marchandises augmentera, prédisent les experts une croissance annuelle pouvant atteindre 30% avec un impact économique positif pour tout le pays, déjà en construction, avec l’emploi de plus de 1000 personnes.
Gênes deviendra un point focal pour principales routes commerciales : celui est-ouest (Extrême-Orient-Europe et Amérique-Europe) et celui entre l’Europe du Nord et la Méditerranée.
C’est aussi grâce à Troisième col Gioviune route AC et AV, qui relie Gênes à Tortona et Milan et donc à l’Europe du Nord.
Quelles sont les répercussions sur le milieu marin ?
Il y a évidemment aussi les aspects environnementaux garder à l’esprit. La construction d’un immense mur d’enceinte au milieu de la mer aura certaines répercussions sur le milieu marin, pourrait-on penser.
Nous sommes allés consulter le L’évaluation de l’impact environnemental.
C’est le document approuvé par administration publique avant chaque grand chantier, qui analyse les effets qu’aura le barrage sur différents facteurs : sur la biodiversité terrestre et marine, sur les sols, sur les courants, sur la qualité de l’eau et sur l’air.
Pour la phase de travaux, considérée comme la plus critique, diverses interventions sont prévues surveillance et atténuation.
Un exemple est celui de rideau de bulles d’air: un tube sous-marin souffle de l’air sous l’eau et crée ainsi une couche de bulles tout autour de la zone de construction. Cette « enceinte à bulles » réduit le bruit des chantiers pour sauvegarder les espèces marines.
D’autre part, l’une des raisons pour lesquelles le projet a remporté l’appel d’offres est liée aux solutions ayant le moins d’impact possible sur l’environnement, à commencer par exemple par la réutilisation des matériaux de démolition.