Cybersécurité et intelligence artificielle : la comparaison entre sécurité, innovation et réglementation

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

L’Union européenne ambitionne de renforcer sa stratégie de cybersécurité à travers un plan d’action dédié aux risques et opportunités de l’intelligence artificielle. L’objectif est de traiter de manière structurée les nouvelles cybermenaces liées aux modèles d’IA les plus avancés, de plus en plus capables d’identifier les vulnérabilités des systèmes et d’automatiser les attaques, mais aussi d’offrir des outils innovants pour la protection des réseaux et des infrastructures numériques.

Une stratégie européenne

Le plan s’inscrit dans le cadre réglementaire européen en matière de cybersécurité et d’intelligence artificielle et vise à renforcer la coopération entre les États membres, les institutions européennes, l’industrie et le monde de la recherche, dans le but de rendre le paysage numérique européen plus résilient face aux défis posés par l’évolution technologique.

Sur le sujet, le débat politique met en avant différentes approches. Pour l’eurodéputé démocrate Nicola Zingaretti, l’Europe a enfin pris le bon chemin pour rattraper le retard accumulé sur le numérique et l’intelligence artificielle. « L’Europe a enfin bougé », observe-t-il, rappelant que l’autonomie stratégique « n’est pas une autarcie », mais nécessite des investissements adéquats. « Le problème est que les gouvernements européens n’ont pas le courage de fournir les ressources économiques nécessaires », ajoute-t-il.

Les risques de la réglementation

Isabella Tovaglieri, eurodéputée de la Ligue, est d’un avis différent et attire l’attention sur le risque d’une réglementation excessive. « Les risques de l’intelligence artificielle sont nombreux, mais les opportunités le sont aussi », affirme-t-il, estimant que l’Union européenne devrait se limiter à définir « un cadre de droits, de valeurs et d’obligations inviolables », puis laisser « la liberté d’initiative aux entreprises ». Selon l’eurodéputé, l’implication directe des Big Tech sera également cruciale pour relever les défis technologiques et énergétiques liés au développement de l’IA.

Pour Salvatore De Meo de Forza Italia, le projet européen représente plutôt une opportunité de renforcer l’autonomie stratégique de l’Union, en faisant de l’intelligence artificielle « un levier d’innovation », sans perdre de vue « la dignité et l’éthique » et en garantissant que « des technologies aussi avancées ne soient pas utilisées de manière inappropriée par des acteurs hostiles ».

Technologie et dignité

Un élément de convergence apparaît plutôt au niveau des valeurs. Zingaretti et De Meo rappellent la Lettre encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV, selon laquelle « le progrès technologique n’acquiert sa pleine valeur que lorsqu’il est au service de la personne humaine et sauvegarde sa dignité ». Un principe qui résume l’un des principaux enjeux européens : combiner innovation, sécurité et protection des droits fondamentaux dans le développement de l’intelligence artificielle.