Diable de sable à Foggia, quel est le vortex qui se forme sous la chaleur et la différence avec les tourbillons

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Ces dernières heures, de nombreuses images vidéo ont été diffusées d’un vortex de poussière et de sable, tournant à toute vitesse en montant vers le ciel, repéré et filmé par un automobiliste le dimanche 9 août dans la région de Foggia, dans les Pouilles, le long de la route provinciale 76 qui mène à Zapponeta, pendant cette quatrième canicule estivale : c’est un diable de poussièreconnu en italien sous le nom diable de sable ou de poussière, un vortex d’air complètement naturel, un phénomène météorologique typique des territoires désertiques et secs qui, contrairement aux tourbillons et tornades traditionnels, se produit par un ciel clair, sans la présence de nuages ​​orageux. Mais comment est-il possible qu’un tourbillon soudain se produise alors que le temps est parfaitement clair ?

Qu’est-ce qu’un diable de sable et comment il s’est formé dans les Pouilles : réchauffement des sols

Comme mentionné, le diable de poussière est un phénomène météorologique typique des territoires désertiques et secs, qui se produit même en l’absence d’orages et de perturbations. Pour comprendre ce qui s’est passé dans les Pouilles, mais en général aussi pour tous les autres événements, il faut observer le mécanisme thermodynamique ce qui déclenche le phénomène. Contrairement aux tourbillons classiques, qui surgissent sous la base d’imposants nuages ​​d’orage en raison de forts courants d’air en altitude, le diable de sable est strictement formé de bas en haut.

Le processus nécessite trois ingrédients clés : un ciel dégagé, un rayonnement solaire intense et l’absence de vent général. Durant les chaudes journées d’été, le surfaces sèches et clairescomme le sable sec des côtes des Pouilles ou le sol aride de l’arrière-pays, absorbent et émettent une énorme quantité de chaleur fournie par le Soleil. Cette surface incandescente chauffe la couche d’air située immédiatement au-dessus du sol, la portant à des températures nettement plus élevées que celles de l’air situé à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer.

Comment le vortex tourne-t-il ?

La différence marquée de température entre le sol et l’altitude crée un fort gradient thermique verticalsoit une différence de température importante entre le bas et le haut. Devenant beaucoup plus chaude et moins dense que l’air ambiant, la poche d’air en contact avec le sable commence à s’élever rapidement vers le haut, générant un fort mouvement convectif.

Lors de cette ascension, de très petites turbulences locales ou des écarts minimes dans la direction du vent au sol donnent un premier mouvement de rotation à la colonne d’air. C’est à ce stade qu’intervient le principe physique de conservation du moment cinétique: à mesure que l’air chaud est aspiré et concentré vers le centre, le diamètre de la structure se rétrécit et la vitesse de rotation augmente considérablement. Le vortex commence ainsi à soulever du sable, rendant la structure verticale parfaitement visible à l’œil nu.

Dust Devil et tornades : les différences fondamentales

Météorologie et climatologie ils distinguent clairement les diables de sable des trombes marines ou des tornades. Alors qu’une tornade nécessite l’instabilité d’un cumulonimbus et se développe de haut en bas (du nuage au sol), le diable de poussière a une vie totalement autonome et se génère exclusivement au sol en raison de l’intense chauffage radiatif.

De plus, la taille et la durabilité diffèrent considérablement. Les diables de sable ont généralement un petit diamètreentre quelques mètres et une dizaine de mètres, et épuisent leur énergie rapidement, entre quelques secondes et deux ou trois minutes. Le vortex se dissout naturellement lorsqu’il se déplace vers une surface plus froide, comme le rivage humide ou directement au-dessus de la mer, où l’interruption de l’afflux d’air chaud venant du bas éteint instantanément sa poussée convective.

Vitesse du vent et risques réels pour la sécurité au sol

En termes de dangerosité, les diables de sable sont dans la grande majorité des cas des événements de faible intensité, avec vitesse des vents oscillants Généralement entre 30 et 60 km/h. Cependant, chez les spécimens les plus développés les rafales peuvent atteindre 70/80 km/h.

Dans des contextes très fréquentés comme les lidos et les plages libres des Pouilles au plus fort des vacances d’été, le principal danger ne vient pas de la force du vent lui-même, mais du soulèvement et du traînage d’objets légers. Les parasols, gazebos, serviettes de plage ou matelas non sécurisés, s’ils sont aspirés par la rotation du vortex, peuvent se transformer en petits projectiles égarés et provoquer des blessures légères ou la frayeur des baigneurs avant que le phénomène ne cesse complètement.