Retraites, écart jusqu’à 10.600 euros entre Milan et Crotone : la carte province par province

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Seize millions et 300 000 personnes, 364 milliards d’euros par an. Ce sont les chiffres du système de retraite italien photographiés par le dernier Observatoire INPS, qui extrait les données du Registre central des retraités. Mais le total national ne dit pas grand-chose : la pension est le reflet différé d’une carrière professionnelle et les carrières en Italie n’ont pas été les mêmes partout. En croisant les données de l’INPS avec la population résidente d’Istat, province par province, on obtient un pays dans lequel le nombre de retraités et la valeur des chèques suivent deux géographies qui ne se ressemblent pas.

Combien y a-t-il de retraités en Italie et où ils vivent : la carte province par province

Avant de commencer une précision technique qui change l’interprétation de tout le reste : les pensions ne coïncident pas avec les retraités. Chaque bénéficiaire reçoit en moyenne 1.4 performancescar une pension de vieillesse peut être cumulée avec une allocation de survie ou d’aidant. Quiconque compare le nombre de contrôles avec celui des personnes se trompe de plus de 40 %.

En moyenne en Italie il y a 27 retraités pour 100 habitantsmais le chiffre provincial fluctue de plus de dix points. Aux deux extrémités du classement, il n’y a cependant pas deux Italies qui s’opposent : dans les provinces où les retraités sont proportionnellement moins nombreux, on trouve les grandes zones métropolitaines du Nord, qui attirent les populations en âge de travailler, et les provinces de Campanie et de Sicile, où la structure démographique est encore relativement jeune. Même numéro, deux raisons opposées.

L’écart entre hommes et femmes reste le plus grand de tous

Les femmes sont majoritaires parmi les retraités, mais perçoivent la minorité des ressources : ils représentent 51% du public et perçoivent 44% des revenus des retraites. Traduit en montants, un homme gagne en moyenne un tiers de plus qu’une femme.

La raison ne réside pas dans les règles de calcul, qui sont les mêmes pour tous, mais dans ce qui se passe avant : carrières plus courtes et discontinues, travail à temps partiel souvent non choisi, salaires inférieurs, interruptions pour soins de santé. Le système contributif lie le chèque aux versements effectués et transfère ceux inégalités de la vie professionnelle à la vieillesse sans les corriger.

Il y en a un sur 107 provinces italiennes le seul où les hommes ont plus de pensions que les femmes : Barletta-Andria-Trani. Et c’est aussi l’avant-dernière province d’Italie en termes de montant moyen. Les deux choses s’expliquent : là où l’emploi des femmes a été historiquement très faible, peu de femmes perçoivent leur propre pension et beaucoup atteignent la vieillesse avec seulement la réversibilité, ce qui a réduit les montants et abaisse la moyenne sur l’ensemble du territoire.

Parce que la moitié des retraités vivent au Nord mais que plus de la moitié des dépenses y viennent

C’est là que les deux géographies se séparent. Dans les régions du nord un peu moins de la moitié des retraités italiens y viventmais là plus de la moitié des dépenses nationales de retraite finissent. Au Sud, la relation est inversée, avec un écart de signe opposé et de même ampleur.

L’explication réside dans l’historique de travail derrière chaque contrôle. Dans le Nord, les carrières étaient plus longues et plus continues, avec une plus grande part de travail formel et des salaires plus élevés. Au Sud la composante sociale pèse plus, ce qui ne dépend pas des cotisations versées et qui par définition comporte de faibles montants. Il convient de rappeler que la dernière édition de l’Observatoire INPS incluait également pour la première fois les pensions de la Direction des Agents Publics, de sorte que les totaux ne sont pas directement comparables avec les séries des années précédentes.

L’allocation moyenne région par région : où vous obtenez plus et où vous obtenez moins

Le revenu moyen national à la retraite est d’environ 22 300 euros par an. Entre la première et la dernière région ils dansent plus de 6 000 euros par anet la fracture n’est pas progressive : les onze régions au-dessus de la moyenne nationale appartiennent toutes au Centre-Nord, les neuf en dessous sont les Marches et le reste est tout le Sud, y compris les îles. Il n’y a pas de région du sud qu’il atteint le moyenne italienne, ni celle du nord qui descend en dessous.

Du côté des provinces, le mur entre le Nord et le Sud se fissure

L’image change en descendant l’échelle. À l’échelle provinciale, l’écart double presque, mais surtout il cesse d’être une ligne claire et devient une carte inégale. Cagliari est au-dessus de la moyenne nationale et bat plusieurs dizaines de provinces du Centre-Nord. Les provinces du Nord avec les allocations les plus faibles se classent bien en dessous des meilleures du Sud.

Les histoires industrielles des territoires individuels comptent plus que l’affiliation géographique: les villes ayant un historique d’emplois dépendants et publics à grande échelle se situent en tête même lorsqu’elles se trouvent dans des régions actuellement en difficulté, tandis que les zones longtemps dominées par le travail indépendant, saisonnier ou irrégulier se situent en bas même au Nord.

Et c’est là que la boucle se ferme. En plaçant l’incidence des retraités et la valeur moyenne des chèques sur deux axes, le nuage de points n’a pratiquement aucune forme : la corrélation entre les deux mesures est proche de zéro. Là où il y a plus de retraités, les pensions ne sont pas plus élevées. C’est la différence entre un problème démographique et un problème de sécurité sociale : ils se ressemblent sur la carte, mais ils appellent des réponses différentes.