Les images de la femme endormie au volant alors que sa voiture roulait sur une autoroute canadienne avec deux enfants à bord ont rapidement fait le tour de la toile, remettant au centre de l’attention un malentendu très répandu : confondant les systèmes d’aide à la conduite avec une véritable conduite autonome. Au-delà des responsabilités du cas concret sur lequel les autorités locales enquêtent, le point fondamental est le suivant : les voitures actuellement sur le marché ne sont pas capables de remplacer complètement le conducteur. Même les systèmes les plus avancés exigent que le conducteur reste alerte et prêt à intervenir. Alors, était-il légal pour le conducteur de dormir pendant que la voiture roulait ? Non. Même lorsque les systèmes d’assistance automatique sont actifs, en effet, le conducteur reste responsable de la conduite et doit garder le contrôle du véhicule. Ce qui se passe dans la vidéo n’est autorisé ni en Europe ni au Canada.
Conduite autonome : que signifient réellement les niveaux d’automatisation
Lorsque nous parlons de conduite autonome, nous avons souvent tendance à assimiler des technologies très différentes. En réalité, il existe différents niveaux d’automatisation, définis par la classification des SAE InternationaleQue ils vont du niveau 0où le conducteur gère toutes les fonctions, jusqu’au niveau 5qui identifie un véhicule complètement autonome capable de se déplacer sans intervention humaine dans n’importe quelle situation.
Les voitures les plus courantes sur le marché aujourd’hui appartiennent principalement au niveau 2. Ce sont des systèmes ADAS (Systèmes avancés d’aide à la conduite) qui peut contrôler simultanément l’accélération, le freinage et la direction dans certaines conditions, par exemple sur autoroute ou en cas de trafic intense. Ces technologies peuvent rendre la conduite plus facile et plus sûre, mais elles ne transforment pas la voiture en véhicule autonome.: Le conducteur doit continuer à surveiller la route, maintenir son attention et être prêt à intervenir.
Le niveau 3 (actuellement homologué en Allemagne sur certains véhicules) représente une étape supplémentaire : dans des conditions spécifiques et autorisées, le système peut prendre temporairement en charge la conduite, permettant au conducteur de quitter la route des yeux. Cependant, le conducteur doit toujours être disponible pour reprendre le contrôle lorsqu’il le demande et dormir n’est absolument pas autorisé. Les niveaux 4 et 5 représentent une véritable conduite autonome, mais ils ne sont aujourd’hui pas une réalité pour les voitures particulières pouvant être achetées par les citoyens.
Existe-t-il déjà des voitures entièrement autonomes ? Oui, mais pas en tant que voitures personnelles
Dans certains pays, comme les États-Unis, la Chine et les Émirats arabes unis, Il existe déjà des véhicules capables de fonctionner sans chauffeur à bord grâce à des systèmes de niveau 4 ou des expérimentations proches du niveau 5. Mais le point fondamental est que ces voitures ne peuvent pas être achetées et utilisées comme des voitures privées normales. Ils sont principalement utilisés comme services de transports publics ou comme taxis autonomes, opérant dans des zones et des conditions contrôlées. Des voitures qui roulent entièrement seules existent donc, mais personne ne peut les acheter et les utiliser comme véhicule personnel. Cet aspect est important pour interpréter correctement des épisodes comme celui survenu au Canada : le fait que certaines villes disposent déjà de « robots-taxis » sans conducteur ne signifie pas qu’une personne peut dormir en voyageant dans une voiture normale équipée de systèmes automatiques.
Que prévoit la loi italienne ?
Dans Italie les recherches sur la conduite autonome sont en cours depuis plusieurs années, mais l’utilisation de véhicules automatisés sur la voie publique est sous surveillance des règles très strictes. La référence principale est le décret Smart Road, entré en vigueur en 2018 et mis à jour depuis, qui réglemente les tests de véhicules automatisés sur les itinéraires autorisés par le Ministère des Infrastructures et des Transports. L’objectif est de tester non seulement les véhicules, mais aussi les infrastructures numériques nécessaires au développement futur de la mobilité autonome, comme les systèmes de communication des véhicules, les capteurs et la signalisation intelligente. Toutefois, lors de ces expérimentations, la présence de personnel capable d’intervenir si nécessaire est attendue.
Pour les voitures actuellement sur le marché, le principe reste inchangé : la responsabilité de la conduite incombe au conducteur. Les systèmes d’assistance peuvent aider, mais ils ne peuvent pas remplacer le conducteur. S’endormir au volant alors qu’un système automatique est actif constitue donc une violation des règles, non seulement en Europe mais aussi dans des pays comme le Canada, où le conducteur doit toujours garder le contrôle et la surveillance du véhicule.
Parce que l’Allemagne et la France devancent l’Italie
Si en Italie la diffusion de la conduite autonome passe principalement par l’expérimentation, d’autres pays européens ont déjà introduit des réglementations plus favorables aux systèmes avancés. L’Allemagne a été parmi les premiers pays européens à adopter un cadre réglementaire dédié aux véhicules hautement automatisés et permet l’utilisation de systèmes de niveau 3 dans des situations spécifiques, par exemple sur certains tronçons d’autoroute et avec des limites précises. Aussi La France a mis à jour sa législation pour encourager l’introduction progressive des véhicules automatisés et le développement de l’infrastructure numérique nécessaire.
La différence entre les pays européens ne concerne donc pas tant la disponibilité des différentes voitures, mais plutôt le cadre réglementaire qui établit où et comment certaines fonctions peuvent être utilisées. La conduite entièrement autonome existe déjà dans certaines régions du monde, mais elle reste aujourd’hui cantonnée à des services dédiés : ce n’est pas encore une technologie qui permet à un automobiliste privé d’acheter une voiture, d’activer le mode autonome et d’arrêter de conduire.