Il arrive souvent qu’on l’utilise emprunts au français dans la langue italienne sans trop réfléchir. Beaucoup de ces termes sont entrés dans l’usage courant, notamment dans des domaines comme la mode, la gastronomie, le monde du travail… C’est précisément pour cette raison qu’ils sont si familiers à l’italophone qu’ils ont acquis une prononciation en italien standard différente du français, « Italianisé » et adapté à notre phonétique, comme « garage » et « tapis ».
Mais pourquoi la prononciation est-elle différente de celle du français ? La raison est simple : lorsqu’un mot passe d’une langue à une autre, il n’est jamais transféré « intact », mais vient adapté aux sonsaux habitudes et règles phonétiques de la langue qui l’héberge. Dans le cas du français, la distance est particulièrement évidente, car le système phonétique Le français comprend certains sons (comme le « r » uvulaire ou les voyelles nasales) qui n’existent pas en italien. De tels sons doivent donc être adaptés pour être utilisés. Chaque langue a tendance à modifier les sons étrangers pour les rendre compatibles avec son propre système phonétique.
Prononcer les emprunts selon une phonétique « adaptée » n’est pas une erreur mais un simple témoignage de la manière dont les langues interagissent entre elles. Mais regardons cinq mots français que nous utilisons tous les jours et que nous prononçons presque toujours « à l’italienne ».
Boîte à musique
Le mot boîte à musique il est entré en italien pour désigner à la fois un système de cloches et une boîte à musique.
La prononciation italienne la plus répandue est «boîte à musique » (IPA : /ka.rilˈlon/), avec le « n » final clairement marqué. Cependant, il suffit de regarder la prononciation originale française (IPA : /kaʁijɔ̃/) pour remarquer la différence : le mot se termine par une voyelle nasale, qui en français est généralement indiquée par graphèmes ‘voyelle + n’ (par exemple : on, an, en), donc en réalité sa prononciation exacte serait plus similaire à « carillõ », sans un « n » réellement prononcé.
En italien on a tendance à prononcer les consonnes finales, qui en français sont uniquement graphiques ou nasalisées, d’où la différence de prononciation. Le même phénomène se produit également avec certains prêts de l’anglaisqui à son tour sont entrés il y a des siècles sous forme d’emprunts au français : un exemple est commercialisationen italien (/’mar.ke.tiŋg/) tandis qu’en anglais (ˈmɑːrkətɪŋ/).
Stage
Le mot stage (de l’ancien fr estage) est l’un des exemples les plus intéressants, car il oscille en italien entre deux prononciations différentes. Actuellement, le terme désigne une période de formation pratique
Selon l’Accademia della Crusca, le terme doit être géolocalisé dans latin médiéval parlé dans la région française. A l’origine, c’était une phrase : saison faireOù saison indiquait à la fois la résidence et l’acte de résider (du latin rester). L’expression signifiait en bref garder son domicile dans un lieu auquel un bénéfice est lié, elle indiquait la permanence d’un vassal chez le seigneur, dans le but d’effectuer des services liés à l’obtention du bénéfice féodal.
Au fil du temps, il entra pour la première fois dans Moyen anglais comme stagepour arriver ensuite à nos jours avec le sens de « stage » en entreprise, et au-delà.
La prononciation française originale serait IPA : /staʒ/ avec le son doux /ʒ/ (comme dans « garage »). Cependant, de nombreux Italiens le prononcent comme l’anglais (IPA : /ˈsteɪdʒ/), créant une sorte de hybride linguistique (et peut-être, ce faisant, contribue-t-il à la rivalité historique anglo-française).
Ce double usage montre comment les mots étrangers peuvent changer d’identité en fonction du contexte culturel et comment certains mots modernes ont en réalité des origines très anciennes.
Vol-au-vent
Les Français ont énormément contribué au monde de la gastronomie d’un point de vue linguistique. L’une de leurs inventions les plus populaires est la vol au vent, des emballages constitués de disques de pâte feuilletée superposés, creux sur le dessus et vides à l’intérieur, qui peuvent être remplis de pratiquement toutes les garnitures, du sucré au salé.
LE vol au vent ils font certainement partie des produits les plus réputés de la cuisine française, à servir chauds ou froids, en entrée ou en apéritif,
Plus qu’un terme, c’est à proprement parler un expression françaisequi en italien se prononce souvent des manières les plus variées : parfois comme on lit « volovònt » (/vol.o.’vont/) avec toutes les consonnes bien prononcées, d’autres fois en essayant de rappeler le son nasal « volaven » (/vol.a.’vɛn/). En français, la prononciation reste cependant beaucoup plus fluide et simplifiée : /vɒl.əʊˈvɑ̃/ avec de nombreuses lettres non prononcées.
Ancien
Même si aujourd’hui il est perçu comme un mot anglais, ancien étymologiquement, il vient du français.
Le terme vient du vieux français vengeance (littéralement « vendange ») utilisé depuis le milieu du XVe siècle pour désigner un vin de la plus haute qualité, millésimé ou millésimé. En raison de la proximité des sens, certaines expressions adjectivales telles que « vintage » ou « vintage » pourraient donc être des substituts valables pour indiquer un produit qui n’est pas « vieux et de mauvaise qualité », mais plutôt « ancien et de qualité ». Le terme français a cependant une certaine charge sémantique difficile à remplacer par des expressions similaires.
Selon Crusca, la prononciation correcte à appliquer en italien est « en anglais ». vintiger (/ˈvɪn