Accord américano-iranien, le mémorandum d’Islamabad est-il vraiment une victoire stratégique ? Que dit le texte ?

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

La signature officielle du soi-disant est arrivée Mémorandum d’accord (MOU) entre les États-Unis d’Amérique et la République islamique d’Iran ce qui a mis fin, du moins pour le moment, aux hostilités entre les deux pays.

Pour beaucoup, il ne s’agit que d’une trêve temporaire visant à rouvrir le détroit d’Ormuz. Si ce protocole d’accord devait effectivement être le document de départ d’un véritable traité de paix, il serait configuré comme une victoire stratégique en pleine force pour l’Iran, nous donnant une réalité du Moyen-Orient faite de scénarios géopolitiques nouveaux et radicalement différents de tout ce à quoi nous avons été habitués jusqu’à présent.

Le moment de la signature a eu lieu en France, dans le cadre suggestif de château de VersaillesLe 18 juin après presque quatre mois d’hostilités inaugurées 28 février 2026 avec agression militaire Américains et Israéliens au détriment de l’Iran et de son réseau d’alliés/mandataires dans la zone du Moyen-Orient.

Le texte intégral de l’accord : les 14 points de discorde

Dans l’ensemble, le document a été contresigné par les parties, représentées par le président américain. Donald J. Trump d’une part et son homologue iranien Massoud Pezeshkianest divisé en 14 points qui devrait réglementer, même brièvement, tous les domaines de conflit existant aujourd’hui entre les États-Unis et l’Iran.

Plusieurs analystes ont tenté de créer un parallèle entre ces derniers et 14 points déclarés par Thomas Woodrow Wilson à la fin de Première Guerre mondialemais il s’agit presque certainement d’une curieuse coïncidence. Le nœud gordien de toute l’histoire tourne autour du déblocage du détroit d’Ormuzbloqué par les Iraniens depuis les premiers jours de la guerre, avec de graves répercussions sur l’économie mondiale.

Les autres points du Mémorandum représentent essentiellement des corollaires qui Washington a dû concéder à Téhéran d’obtenir à nouveau la liberté de navigation sur cette artère navale stratégique. Voici le résumé des 14 points convenus par Washington et Téhéran :

  1. Cessez-le-feu : Fin immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts (y compris explicitement au Liban) et engagement à ne pas déclencher de nouvelles hostilités.
  2. Souveraineté: Respect mutuel de l’intégrité territoriale et de la souveraineté, avec un engagement de non-ingérence dans les affaires intérieures.
  3. Horaires : Engagement à négocier et à parvenir à un accord de paix final dans un délai maximum 60 jours (extensible d’un commun accord).
  4. Fin du blocus naval américain : Les États-Unis commenceront à lever immédiatement le blocus naval contre l’Iran (qui sera achevé dans les 30 jours) et s’engageront également à retirer leurs forces des environs de l’Iran 30 jours après la signature de l’accord final.
  5. Réouverture du détroit d’Ormuz : L’Iran s’est engagé à assurer le passage sûr et libre (sans péage) des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz pendant toute la durée de la période de négociation de 60 jours.
  6. Gestion future d’Ormuz : L’Iran mènera des dialogues avec le sultanat d’Oman et d’autres États du golfe Persique pour définir la future administration et les services maritimes dans le détroit, conformément au droit international.
  7. Fonds pour la reconstruction : Les États-Unis et leurs partenaires régionaux créeront un plan d’au moins 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l’Iran.
  8. Levée des sanctions : Les États-Unis se sont engagés à mettre fin à toutes les sanctions contre l’Iran (y compris celles du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’AIEA et celles unilatérales américaines) selon des délais qui seront définis dans l’accord final.
  9. Engagement nucléaire : L’Iran réaffirme qu’il n’a aucune intention de produire ou d’acquérir des armes nucléaires.
  10. Matière enrichie : Les États-Unis et l’Iran conviennent de résoudre la question des matières nucléaires enrichies par le biais de mécanismes convenus dans le traité final (par exemple, par le biais d’un mélange supervisé par l’AIEA).
  11. Maintenir le statu quo : Pendant les négociations, l’Iran maintiendra son programme nucléaire et, en échange, les États-Unis n’imposeront pas de nouvelles sanctions ni n’augmenteront leurs troupes dans la région.
  12. Exceptions pour les exportations de pétrole : Le département du Trésor américain accordera immédiatement des dérogations pour permettre à l’Iran de reprendre ses exportations de pétrole brut, de produits pétrochimiques et de services bancaires internationaux associés.
  13. Dégeler les avoirs gelés : Les États-Unis rendront tous les fonds et actifs iraniens précédemment gelés ou restreints entièrement disponibles et utilisables.
  14. Début des négociations : Dès que les deux parties auront commencé à mettre en œuvre les points clés du mémorandum (tels que le déblocage naval, l’ouverture d’Ormuz et les dérogations pétrolières), les négociations pour le traité final commenceront officiellement.

Triomphe de Téhéran et joie d’Islamabad

À ce jour, l’accord constitue une victoire stratégique iranienne. Pas seulement moi Pasdarans et le Forces armées régulières (Artesh) ils ont réussi à empêcher sur le terrain toute tentative américaine de rouvrir Ormuz par la force, mais ils ont réussi à exercer suffisamment de pression au niveau politique pour pousser Trump à abandonne tes objectifs (pour le moment) e se mettre d’accord.

L’Iran voit son rôle confirmé pouvoir hégémonique dans la région du golfe Persique, avec tout le respect que je dois à tous les pays arabes de la région qui ont été complètement marginalisés. De plus, si on les analyse à la loupe, les points de l’accord visant spécifiquement l’Iran (comme la question de l’interdiction du développement d’armes nucléaires) ne représentent guère plus que des promesses formelles largement gérables ou ignorables de la diplomatie perse. A l’inverse, les parties de l’accord adressées à Washington représentent une une multitude de concessions qu’aucune administration présidentielle, pas même celle de Obamail n’y avait même jamais songé.

Aussi le statut international de République islamique du Pakistan il en est ressorti renforcé. Grâce à ses compétences de médiation, Islamabad elle a réussi à gagner en crédibilité tant dans les chancelleries occidentales que dans les palais du pouvoir de la raison moyen-orientale, où elle jouait jusqu’à présent un rôle secondaire.

Il n’est pas clair si le « Pays des purs » a des ambitions hégémoniques sur les terres de Moyen-Orientcependant les « avantages géopolitiques » qu’il a réussi à conquérir localement lui seront très utiles en vue d’une très probable nouvelle guerre contre Inde après la défaite subie en mai 2025 pendant ce qu’on appelle « Guerre de 88 heures ».

L’embarras de Washington et de Jérusalem

Voilà pour Washington combien pour Jérusalem (ce dernier a déjà annoncé qu’il ne se sent lié par aucun accord), représente une défaite totale, si on le compare aux proclamations triomphalistes avec lesquelles le président Atout autant que le Premier ministre israélien Benjamin « Bibi » Netanyahou ils avaient inauguré la campagne militaire.

Bien que les forces armées américaines et israéliennes aient indubitablement causé de graves dommages matériels au « système-pays iranien », elles ils ont complètement échoué en appliquant cela pression nécessaire pour parvenir à un changement politique à la tête de Téhéran, ce qui était l’objectif qu’ils avaient en s’engageant sur le sentier de la guerre.

Le point le plus humiliant que Washington ait dû digérer a probablement été l’acceptation de l’engagement de payer à l’Iran 300 milliards de dollars, formulé comme un « plan de reconstruction et de développement économique » pour l’Iran, financé par les États-Unis et des partenaires régionaux. En pratique, il s’agit de « dommages de guerre », mais sur le plan diplomatique, Washington a évité cette formulation qui aurait été politiquement désastreuse. « Ce n’est pas nous qui avons demandé cette réunion par désespoir : c’était l’Iran », a écrit Trump cet après-midi sur son réseau social Truth. « Ils sont finis ! Nous ferons défiler les 60 jours. Ils n’auront pas un sou, pas même un centime», a-t-il ajouté.

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Vraie paix ou simple trêve ?

Il est communément admis dans le monde des analystes que le mémorandum d’accord ne représente pas le premier pas vers l’établissement d’un régime de paix stable et durable, mais plutôt qu’il ne représente qu’un un simple répit en prévision de la reprise des hostilités.

Du côté américain, il y a le il est urgent de rouvrir Ormuz Et éviter les effets plus immédiats de la crise économiquesurtout dans un contexte où les États-Unis ont tous les yeux rivés sur nous en raison de Coupe du monde de football et pour les célébrations de 250e anniversaire de la Déclaration d’Indépendance de 1776. La question électorale n’est d’ailleurs pas du tout négligeable. Le 3 novembre aura en fait lieu aux USA élections de mi-mandat tandis que le 27 octobre devrait avoir lieu en Israël élections parlementaires pour le renouvellement de Knesset (Parlement) et la tenue de ces nominations électorales dans une situation « d’état de guerre » pourrait coûter cher à Trump et à Netanyahu.

Le fait est que pour le « équipement » qui dominent la vie politique et les horizons stratégiques d’entités telles que les États-Unis, Israël et les pays arabes du Golfe eux-mêmes, la perspective que l’Iran, grâce à la mise en œuvre progressive des 14 points du protocole d’accord, puisse devenir un candidat pour devenir le pays hégémonique du Moyen-Orient et le cinquième superpuissance (grâce à la domination des flux pétroliers) avec les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde, cette perspective semble aujourd’hui très lointaine et trop amère pour être envisagée à la légère.