Les cinq premiers du Prix Campiello 2026 ont été choisis : les romans finalistes

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Le Prix Campiello prend vie : le jury littéraire, présidé cette année pour la première fois par Roberto Cicutto, a choisi ce matin à Padoue – selon la tradition de l’Aula Magna du Palazzo Bo – les cinq romans finalistes. Les auteurs qui concourront pour le « well shot » le 3 octobre au Palazzo del Cinema du Lido de Venise sont :

  1. Marcello Fois avec L’immense distraction (Einaudi)
  2. Ermanno Cavazzoni avec Histoire d’une amitié (Quodlibet)
  3. Elena Varvello avec La vie toujours (Éditeur Ugo Guanga)
  4. Valéria Parrella avec La petite fille (Feltrinelli)
  5. Alcide Pierantozzi avec je le tord (Einaudi)

Il s’agissait d’une sélection rapide – comme celle de l’édition précédente – conclue par cinq tours de table. Lors du premier tour de vote, quatre romans ont été présélectionnés ; trois autres tours ont suivi, caractérisés par un face-à-face important entre Le dernier ouvrier. Chanson finale de la grande usine par Niccolò Zancan et je le tord de Pierantozzi (tous deux publiés par Einaudi), ce dernier occupant la dernière place disponible sur les cinq sur le bulletin de vote.

Comme d’habitude, l’annonce du prix du « Premier long métrage » a précédé le verdict des jurés. Le prix du meilleur premier roman a été décerné à Uyangoda Nadeesha pour son roman Eau salepublié par Einaudi, car il « donne une voix avec une intensité narrative et une clarté stylistique aux fractures et aux multiples appartenances du monde contemporain, transformant une histoire familiale et migratoire en un récit polyphonique sur l’identité, la mémoire et l’héritage affectif ».

La fiction italienne aujourd’hui

La définition des cinq a également été l’occasion de faire le point sur « l’état de santé » de la fiction italienne contemporaine. Cette année, la tâche a été confiée à Rita Librandi, professeur émérite de l’université de Naples et vice-présidente de l’Académie de la Crusca, qui a souligné un renversement partiel de tendance par rapport au passé, mais seulement « pour une poignée d’écrivains ».

On souligne tout d’abord la croissance d’un récit lié aux identités plurielles, « en particulier aux événements de migration, écrits qui ne sont plus perçus comme un phénomène latéral », a souligné l’universitaire. Le positif est le retour à l’inventivité, « à un récit plus constructif. Il semble – a-t-il poursuivi – que le plaisir de l’architecture narrative revienne. Et nous commençons à nous éloigner de l’homogénéité linguistique, l’intérêt pour le langage plus expressif grandit ». Enfin, le retour au roman historique « bien documenté », s’appuyant sur d’importantes lectures historiographiques, qui sont réinterprétées.

Ils contrebalancent les notes douloureuses. Librandi a souligné la disproportion entre le nombre toujours croissant de publications de petits et grands éditeurs et le petit nombre de lecteurs. « Il y a aussi une forte répétitivité des thèmes – a observé l’enseignant – et un style moyen répandu en termes de langue ». Si le standard est en moyenne correct, « on assiste à l’extermination des subordonnés », influencée par une tendance à privilégier un recours massif aux dialogues cinématographiques.