Il économise ses centimes pendant 45 ans : la somme récoltée à la banque laisse tout le monde sans voix

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Un homme, des milliers de centimes et 45 ans de patience : le récit (presque extraordinaire) d’Otha Sanders, collectionneur de pennies obsessionnel dont la somme récoltée à la banque a laissé tout le monde bouche bée.

L’art de l’épargne : une histoire américaine… et une obsession !

Économiser, c’est dans nos gènes. Dès tout petits, entre la tirelire en forme de cochon et le premier livret du dimanche offert par mamie, on apprend à mettre de côté pour les jours difficiles ou pour s’offrir un petit plaisir. Pour beaucoup, cette habitude innocente s’émousse avec l’âge : une ou deux pièces grattées par-ci par-là, histoire de ne pas être pris au dépourvu quand la machine à café lâche.

Mais pour Otha Sanders, un Américain de 73 ans, économiser n’a rien d’un réflexe banal, ni d’une simple lubie. C’est une vraie passion, limite mission de vie ! Tout a commencé il y a de nombreuses décennies lorsque, tombant sur sa toute première pièce d’un centime (ces fameux « pennies » si typiques des États-Unis), il s’est pris au jeu. Le plan ? Ramasser toutes les pièces d’un centime trouvées, partout où il passait, qu’il s’agisse de la rue, de la plage, ou même du fond du canapé. Et surtout, ne jamais s’arrêter !

Pennies : entre collection et conviction religieuse

Otha Sanders ne s’est pas simplement arrêté à glaner quelques pièces au hasard. Pour lui, il s’agissait d’un vrai message du destin ! Dans le magazine USA Today, il partage son ressenti presque spirituel : chaque penny tombé sur son chemin serait, selon ses mots, « une incitation de Dieu à toujours rester reconnaissant ». Il raconte même que, lors des jours où il oubliait de prier, une pièce se présentait à lui comme pour lui rappeler l’importance de la gratitude. Voilà de quoi rendre poétique la moindre chasse au trésor citadine !

Sa « collection » de pièces avait donc un sens bien plus profond qu’une simple économie de bouts de chandelle. Mais Otha ne s’est pas arrêté là. Il a élaboré une véritable stratégie : à chaque achat, il faisait en sorte de récupérer trois ou quatre pennies supplémentaires dans sa monnaie. De fil en aiguille (et surtout de centime en centime), sa fortune de cuivre grossissait… jusqu’à atteindre des dizaines de milliers de pièces.

55 bonbonnes et cinq amis pour la livraison du siècle

Accumuler, c’est bien. Stocker, c’est mieux ! Lassé des boîtes à chaussures, Otha Sanders a rapidement dû opter pour du très grand format : les grandes bonbonnes d’eau, celles qu’on croise dans le coin pause de tous les bureaux américains. Entreposées une à une puis empilées précieusement, ces bonbonnes XXL devinrent le coffre-fort inavoué de ce chasseur de petite monnaie.

Après 45 ans de cette épopée, le moment tant redouté (ou attendu) de faire les comptes est arrivé. Mais seul face à la montagne, ou plutôt la cordillère de centimes, pas question de se lancer sans renfort : c’est donc entouré de cinq amis qu’Otha a transporté ses 55 bonbonnes, remplies à ras bord, jusqu’à la Ruston Origin Bank à Ruston, en Louisiane. Imaginez la tête des employés en le voyant débarquer, chargés comme des lutins du Père Noël… version bancaire !

  • 45 ans d’épargne méthodique
  • Des milliers de pièces conservées dans 55 bonbonnes
  • Une équipe d’amis pour transporter le précieux butin
  • Un personnel de banque médusé devant ce butin unique

Cinq heures de comptage : un butin pour… des soins dentaires

Oubliez le calcul à la main ! Face à une telle avalanche de pennies, la simple perspective d’un abaque aurait fait fuir même le plus motivé des banquiers. Ici, seules les machines compteuses à monnaie pouvaient relever le défi. Il a fallu près de cinq heures, montre en main, pour que la Ruston Origin Bank vienne à bout de cette opération de titan. Chaque pièce, bruyante et clinquante, défilait pour enfin révéler le trésor amassé.

À la fin du marathon monétaire, la somme récoltée s’est arrêtée sur l’affichage digital : 5 136,14 dollars. Oui, tout ça… pour des centimes ! De quoi laisser sans voix Otha, ses amis et les employés. Mais pas question de dépenser cette cagnotte dans une folie passagère : Otha Sanders compte utiliser cet argent pour régler une facture de frais dentaires. La boucle est bouclée : économie prudente pour santé prudentielle.

Conclusion : épargner, c’est parfois voir les choses… en très, très petit !
Cette histoire aussi insolite qu’inspirante nous rappelle qu’avec patience – et un rien d’obsession – de petites économies peuvent finir par faire la différence. Alors, qui part ramasser les pièces au sol aujourd’hui en croisant les doigts qu’elles mèneront à un beau sourire… ou au moins à une belle anecdote ?