ce que prévoit le plan de paix et les scénarios futurs possibles

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Deux ans après les attentats de 7 octobre 2023au cours de laquelle 1 200 civils israéliens ont été tués, aujourd’hui 9 octobre 2025, un accord a été signé accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas et l’acceptation d’un première phase de l’accord de paix. Les négociations ont eu lieu à Charm el-Cheikh, en Égypte, et ont vu les médiateurs États-Unis de Donald Trump, Égypte, Turquie et Qatarun pays qui est au centre de la crise depuis des années médiation entre le Hamas, Israël et les États-Unis. L’accord, comme l’a précisé le président israélien Benjamin Netanyahu, a été approuvé avec le ratification par le gouvernement israélien.

Qu’implique la première phase de l’accord entre Israël et le Hamas ?

De la 20 points qui constituent le texte intégral de l’accord, l’accord conclu dans première phase il en concerne quatre fondamentaux :

  • Libération des otages israéliens encore en vie – une vingtaine – et les corps des personnes tuées, dont beaucoup n’ont pas encore été retrouvées. Le total s’élève à environ 48 otages israéliens qui devraient être libérés dans les prochaines 72 heures, d’ici lundi.
  • Libération des prisonniers palestiniens présents dans les prisons israéliennes : le total convenu est 1950 prisonniersy compris 250 prisonniers à perpétuité et au-delà 1700 prisonniersarrêté après le 7 octobre et jamais jugé. Pour chaque otage israélien décédé libéré, 15 otages palestiniens décédés seront libérés.
  • L’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza – environ 400 camions – sur 5 cols. En particulier, selon le texte de l’accord, l’aide sera conforme aux dispositions de l’accord du 19 janvier 2025, violé par la suite par Israël avec la reprise des frappes aériennes. Sont également inclus dans ce point les réhabilitation des infrastructures (eau, électricité, assainissement), la réouverture des hôpitaux et l’envoi du matériel nécessaire pour déblayer les décombres et ouvrir les routes.
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  • UN cessez-le-feu durable et permanent: Le gouvernement israélien a annoncé que le cessez-le-feu à Gaza entrerait en vigueur dans les 24 heures suivant la réunion du Conseil des ministres.
  • Le retrait quasi total des troupes israéliennes sur 70% du territoire de la bande de Gaza. Sur cet aspect il est important de préciser que les détails précis du retrait des troupes israéliennes n’ont pas encore été détaillés. Le positionnement de l’armée israélienne selon certaines lignes est prévu lignes de sécurité d’accord, qui sera ci-dessous surveillance internationale.

Le passage de Rafah et le corridor de Philadelphie

Le retrait des forces militaires israéliennes ne semble pas impliquer la Passage de Rafah avec l’Égypte, plaque tournante cruciale à la fois pour l’entrée de l’aide humanitaire et pour le contrôle des personnes entrant et sortant de la bande de Gaza. Par exemple, les milliers de Palestiniens déplacés qui ont été évacués et contraints de fuir, principalement vers l’Égypte, aimeraient désormais regagner leurs foyers.

Selon le texte de l’accord, l’ouverture du passage de Rafah dans les deux sens sera soumise au même mécanisme mis en œuvre dans l’accord du 19 janvier 2025, selon lequel Israël permettra aux Palestiniens blessés de quitter la bande de Gaza pour recevoir des soins et ouvrira le passage de Rafah avec l’Egypte sept jours après le début de la mise en œuvre de la première phase.

En outre, dans la zone frontalière entre Gaza et l’Égypte, ce qu’on appelle Couloir de Philadelphie, l’armée israélienne réduira sa présence puis se retirera complètement au plus tard le 50ème jour après l’entrée en vigueur de l’accord.

Les autres points du plan de paix pour Gaza

Le texte intégral de plan de paixprésenté par Donald Trump à la Maison Blanche l’année dernière 29 septembreil prédit 20 points total, dont la mise en œuvre sera abordée progressivement après la signature de la première phase de l’accord.

Les points les plus épineux de l’accord concernent le chemin à parcourir reconnaissance de l’État de Palestine à travers un gouvernement de technocrates et l’Autorité nationale palestinienne, avec la présidence de Maḥmūd ʿAbbāségalement connu sous le nom Abu Mazengouvernement dans lequel aucun porte-parole de Hamas peuvent être impliqués.

Le deuxième aspect concerne le fin totale du régime d’occupation actuellement présente à Gaza et dénoncée par de nombreuses instances internationales, dont la Cour internationale de Justice dans l’arrêt du 19 juillet 2024. Un autre point important concerne la démantèlement du Hamas.

Le texte de l’accord prévoit en effet que «Gaza sera une zone exempte de terrorisme et déradicalisée qui ne constituera pas une menace pour ses voisins» et dans un autre point du texte précise que «Les membres du Hamas qui s’engagent en faveur d’une coexistence pacifique et démantelent leurs armes bénéficieront d’une amnistie, tandis que ceux qui souhaitent quitter Gaza bénéficieront d’un passage sûr vers leur pays d’accueil.».

Quel pourrait être l’avenir de Gaza et de la Palestine : scénarios possibles

Ce qu’on se demande après l’annonce du cessez-le-feu, c’est : qu’est-ce que ça va être ? l’avenir de Gaza et de la Palestine après le retrait israélien ? Une sorte de sera créé force internationale de maintien de la paix à Gaza ? Comment sera-t-il administré ? Il en existera un État indépendant et libre de la Palestine ?

Les scénarios pourraient être les suivants :

  • Comme cela s’est déjà produit après l’annonce de l’accord le 19 janvier 2025, le cessez-le-feu pourrait être ne pas être respecté par Israëlinterrompant la mise en œuvre de l’accord. Lors des négociations d’hier soir, à cet égard, le Hamas a demandé des garanties qu’Israël ne reprendrait pas les combats après la libération des otages, comme cela s’est déjà produit dans le passé. Le cessez-le-feu ne pouvait donc être que temporaire. Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, il faut souligner le rôle de Donald Trump et sa forte implication dans la pression non seulement sur le Hamas, mais aussi sur Israël, peut-être en vue de l’attribution du prix Nobel de la paix qu’il vise.
  • Selon le plan de paix initial présenté par le président américain, Gaza sera gouvernée par un comité technocratique et palestinien qui sera chargé de gérer les services publics et les administrations municipales à Gaza. Le Comité sera composé d’experts internationaux et palestiniens, sous la supervision du Conseil de la paix, un organe international de transition qui comprendra des chefs d’État et de gouvernement, dont le président Trump lui-même et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Ce sera ce Conseil qui s’occupera du financement et des investissements pour la reconstruction de Gaza, au moins jusqu’à la réforme politique de l’Autorité nationale palestinienne. Le scénario qui s’annonce et que certains redoutent est celui d’une partition et d’une poursuite de l’occupation étrangère des territoires palestiniens, bien que sous direction internationale.
  • Le reconnaissance internationale de État palestinien Et fin du régime d’occupation. Un scénario, certainement le plus lointain à l’heure actuelle, concerne la fin du régime d’occupation dans lequel vit la population palestinienne avec la reconnaissance et la création de l’État de Palestine, fondé sur le principe de l’autodétermination des peuples – tel qu’inscrit dans la Charte des Nations Unies et la Charte de l’Atlantique – dans le plein respect du droit international et des droits de l’homme. D’un point de vue politique, il faudra comprendre comment les forces politiques des partis Hamas et Fatah dialogueront entre elles sous la direction de l’Autorité nationale palestinienne, en vue de créer un État palestinien libre et indépendant. Mais comme le dit le droit international : «Chaque État a le droit d’exercer exclusivement le pouvoir gouvernemental sur sa communauté territoriale, c’est-à-dire sur les individus présents sur son territoire. Il est donc libre dans les formes et les modalités de son exercice.».