Fedez et Tony Effe à Sanremo, le truc de Conti
Ce sera un Sanremo politiquement correct. Parole de Carlo Conti, qui avant même d’annoncer les grands noms de la prochaine édition du Festival, avait déjà assuré que les chansons ne parleraient pas de guerre, encore moins d’immigration ou d’autres questions sociales, mais de relations familiales et personnelles. Des chants intimistes pour éviter de risquer un « Ghali encore » et des controverses idéologiques prêtes à dévorer la course, à miner la haute direction de la Rai, mais aussi – sinon surtout – à menacer l’une des chaînes les plus chrétiennes-démocrates de la télévision italienne.
Bref, Conti préfère prévenir plutôt que d’éventuellement agir lorsque le mouvement bat son plein, ou du moins essaie de le faire. Une décision intelligente, mais il y a plus. La véritable astuce du directeur artistique réside dans le choix de certains noms qui ont occupé le devant de la scène avant même de monter sur scène à l’Ariston, des étincelles prometteuses qui satisfont de fait le « pacte de belligérance » qui se signe secrètement chaque année entre l’événement et le public. . Parce qu’ils peuvent et nous pouvons le dire de n’importe quelle manière, mais il est indéniable que ce qui fait Sanremo, ce ne sont pas tant les chansons que les critiques, les intrigues, les disputes – de l’édition 2020 on se souvient plus de l’affaire Bugo-Morgan que du victoire de Diodato – les coups de scène, évidemment les ragots. Et les potins ne manquent pas dans la liste lue par Carlo Conti hier sur Tg1.
Fedez et Tony Effe, armes de distraction massive
Parmi les trente chanteurs qui participeront à Sanremo, deux sont déjà sur toutes les lèvres. Fedez et Tony Effe, qui en septembre se sont massacrés avec des barres empoisonnées, élevant leurs ex respectives – Chiara Ferragni et Taylor Mega – comme de grands seigneurs – se retrouveront en février sur la même scène, mais surtout dans les mêmes coulisses dans les couloirs étroits du théâtre Ariston. Espérons que ce ne soit pas dans le même hôtel, même si cela pourrait offrir des moments presque aussi inoubliables qu’Orietta Berti poursuivie par la police alors qu’elle allait récupérer ses vêtements à l’hôtel pendant le couvre-feu, en 2021. La présence des deux rappeurs, que tout le monde dont on parle, a réussi à occulter ne serait-ce que sur le papier des noms comme Massimo Ranieri et Giorgia, des monstres sacrés qui reviennent à la compétition avec une grande générosité, mais aussi la première fois d’un grand artiste comme Brunori Sas ou le très apprécié retour de Simone Cristicchi. Avec ces prémisses, leur participation promet d’être un catalyseur d’intrigues et de morbidité capable d’entretenir tout le cirque médiatique de la semaine de Sanremo, en satisfaisant le « quota de poison » sans se salir les mains avec des sujets délicats et décidément plus dangereux à gérer pendant cinq premières soirées sur Rai 1.
Paradoxal, compte tenu du genre musical qu’ils représentent et de la nature dont ils ont toujours fait preuve, mais à Sanremo, Fedez et Tony Effe seront chargés de garantir le politiquement correct, en mettant sur la table les conflits personnels et les événements qui ont rempli les médias sociaux, les sites Web et les magazines du pays. l’année dernière et qui passionne tant les Italiens. Ce sont les véritables armes de distraction massive de ce Festival, avec la participation particulière de Guè, un autre rival historique de Fedez.
Du pain et des dissensions, la polémique est sauvée. Un véritable coup de maître de Carlo Conti.