Le film « Beatles ’64 » est un extraordinaire voyage dans le temps
« Beatles ’64 » était l’une des sorties les plus attendues fin 2024, grâce à la signature de Martin Scorsese et surtout en nous ramenant en février 1964, lorsque les Beatles débarquaient en Amérique, pour embrasser cette iconicité, cette renommée éternelle , dont il les aurait transformés en le symbole même d’une époque et d’une génération. Entre images vintage, interviews et musique, celui de Disney+ est un voyage dans le passé à mi-chemin entre nostalgie et coulisses, capable de nous faire comprendre toute l’importance de ce moment.
« Beatles ’64 » – l’intrigue
« Beatles ’64 » est un voyage unique dans le temps, avec lequel David Tedeschi (réalisateur) et Martin Scorsese (ici en tant que producteur) nous ramènent dans ces deux semaines, en février 1964, où les Beatles arrivèrent aux États-Unis et devinrent bref, le phénomène musical par excellence. Une véritable révolution, qui prend vie à travers les images enregistrées à l’époque par Albert et David Maysles, qui ont suivi le groupe pas à pas à New York, Miami, Washington. Mais surtout, les Beatles se sont retrouvés à la télévision américaine, mais surtout dans le cœur et l’esprit de toute une génération, qui avait récemment enterré le président John Fitzgerald Kennedy, et avait soif de rêves, d’illusions, de promesse d’un avenir différent. Cette promesse est arrivée sur l’air de « She Loves You » du Ed Sullivan Show, le temple du divertissement sur petit écran, et a ensuite conquis le reste du pays, qui tentait de retrouver son innocence, de retrouver l’illusion d’un futur radieux. Bientôt, ils finiraient dans le tourbillon du Vietnam, mais entre-temps, Paul, John, Ringo et George, avec des bottines, des franges et ces notes, dominaient leur présent.
Le montage réalisé par David Tedeschi est transversal, car outre les images splendides et bien réelles des Maysles émergent également des interviews données ad hoc par Paul McCartney, Ringo Starr, puis celles de John Lennon et George Harrison, de nombreux et nombreux. protagonistes de cette époque, de ces années, de la Beatlemania qui a changé à jamais la relation entre le jeune public et l’industrie du disque. Bien sûr, « Beatles ’64 » devient un voyage dans le temps, lorsque le premier, véritable et grand groupe de garçons s’est déplacé sur l’air de ce que beaucoup à l’époque considéraient comme des chansons. Ils ne l’étaient pas, chez chaque garçon et chaque fille vers l’âge de vingt ans, ils trouvaient leur propre monde, leur propre désir de se sentir jeunes et différents de leurs pères, du monde qu’ils voulaient leur donner comme identique et immuable. Il n’est donc pas faux de voir dans ce documentaire l’instantané d’un moment qui en précède un autre, cette protestation qui depuis Paris trouverait enfin son habitat aux States préparé justement par une révolution musicale que ces 4 garçons de Liverpool ont amenée du 7 au 21 février. , 1964, sans que personne ne le comprenne immédiatement.
Un documentaire capable de nous éclairer sur un moment historique unique
« Beatles ’64 » est édité de manière fluide et cohérente, magnifique par sa puissance évocatrice et sa capacité à nous faire sentir proches de cette multitude de sourires, de voix, de cris, si semblables à ceux d’aujourd’hui, aux adolescents du 21ème siècle. , et pourtant aussi si différent. Le point le plus important est la transversalité de son regard, le fait qu’il nous montre l’Histoire telle qu’elle se déroule non seulement à quelques pas de ces enfants ravis de se rendre compte que l’Amérique les aime, mais des gens ordinaires, des parents étonnés de voir leurs filles et leurs enfants paniquent devant la télévision. Ce n’est pas la première fois que le cinéma traite de ces journées de février, le même matériel de Maysles a eu plusieurs versions et plusieurs éditions, mais « Bealtes ’64 » a de son côté une opération complexe de restauration et de remontage, avec de nombreux inserts inédits, intimes moments issus d’images privées ou inédites, complétant un puzzle musical d’une incroyable pertinence. « Beatles ’64 » a de son côté la puissance d’un concept musical dans lequel les notes de quatre gars pouvaient encore changer le monde, dans lequel le spontané, le révolutionnaire était encore possible, loin du mercantilisme extrême et acharné d’aujourd’hui.
« Bealtes ’64 » est engageant, profond, il est surtout éloigné de l’idéalisation, du sacré, ce qui peut paraître un paradoxe si l’on considère qu’aucun groupe musical dans l’histoire n’a été plus célébré et idolâtré que les Bealtes. Pourtant, ce que nous obtenons est la synthèse d’une aventure inconsciente, de quatre garçons dirigés par Brian Epstein qui ne savaient pas, ne comprenaient pas ou peut-être ne se souciaient pas de ce qui se passait, ils étaient trop pris dans l’instant, dans étant arrivé en Amérique. C’était l’Amérique encore le pays des rêves, où le succès était vraiment un véritable succès, incroyable, inoubliable, englobant, qui est né grâce à « Love Me Do », « She Loves You », « I Want to Hold Your Hand », « All My Loving » et « With Love From Me to You », qui ont changé leur vie pour toujours. Personne dans le panorama musical de notre époque ne peut se targuer d’un impact similaire, ni Taylor Swift, ni Lady Gaga, ni qui sait qui d’autre. En effet, et « Beatles ’64 » nous le rappelle impitoyablement, la culture pop a disparu, avec elle la sous-culture de la jeunesse, la musique est devenue une mode comme une fin en soi, étudiée dans les moindres détails. Quelque chose que les Fab 4, même à cette époque, savaient éviter.
Note : 8