Zelig, les bulletins : Checco Zalone est ingrat (0), Max Angioni n’est pas « un carlin » (8), Aldo Giovanni et Giacomo sont moisis (4)
La première des quatre soirées événement diffusées sur Canale 5 pour célébrer les 30 ans de « Zelig » mise beaucoup sur les showcases, mais dans l’ensemble, elle fonctionne. Malgré le manque de gratitude de Checco Zalone qui ne se présente pas et est scandaleusement célébré par contumace. Examinons ensemble les réussites et les échecs.
Trois Oronzos valent mieux qu’un, les auteurs savent comment commencer en beauté : 7,5
L’épisode commence bien. Claudio Bisio et Vanessa Incontrada annoncent le personnage d’Oronzo (Raul Cremona), mais le Magicien Forest est épiphané de manière inattendue, comme s’il était l’original, avec un débardeur sale, une panse, des chaussettes et des gargarismes grossiers d’ordre. Il donne à Incontrada « quelque chose que j’ai fait », c’est-à-dire un rétroviseur de voiture volé. La voiture en question s’avérera être celle de Claudio Bisio, à l’énorme surprise de personne au monde. Puis, chaos : Crémone, le véritable Oronzo, entre pour réclamer son espace. Et maintenant nous en sommes à deux. L’original et le clone s’engagent dans un numéro magique dans lequel Crémone (ne risque pas) de se faire couper la main par l’autre. Tout finit dans la vache, comme il se doit. Et ici Bisio entre, également déguisé en Oronzo. Le trio apparaît plutôt répugnant à l’oeil mais il faut rendre hommage aux auteurs pour avoir pris un bon départ, avec trois moments forts pour rendre hommage à un personnage historique de la série (« né » là-bas en 1996). Avec des proportions convenables, c’est comme si Eros Ramazzotti, Biagio Antonacci et Gigi D’Alessio ouvraient la première soirée de Sanremo, en débardeurs très sales et en blagues cruelles. Est-ce que quelqu’un pourrait changer de chaîne ?
Aldo, Giovanni et Giacomo ne se souviennent-ils de rien de Zelig ? vote 4
Ce sont des mythes absolus et les rejeter devrait être inconstitutionnel. Pourtant, nous le faisons. Aldo Giovanni et Giacomo se sont présentés sur la scène de « Zelig », à qui ils doivent en tout cas beaucoup, juste pour être vénérés. Sans rien faire d’autre que de la moisissure. Assis sur des tabourets confortables en forme de trois hiboux sur la commode, ils ont regardé avec les animateurs des extraits de leurs anciennes performances diffusées, y compris une version préhistorique du célèbre numéro d’où est né le slogan « Pdor, fils de Kmer » : c’était en 1991, le tout premier début du sketch, et aujourd’hui cela ressemble à un extrait de « Melevisione » (surtout pour la « scénographie » faite de carton pur et visiblement forgée par des ciseaux arrondis astuce). Incontrada demande au trio ce dont ils se souviennent de « Zelig », mais aucun d’entre eux ne parvient à trouver une phrase significative. Ils restent là à observer leur vieux rvm, presque ennuyés, comme s’ils étaient des poissons d’aquarium dans le miroir. Il n’est même plus temps de déballer le documentaire « Attitudini Nella », celui sorti au cinéma sur leur carrière. Nous ne nous attendions pas à une représentation, ni même à la simple exposition d’Aldo, Giovanni et Giacomo comme des reliques sacrées. Un enthousiasme et une verve vraiment passionnants. Traînant vers le sommeil des justes. Quelle paresse, quelle honte.
Max Samaritani et le tapis roulant avec des sushis dessus : note 7
Il y a toujours une grande peur, généralement fondée, lorsque quelqu’un « fait ses débuts » sur la scène de Zelig. Malheureusement, le risque d’une « Corrida » sans cloches est toujours présent. A part ça, on peut se tromper, mais on sait qu’on l’a déjà vu là-bas ou certainement dans une autre émission où défilent des comédiens, Bisio le présente comme un ‘rookie’ mais Max Samaritani, en revanche, se défend très bien. Pour rester dans le sujet on pourrait presque dire que la scène est mangée. Il livre un monologue sur le fait d’être « gros » (comme il se définit lui-même) et malgré quelques « Big Mama Moments », c’est-à-dire qui se concentrent un peu trop sur la rhétorique, ça marche. Notre gars parle de phobie des graisses, mais surtout des tentatives ratées avec la diététicienne : sur les conseils du médecin, il raconte avoir acheté un tapis de course. Mais il l’utilise pour les sushis, afin de pouvoir regarder l’uramaki, le gunkan et le tempura glisser le long de la ceinture à différentes vitesses. Pourquoi personne n’y a pensé avant ? Le monde a absolument besoin de cette technologie de pointe, chacun de nous la mérite chez soi. Samaritains, écoutez-nous : brevetez-le !
Le cinéma polonais de Manera ? Il aurait mieux valu en garder le bon souvenir : note 3
Leonardo Manera et Claudia Penoni reviennent sur la scène de « Zelig » avec leur grand classique : le sketch du cinéma polonais. Dans les années 2000, c’était un slogan irrésistible, à l’image des problèmes relationnels évidents de ses protagonistes passifs-agressifs, Kripstak et Petrekter. Quel effet cela fait-il de les revoir aujourd’hui dans ces mêmes chaussures ? Pas aussi triomphant, c’est un euphémisme. On ne rigole jamais, avec des blagues très froides entre son impuissance sexuelle et son manque de libido. Le même menu qu’à l’époque, bon sang, mais aujourd’hui malheureusement, le numéro semble avoir perdu tout potentiel comique. Il aurait mieux valu en conserver le beau souvenir.
Max Angioni n’est pas un carlin (et il a enfin arrêté de crier à des bêtises) : 8
« Oui, mais je ne suis pas un carlin », proteste Max Angioni dès qu’il monte sur scène à Zelig car Incontrada et Bisio insistent pour lui tapoter la tête pour le saluer. L’animateur le presse : « En fait, c’est le reste du carlin ! », mais le jeune comédien ne lâche pas prise : « Et c’ÉTAIT Claudio Bisio, mesdames et messieurs ! ». Lui donner vingt minutes au début de l’épisode est une carte très juste à jouer, étant donné qu’il est un visage très apprécié tant par Biscione que par les réseaux sociaux. Alors que dit-il ? Presque rien. Il aurait apporté un monologue, voire un poème, dédié à ses parents mais Incontrada et Bisio l’interrompent à chaque syllabe et ainsi le véritable cœur du numéro devient l’interaction ennuyeuse (mais drôle) entre le malheureux comédien et les deux chahuteurs qu’il trouve à côté de lui. Deux chahuteurs qui bientôt deviennent trois avec l’entrée de Francesco Migliazza à la guitare pour un fond musical de plus en plus intrusif. Cela fonctionne parce que c’est comme regarder un groupe d’amis se taquiner, tous s’amusant. Et surtout parce que, enfin, Angioni ne se gaspille pas avec des entrées burlesques dans lesquelles il crie comme un singe hurleur pendant quelques minutes puis s’en va, comme cela arrivait presque toujours dans les éditions précédentes, par exemple avec le personnage insupportable de David Scannamanna. Les tympans du public vous remercient de tout cœur. Et puis, au moins, ici, on rit vraiment : les expressions d’Angioni entre renfrogné et agacé valent plus que mille blagues. Il semble conçu jusqu’aux expressions les plus micro-faciales pour divertir. Félicitations à la maman et au papa susmentionnés. Cependant, pour éviter tout malentendu, rappelons-le : Max Angioni n’est pas un carlin ! Pourrons-nous désormais nous débarrasser de cette association de pensées ? Malheureusement (ou heureusement) non. Vraiment, réfléchissez-y un instant…
Checco Zalone, ingrat, n’apparaît pas sur la scène qui lui a fait la renommée : 0
Aldo Giovanni et Giacomo étaient terriblement paresseux lors de leur invité de fête au « Zelig ». Mais au moins ils étaient présents, ils étaient sur scène avec Bisio et Incontrada. Et ils étaient là pour rendre hommage au trentième anniversaire d’un programme auquel, en tout cas, ils doivent beaucoup. On ne gagne rien simplement en se présentant, mais en même temps, l’absence de Checco Zalone est encore plus choquante. D’autant plus que les animateurs lancent des clips avec une performance à l’ancienne du comédien des Pouilles et restent là, les mains jointes, pour le voir par eux-mêmes. C’est un duo de piano entre nous et Incontrada, ça fait encore rire aujourd’hui. Mais l’essentiel demeure : sans « Zelig », Zalone ne serait pas là où il est aujourd’hui, ce programme lui a donné la renommée et donc la possibilité de pouvoir tenter le coup du cinéma (ce qu’il a ensuite réussi avec grand succès). Allergique à la télévision, ainsi qu’à la promotion de ses longs métrages, puisqu’il n’en a pas besoin, le manque de reconnaissance reste une vilaine bête. Et ensuite ‘Buen Camino’, à grandes foulées bien étirées. Est-ce parce que désormais le « travail permanent » ne lui manque plus ?