Von der Leyen fait l’éloge des centres pour migrants comme celui italien en Albanie

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Les centres de détention pour migrants de Shengjin et Gjader, en Albanie, fruit de l’accord entre Rome et Tirana, sont une source d’inspiration pour le président de la Commission européenne, qui marque le début du nouveau mandat avec la répression de l’immigration irrégulière. .

Les centres de migrants en Albanie sont un gaspillage d’argent inutile (et nuisible)

Ursula von der Leyen, qui avait déjà béni en décembre dernier le projet italien d’externalisation des frontières (« il est conforme au droit communautaire »), a écrit aux dirigeants européens en vue du Conseil européen des 17 et 18 octobre pour évaluer l’opportunité d’établir  » hubs pour les rapatriements en dehors de l’UE, notamment au vu de la nouvelle législation sur le rapatriement ». Et il l’a fait en citant l’accord signé entre l’Italie et l’Albanie, à considérer comme un éventuel modèle à suivre. « Avec le début des opérations prévues par le protocole Italie-Albanie, nous pourrons également tirer des leçons pratiques », a précisé le numéro un de la Commission dans la lettre envoyée aux dirigeants de l’UE.

Éloge des pactes pour l’externalisation des frontières européennes

L’objectif ultime serait donc d’ouvrir des hubs pour les migrants dans les pays tiers avec lesquels l’UE a signé des accords, où les demandes d’asile des réfugiés pourraient être traitées. C’est peut-être le but du projet de von der Leyen : transférer hors des frontières de l’UE les personnes qui se trouvent déjà sur le territoire de l’Union européenne.

Cependant, un système juridique ad hoc doit d’abord être mis en place. Car, comme l’a précisé un porte-parole de la Commission, « il n’est pas légalement possible » de rapatrier de force des migrants depuis des pays tiers. Il faut donc une « loi européenne pour encadrer le rapatriement forcé vers un pays tiers autre que le pays d’origine ». En ce sens, la Commission réexaminera « le concept de pays tiers sûrs désignés au cours de l’année prochaine ».

Le président de l’exécutif européen a souligné la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du Pacte sur la migration et l’asile, approuvé difficilement en mai dernier, dont les gouvernements des Pays-Bas et de la Hongrie ont déjà fait savoir qu’ils souhaitaient être exemptés.

Les accords controversés avec les pays « dangereux »

Von der Leyen n’a pas manqué de saluer les accords controversés de l’UE avec la Tunisie et le travail conjoint avec les autorités libyennes, qui ont été largement condamnés par les groupes de défense des droits de l’homme. Le président de la Commission a même déclaré que les arrivées irrégulières sur la route de la Méditerranée centrale ont diminué des deux tiers en 2024, grâce – selon von der Leyen – aux accords que l’UE a signés avec des pays tiers.

Fleuve d’argent vers la Tunisie pour stopper les départs de migrants

La question migratoire reste un sujet brûlant au sein du bloc européen, influençant les élections dans la plupart des pays européens et augmentant le sentiment des électeurs d’extrême droite. L’Allemagne, inquiète d’une réaction négative de l’opinion publique face à l’immigration irrégulière avant les élections de septembre prochain, a introduit des contrôles aux frontières avec tous ses voisins, suspendant ainsi la liberté de circulation dans la zone Schengen. La France, le Danemark, la Suède, l’Autriche et la Slovénie ont également introduit des contrôles aux frontières.