Stefano De Martino au Festival de Sanremo 2027 ? Mieux vaut ne pas le faire, pour son propre bien
Si l’on voulait vraiment le meilleur de Stefano De Martino, on souhaiterait qu’il ne débarque pas sur la scène Ariston en 2027. Ce qui en apparence semble être un échec, n’est en réalité rien de plus qu’une suggestion intéressée visant le bien du présentateur.
De Martino à Sanremo l’année prochaine est le leitmotiv de ces semaines, de ces mois. Lui, toujours prédestiné, il l’est encore plus aujourd’hui après que l’hypothèse d’Alessandro Cattelan – un autre éternel candidat à la papauté – s’est définitivement évanouie.
Mais Sanremo est Sanremo, comme le dit la devise. C’est l’événement des événements, le spectacle qui marque toute une saison télévisée et, parfois même, une carrière. C’est ce qu’enseigne Giorgio Panariello, qui en 2006 a accepté de prendre le relais de Paolo Bonolis, en s’écrasant contre un mur.
En ce sens, le visage d' »Affari Tuoi » serait favorisé, grâce à des chiffres sur la 76ème édition tout sauf excellents. Ici donc l’héritage serait moins lourd, avec une pression moins suffocante sur la croupe.
De Martino est-il prêt pour Ariston ?
Cependant, la question doit être posée : De Martino serait-il prêt à conduire une voiture aussi impressionnante ? Que ce soit comme simple animateur ou avec en plus une direction artistique (pas une promenade de santé) l’engagement serait onéreux pour un garçon qui ne s’est jamais essayé à certaines étapes.
Né en 1989, De Martino débarquera à Sanremo à 38 ans, un âge propice au grand saut, même si Pippo Baudo, Claudio Baglioni, Gianni Morandi, Raimondo Vianello et Amadeus ont placé la barre bien plus haut. En revanche, en 1999, Fabio Fazio a été sacré à seulement 34 ans. Et c’est lui que devrait regarder l’ancien danseur, une figure plus similaire d’un point de vue professionnel.
Né comédien et imitateur, Fazio n’est devenu animateur que dans un second temps, tout en gardant sa touche ironique. De plus, avant d’arriver à Sanremo, il n’avait pratiquement jamais franchi la porte du prime time de Rai 1, restant confiné à Rai 3 et Rai 2 avec des succès comme « Quelli che il calcio » et « Anima Mia ». C’est une caractéristique qu’il a en commun avec De Martino, qui a débarqué aux heures de grande écoute sur la chaîne phare de la télévision d’État en exclusivité pour quelques émissions spéciales de « Affari Tuoi ».
Un manque qui n’est pas un obstacle insurmontable. Mais cela pourrait donner l’idée d’un présentateur pas encore totalement éprouvé dans la tranche horaire plus traditionnelle, même si l’accès au prime time est désormais devenu un prime time déguisé.
Ensuite il y a une autre question
Se pose ensuite une autre question, liée à l’expérience acquise sur le terrain. De Martino a accumulé des centaines d’heures à la télévision, mais celles passées seul sont très peu nombreuses. Du « Bar Stella » à « Stasera tutto è possibili », en passant par les mêmes « forfaits », la gestion est perpétuellement collective, avec un voyagiste fixe et éprouvé.
Biagio Izzo, Francesco Paolantoni, Herbert Ballerina, sans oublier la vingtaine de concurrents d' »Affari Tuoi », lui proposent des passes décisives de toutes sortes au quotidien. Bref, De Martino a toujours bénéficié d’une distribution d’ensemble qui comblait les espaces et les temps morts. Un scénario qui, forcément, ne pourra pas être reproduit au Festival, un contexte dans lequel le sacré et la liturgie jouent encore un rôle prédominant.
Sanremo est comme un train qui passe et qu’il faut rattraper rapidement. Ne pas monter dans le wagon pourrait signifier renoncer à l’opportunité de sa vie. Dans le même temps, monter sans ticket causerait des dégâts plus importants. Surtout si l’accident s’accompagne d’une carrière sur la rampe de lancement. Dans ce cas, Sanremo, plutôt qu’une consécration, Ariston se révélerait être un piège.