Seulement 4% des personnes parviennent à arrêter de fumer par elles-mêmes, la science nécessite une méthode combinée

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Sur tous les paquets, il est indiqué que le fumer tue. Pourtant la cigarette après le cafécelle de la pause travail, celle de la gestion du stress continuent d’exister dans la vie de millions de personnes. Le Centre national de toxicomanie et de dopage de l’Istituto Superiore di Sanità propose aujourd’hui des parcours combinés qui portent le taux de réussite à 60%, aidés par une innovation récente et importante : à partir de mars 2026, en effet, un médicament efficace pour arrêter de fumer (le cytisine) est devenu totalement gratuit grâce au Service National de Santé. Mais pour comprendre comment s’en sortir, il faut d’abord comprendre le fonctionnement du piège à fumée. Le problème n’est pas un manque de volonté : arrêter, c’est se battre trois dépendances à la foispas un seul.

Arrêter de fumer : les 3 addictions et les données de l’ISS

Le premier est que physique de la nicotine. La nicotine stimule la libération de dopamine, la molécule du plaisir, et lorsqu’elle manque, le corps la réclame littéralement. En effet, l’irritabilité, l’anxiété, l’insomnie, les difficultés de concentration augmentent : ce sont les symptômes du sevrage.

La seconde est comportemental. Au fil du temps, fumer devient un rituel automatique : la cigarette après le café, celle pendant les pauses, celle avec l’apéritif. Le corps s’habitue au geste, au contexte, à l’instant.

Le troisième est psychologique. Le cerveau associe la cigarette à la gestion de émotions. Stresser? Cigarette. Ennui? Cigarette. Anxiété? Cigarette. On l’utilise pour trouver du soulagement, mais sans rien résoudre, au contraire, aggravant les choses à long terme.

Ensemble, trois addictions expliquent un fait que l’Istituto Superiore di Sanità rapporte clairement : sans soutien extérieur, seulement 4 % des tentatives d’arrêt réussissent. Cela signifie que sur 100 personnes qui tentent par elles-mêmes, 96 échouent.

Qu’arrive-t-il au corps si nous arrêtons

Avant de parler de solutions, il convient de savoir une chose : le corps commence à réparer les dégâts dès l’instant où la dernière cigarette s’éteint.

Après 20 minutes la tension artérielle et la fréquence cardiaque reviennent à la normale.

Après 12 heures Les niveaux de monoxyde de carbone (CO) dans le sang chutent considérablement.

Après 2 jours le sens du goût et de l’odorat commence à revenir.

Après un an le risque cardiovasculaire est réduit de moitié.

Après quinze ans le risque de cancer du poumon, dans de nombreux cas, revient au même que celui d’une personne qui n’a jamais fumé.

La méthode combinée, la plus efficace selon la science

Il n’y a pas de formule magique, mais il existe une approche qui fonctionne mieux que les autres : la combinaison d’un soutien comportemental et pharmacologique. Les médicaments agissent sur la dépendance physique à la nicotine. Le soutien comportemental agit sur les deux autres (comportemental et psychologique) en aidant à démanteler les rituels automatiques et à gérer les émotions sans recourir à la cigarette. Ensemble, cette combinaison peut porter le taux de réussite à 60%contre le 4% de la seule volonté.

Le point de départ est généralistequi connaît les antécédents médicaux du patient et peut l’orienter vers le Centre anti-tabac plus près. Les centres antitabac sont des structures réparties dans toute l’Italie qui proposent des cours intégrés avec des médecins et psychologues spécialisés.

Médicaments disponibles : de la cytisine à la TRN

Ces derniers mois, on a beaucoup parlé d’un « nouveau médicament » pour arrêter de fumer. En réalité, ce n’est pas le cas. Le médicament en question est basé sur cytisineune substance d’origine naturelle utilisée comme médicament depuis 1964, date à laquelle elle a été commercialisée en Bulgarie sous le nom de Tabex. En Italie, il était déjà disponible depuis 2015 sous forme de préparation galénique en pharmacie. La vraie nouvelle en est une autre : depuis mars 2026, le médicament Recigar, à base de cytisine, est devenu 100% remboursable par le Service National de Santé pour tous les fumeurs âgés de 18 à 65 ans qui entreprennent un parcours dans un Centre Anti-Tabagisme.

(-)-Cytisine molécule de cytisine

La cytisine agit en occupant les récepteurs de nicotine dans le cerveau, réduisant ainsi à la fois le désir de fumer et la récompense qui en découle. Cependant, ce n’est pas le seul médicament disponible : il existe également des thérapies de substitution nicotinique (patchs, gommes, sprays, inhalateurs), la varénicline, le bupropion et la nortriptyline. Le médecin évaluera au cas par cas quel traitement est le plus adapté.

La cigarette électronique ne compte pas comme un arrêt

Une question récurrente concerne les cigarettes électroniques. La réponse est complexe : les e-cigs délivrent de la nicotine sans combustion, mais elles ne résolvent pas les addictions comportementales et psychologiques. Le geste demeure. Le rituel demeure. Ceux qui passent à l’électronique n’arrêtent pas de fumer au sens plein du terme, ils remplacent un appareil par un autre. De plus, il n’existe pas encore de données sur les méfaits à long terme de l’inhalation de vapeurs. C’est pareil pour les cigarettes tabac chauffé comme IQOS et pour les sachets de nicotine.

Arrêter de fumer par soi-même a un taux de réussite de 4 %. Obtenir de l’aide, avec un parcours combinant accompagnement comportemental et pharmacologique, peut le porter à 60 %. La cytisine est désormais remboursable dans les Centres Anti-Tabagisme. Le point de départ est toujours le médecin généraliste.

Obtenir de l’aide n’est pas synonyme de faiblesse. C’est le choix le plus intelligent que vous puissiez faire.