Sanremo, il y a quelqu’un qui se réjouit de la baisse des audiences : c’est le successeur de Carlo Conti
La sirène d’audience s’est déclenchée à Sanremo. Et c’est un son anormal, presque oublié, car ces dernières années se sont habituées à des chiffres exorbitants, exceptionnels, au vrai sens du terme.
Ce « 6 » devant, sur le front des actions, transcrit par Amadeus en 2023 puis répliqué douze et vingt-quatre mois plus tard avait fait de ce qui était plutôt un phénomène extraordinaire une pratique. Et lorsque Carlo Conti a pris le relais en 2025 sans subir de répercussions, voire en améliorant encore les données, on a pensé que ce bien-être pourrait durer éternellement. Rien ne pourrait être plus faux.
Si les 58 % de part de marché constituent un résultat ultra-satisfaisant et largement supérieur à la plupart des éditions de ce millénaire, ce qui est alarmant, c’est la fuite des têtes, l’audience moyenne s’effondrant sous le seuil psychologique des 10 millions. Hormis l’édition Covid (qui n’est pas pertinente pour mille et une raisons), cela ne s’est pas produit depuis la dernière fois de Baudo.
Il y a cependant ceux qui souriront de ce déclin, qui ressemble à certains égards à un effondrement. Ce quelqu’un est celui qui succédera à Conti. Le Festival de Sanremo, en effet, s’est récemment transformé en une patate chaude que tout le monde a habilement évité. Et toute hypothèse de révolution n’est difficile à concevoir que face à un lourd héritage, que l’instinct pousse à préserver sans trop de chocs et d’expérimentations.
Nous n’en sommes qu’au début et le 76ème Festival a encore une chance de se redresser, même si les départs en disent toujours long sur la tendance mondiale. Cependant, un Sanremo « normalisé » facilitera le lancement de suggestions et d’évaluations alternatives, qui à ce stade pourraient même être souhaitables par le public.
Amadeus, au cours de ses cinq années d’or, avait éliminé toute possibilité de regarder vers l’avenir et, sans la fuite vers les Neuf, son séjour à Ariston n’aurait guère été interrompu. Conti, en 2025, a profité de cette séquence de chance pour augmenter encore les audiences. Un miracle qui n’a pas réussi cette fois-ci, prouvant qu’on peut vivre avec un revenu, mais pour une durée déterminée.
Sortir des décombres (ce n’est pas le cas pour l’instant) était le sport favori de Paolo Bonolis, qui a signé les éditions 2005 et 2009, après les échecs de Simona Ventura et du susmentionné Baudo. Le sort de Giorgio Panariello a été diamétralement opposé, puisqu’il a reçu le très lourd héritage de Bonolis en 2006, face à des comparaisons impitoyables.
Voilà donc qu’un Conti terni, tant sur le fond que sur l’Auditel, serait favorable au changement de registre. Sans soucis, sans angoisses et sans ce blocage mental dicté par la devise « on ne peut pas changer une équipe qui gagne ».
En attendant, il faut composer avec le présent et les alibis affluent pour justifier l’échec. «C’est la faute du report à fin février», se plaignent beaucoup. Oubliant que cette période précise a été celle de dizaines de festivals jusqu’en 2008, avec des événements qui ont même coïncidé avec la Journée de la Femme. Maudite amnésie.