« Big Brother » est de retour : c’est la réponse de Mediaset à Fabrizio Corona. Mais ça méritait une longue hibernation
Big Brother est de retour. Presque certainement ‘VIP’, même si cela n’a pas été précisé par Mediaset. Le redémarrage aura lieu à la mi-mars, sous la direction d’Ilary Blasi. « Ce sera une édition avec un format renouvelé – lit-on dans le communiqué – avec des rythmes plus intenses et une diffusion sur six semaines ». Un retour et, en même temps, le troisième changement à la tête du groupe en moins d’un an, après le passage de relais entre Alfonso Signorini et Simona Ventura, qui à l’automne a mené une version traditionnelle désastreuse (sans que ce soit de sa faute).
L’histoire d’un titre en crise depuis un certain temps, bouilli, écrasé, moisi et victime de l’usure causée par une durée épuisante, qui a fini par réduire de plus en plus le nombre de fans. Le citron a été pressé jusqu’à la dernière goutte. Penser qu’avec des personnages connus (ou pseudo-connus) la soupe pourrait être moins pauvre n’est qu’une énième illusion.
La cagnotte est pleine et Cologno aurait dû le comprendre à la fin de la saison dernière, avec « L’Isola » placé après le flop de « The Couple », qui à son tour débutait après six mois de « Big Brother ». Au contraire, en septembre, le « Gf » est réapparu auprès des gens ordinaires, sous prétexte de célébrer les vingt-cinq ans du début du format.
Un « Gf VIP » au printemps 2026 avait été évoqué lors de la présentation des horaires en juillet dernier. Cependant, le plus bas historique atteint par l’édition avec Ventura avait forcé de sérieuses réflexions et l’intention pas si dissimulée de laisser respirer l’émission.
Une réponse à Fabrizio Corona
Mais avant Noël, Fabrizio Corona a fait exploser la bombe, avec la grave accusation contre Signorini d’avoir abusé de son pouvoir pour obtenir des services sexuels de certains aspirants concurrents. Et c’est à ce moment-là que toute évaluation rationnelle s’est effondrée.
Il est en effet légitime de penser que, sans le « cas Corona », le « GF » n’aurait pas réapparu. Cette exhumation est donc lue comme une réponse claire au tremblement de terre déclenché par « Falsissimo ».
Un arrêt aurait été perçu comme une capitulation, comme un drapeau blanc hissé face aux attentats et aux ragots vulgaires présentés comme du journalisme d’investigation. Bref, cela aurait signifié concéder un point à l’ennemi, sous les regards de tous. Un scénario qui n’aurait fait qu’augmenter la perception de la communauté quant à l’influence du Corona et à l’embarras de Mediaset.
Alors sur le plan extra-télévisuel, la renaissance de « Big Brother » est plutôt une question de principe, un signal très important d’une entreprise qui ne cède pas. Mais si l’on sort de tout ça, il ne reste plus qu’une analyse froide et impitoyable du produit. Le « GF » est un programme défunt qui ne mérite qu’une longue hibernation. Une métaphore parfaite d’un téléviseur aplati sur lui-même.