Relier la Grande-Bretagne à l’Irlande avec un tunnel sous-marin de 87 km : ce que l’on sait du projet

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Imaginez pouvoir passer par là Grande-Bretagne àIrlande dans moins de 30 minutesen voiture ou en train. Il s’agit d’un défi environnemental, technique et politique sans précédent : celui qui relie la région de Dublin au Pays de Galles (près de Holyhead) est historiquement connu sous le nom de Route du courrier irlandaissuivant le chemin suivi pendant des siècles par les services postaux. C’est précisément là que l’on souhaite depuis des années construire un tunnel sous-marin, même s’il n’existe pas encore de projet définitif en la matière.

Description du projet et des enjeux d’ingénierie

Pour comprendre la portée d’un tel projet, il faut d’abord l’analyser d’un point de vue technique et technique. Le projet de sous-marin sur la route Dublin-Holyhead se démarquerait par des chiffres impressionnants, étant donné qu’il s’agit d’un tunnel dont la longueur pourrait varier entre 87 et 100 km, doubler effectivement (ou presque) le tunnel de la Manche qui mesure à peine 50km.

Un autre chiffre impressionnant est celui relatif aux coûts : eh bien 251 milliards d’euros. Cette somme couvrirait non seulement la construction du tunnel à proprement parler, mais également la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse qui serait donc hébergée dans le tunnel. L’objectif est de permettre de parcourir le tronçon et donc de relier efficacement l’Irlande et la Grande-Bretagne. moins de 45 minutes voyager, que ce soit en voiture ou en train.

Le projet prévoit la construction de deux tunnels ferroviaires principaux et d’un plus petit situé au centre pour les besoins techniques et de maintenance. Et voici le premier défi d’ingénierie majeur que les concepteurs devront résoudre. La mer d’Irlande présente des dépressions notables et certainement des profondeurs plus grandes que la Manche. Il sera donc nécessaire pour les concepteurs d’évaluer s’il convient de procéder à l’utilisation de Tunnelier donc en creusant la roche et la terre sur le fond marin ou là où cela est jugé nécessaire ou en utilisant la technologie des modules pré-assemblés puis immergés. Ce dernier choix apparaît certainement comme le plus complexe, compte tenu des grandes profondeurs marines de la zone et des forts courants maritimes qui y existent. L’utilisation de tunneliers présente également une grande difficulté d’application, car la zone est caractérisée par un ensemble varié de formations rocheuses, ce qui rend souvent l’utilisation de cette technologie pas vraiment simple.

Rendu du tunnel Iralda au Royaume-Uni

Cependant, il faut reconnaître que, compte tenu de la grande difficulté du point de vue des défis techniques, ainsi que des coûts et des délais exorbitants (on parle même de 30 ans), la construction du tunnel reste actuellement une idée que les futurs gouvernements irlandais et britannique pourraient réaliser.

L’impact économique et politique

Un travail aussi important, et certainement énorme d’un point de vue strictement technique, ne peut manquer d’avoir un impact également du point de vue politique et économique. En particulier, l’union des marchés britannique et irlandais avec une telle connexion infrastructurelle permettrait aux entreprises des deux États de commencer à agir comme un seul grand district de production.

Actuellement, en effet, l’Irlande souffre de ce que l’on peut, à juste titre, définir comme un véritable isolement géographique post-Brexit. Un tunnel direct permettrait un flux constant de marchandises, éliminant les incertitudes météorologiques et maritimes et réduisant considérablement les coûts de stocks pour les entreprises pharmaceutiques et technologiques (piliers de l’économie irlandaise en 2026).

Il faut également considérer que la construction d’un tunnel de ce niveau permettrait également la création d’environ 35 000 emplois, dont des ingénieurs, des logisticiens et des ouvriers sur les chantiers de construction.

Avantages environnementaux

En outre, toute une série d’avantages importants qui seraient également obtenus au niveau environnemental devraient être pris en compte. La construction du tunnel réduirait en effet la nécessité de relier les deux îles avec des vols qui, dans la région, sont l’une des principales causes d’émission de CO2. Le transport en commun serait remplacé par un réseau ferroviaire avec des émissions considérablement réduites.

Par ailleurs, le tunnel pourrait également être construit en vue d’en faire un « Green Hub », une infrastructure capable, à elle seule, d’héberger d’autres infrastructures et éléments de production d’énergie propre.