L’Italienne Bruna Szego dirigera selon toute vraisemblance l’Autorité de l’Union européenne pour la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (Amla). Deux commissions du Parlement européen ont donné un avis positif à sa candidature et maintenant la Commission européenne devra présenter une proposition formelle à l’ensemble de la Chambre européenne puis aux gouvernements des États membres.
La carrière de Bruna Szego
Diplômée avec mention en droit à Rome en 1989 avec une thèse en droit pénal commercial, elle entre l’année suivante dans les bureaux de surveillance de l’administration centrale de la Banque d’Italie, collaborant à la rédaction des lois bancaires et financières consolidées. Depuis 1999, il mène des recherches et des analyses économiques du droit au sein du cabinet de droit économique avec des études sur la gouvernance d’entreprise, la justice civile et la finance pour la croissance. Au cours de sa carrière, il a suivi les initiatives européennes en matière de droit des sociétés et des marchés financiers et a participé aux travaux de réforme du droit italien des sociétés et du droit des faillites.
Elle a également traité des règles relatives à la gouvernance d’entreprise des banques, aux systèmes de rémunération et à la protection de la clientèle bancaire. En 2014, elle rejoint la Direction du Service de Régulation et d’Analyse Macroprudentielle où elle coordonne les travaux de mise en œuvre de la nouvelle réglementation européenne sur la gestion des crises bancaires. Depuis le 14 juin 2022, elle devient chef de l’unité chargée de la régulation et de la surveillance de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Que fait l’autorité unique de lutte contre le blanchiment d’argent de l’UE ?
Lors des auditions devant les commissions des libertés économiques et civiles réunies à Strasbourg, Szego a été préféré à la fois à l’Allemand Marcus Pleyer, directeur général adjoint du ministère des Finances, et au Néerlandais Jan Reinder de Carpentier. L’Italien y est parvenu malgré le manque de soutien du Parti populaire européen de centre-droit, le groupe le plus important au Parlement, et des Verts. La nouvelle Autorité unique de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA) entend garantir des contrôles plus indépendants pour éviter de nouvelles situations impliquant de l’argent sale. Elle est appelée à intervenir en cas de défaillance des contrôleurs nationaux. Le siège social sera établi à Francfort et environ 450 collaborateurs seront embauchés. Les activités de surveillance des entités financières à haut risque devraient démarrer en janvier 2028.
Compliments de Meloni et Tajani
« Amla sera appelée à jouer un rôle fondamental dans la lutte contre la criminalité économique et financière. Il est donc essentiel de garantir le plus haut niveau de compétence et de professionnalisme à ses dirigeants », a commenté l’eurodéputée Caterina Chinnici, vice-présidente de la Commission pour le Contrôle des bilans, après l’audition de Bruna Szego à Strasbourg.
Le Premier ministre Giorgia Meloni a également félicité la nomination de Szego. « Je voudrais féliciter Bruna Szego, désignée par le Parlement européen pour la direction de l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent. Un rôle de grande importance qui démontre la valeur des compétences italiennes dans le contexte européen. Nos meilleurs vœux de bon travail vont pour elle », a-t-il écrit sur X Melons.
Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani est également sur la même ligne, affirmant que cette nomination est le « fruit du travail d’équipe du système italien ». Il faudra désormais attendre le vote final du Parlement européen en plénière et l’approbation du Conseil de l’UE, qui rassemble les chefs de gouvernement des 27 États membres.