La vache noire à l’intérieur du triangle, le piéton traversant la route sur fond bleu, la voiture qui dérape sur la route mouillée : ce sont autant de dessins auxquels les conducteurs sont très habitués, car ils sont représentés sur signes que l’on voit souvent dans les rues italiennes et que l’on sait reconnaître de loin. Il est cependant déjà moins évident de penser à la main derrière ces fameux graphismes. Chacun de ces signes, ainsi que bien d’autres, ont en effet été imaginés et créés par un seul artiste : Michel l’archange Ioccaégalement connu sous le nom Jocca.
Ce dessinateur et illustrateur des Abruzzes (décédé en 2023 à l’âge de 97 ans) avait été chargé de soigner le graphisme des panneaux verticaux vers la fin des années cinquanteen vue d’une mise à jour du code de la route.
Jocca a toujours expérimenté ce type d’art : il a créé des couvertures de livres et de magazines et des illustrations de volumes pour enfants (ainsi que quelques histoires pour le célèbre programme Carosello). Avec la fermeture de l’un des magazines pour lesquels il travaillait, Jocca a dû chercher un nouvel emploi : il a ainsi été employé par les Ingénieurs Civils (l’organisme public qui s’occupait des travaux publics), où il a été chargé de concevoir les graphismes du nouveaux panneaux routiers inspiré par les suggestions de Convention de Genève sur la circulation routière de 1949. L’objectif était d’aligner tous les pays de l’ONU sur des signes similaires d’interdiction, d’obligation et de danger, même si les détails étaient ensuite laissés à la discrétion des différents membres.

Comment travaillait Jocca ? La priorité de l’artiste était de créer des dieux des dessins facilement compréhensibles et visibles même de loinafin qu’ils soient clairs pour les piétons et les cyclistes, mais aussi pour les voitures en mouvement. Alors, on ne pouvait pas tenir pour acquis que ceux qui les regardaient pouvaient lirenous ne pouvions donc pas nous fier aux mots. Le résultat est des dessins magnifiques, clairs et extraordinairement évocateurs, que nous connaissons tous très bien désormais : c’est pour cette raison que l’historien de la bande dessinée Gianni Bono a défini Jocca comme « le dessinateur de bande dessinée le plus vu par les Italiens ».