Qu’est-ce que le tremblement volcanique de l’Etna provoqué par la montée du magma et quelles valeurs montre le graphique INGV

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Avec la reprise de l’activité éruptive de l’Etna, on entend de plus en plus souvent parler du « souffle » du volcan, techniquement connu sous le nom de tremblement volcanique. Mais qu’est-ce que c’est exactement ? Contrairement à un tremblement de terre normal, qui se manifeste par un choc soudain, la secousse est une vibration sismique continueun bourdonnement de fond provoqué par la montée du magma, des gaz et des fluides à l’intérieur des conduits volcaniques. Pour le surveiller, INGV utilise un réseau dense de sismographestraduisant les données en graphiques accessibles à tous, qui les enregistrent en permanence.

L’activité récente de l’Etna a contraint leAéroport de Catane de bloquer tous les vols à l’arrivée et au départ jusqu’à 02h00 le 14 août. Un blocus qui aggrave les désagréments de la semaine dernière, marquée par des centaines d’annulations et des avions détournés vers les aéroports de Palerme et de Comiso.

Le tremblement volcanique sur l’Etna : comment il est mesuré

Le tremblement volcanique c’est une vibration sismique provenant du mouvement du magma, des fluides hydrothermaux et des gaz qui montent à l’intérieur des conduits volcaniques. Pour donner un exemple plus courant, pensons aux tuyaux de chauffage de nos maisons lorsque l’eau commence à circuler : on peut parfois entendre un gargouillis continu, presque gênant. Ici, la même chose se produit essentiellement sur l’Etna, mais à une échelle beaucoup plus grande. UN tremblement de terre « normale » en fait, c’est un événement avec un début brusque et une fin claire. Le tremblement, en revanche, est un bourdonnement de fond presque continuqui peut durer des heures, des jours et dans certains cas même des années.

Pour écouter cette vibration très subtile, INGV a mis en place un réseau très dense de sismographes très sensible tout autour du volcan. Le signal qu’ils collectent est transformé en nombre : l’amplitude RMS (Root Mean Square), mesurée en millivolts (ou en nanomètres par seconde si converti en vitesse sol réelle). Le calcul se concentre sur une bande de fréquences très spécifique, généralement comprise entre 0,5 et 2,5 Hzqui s’apparente à la « signature numérique » du mouvement des fluides volcaniques.

Cependant, un tremblement de terre peut être localisé relativement facilement en observant le moment où les ondes arrivent à différentes stations. Le tremblement, en revanche, ne se produit pas, puisque ses ondes émergent lentement du bruit de fond, sans début de temps clair. Pour cette raison, les volcanologues doivent estimer la source en comparant l’amplitude du signal enregistré par les différentes stations du réseau.

Comment lire le graphique INGV et pourquoi il n’est pas possible de comprendre quel évent va entrer en éruption

Si vous êtes déjà allé sur le site d’INGV, vous avez probablement vu ce graphique avec des lignes irrégulières, comme celui ci-dessous.

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L’axe horizontal indique le tempsen heures et jours, tandis que l’axe verticalintensité du signal – c’est-à-dire la force du tremblement sismique. Ensuite, il y a trois bandes colorées, qui nous aident à comprendre l’état du volcan même d’un seul coup d’œil. Dans ce cas, la secousse se situe dans la partie inférieure de la bande rouge depuis l’après-midi du 6 août – correspondant au début du phénomène éruptif en cours – et semble s’accentuer ces dernières heures.

Mais attention : lorsque l’on regarde ces graphiques, il faut garder certaines choses à l’esprit pour ne pas se tromper. Tout d’abord le présence d’un pic cela n’équivaut pas nécessairement à une éruption, étant donné qu’une oscillation des valeurs de tremblement est normale au cours de la vie du volcan, même dans les moments de repos. Plus ces pics ils ne peuvent pas nous dire d’où viendra la lave: il est impossible d’établir à l’avance le cratère ou la cheminée éruptive. Pour ces raisons, lorsque l’on entend parler de tremblement, il est bon de se rappeler qu’il ne s’agit pas d’une boule de cristal mais d’un outil utile qui s’ajoute à tous les autres fournis par l’INGV.