Qui travaille chez Milan et qui travaille chez Reggio de Calabre fait partie du même marché du travail, paie les mêmes impôts et est couvert par la même convention collective nationale. Pourtant, leurs salaires, en moyenne, ne ressemblent en rien. Selon le Perspectives salariales JP 2026 du JobPricing Observatory – la principale analyse des salaires italiens, mise à jour tous les six mois sur un échantillon représentatif de salariés du secteur privé – le salaire moyen des régions du Nord dépasse de près de celui du Sud et des Îles 4 400 euros brut par anavec un écart d’environ 15%. Un chiffre qui traîne depuis des décennies, que les politiques n’ont jamais vraiment éliminé, et qui cache des différences encore plus marquées si l’on regarde les postes les plus élevés.
Quel est le salaire moyen en Italie
En 2025, le Le salaire annuel brut moyen national est de 32 991 eurosen hausse de 3,6% par rapport à l’année précédente. Un signe positif, surtout si l’on considère que l’inflation sur la même période s’est élevée à 1,5% : pour la plupart des catégories, il s’agit donc d’un une réelle reprise du pouvoir d’achat. Mais le chiffre moyen à lui seul ne dit pas grand-chose. La photographie change radicalement selon du cadre contractuel: un cadre gagne en moyenne 106 556 euros brut par an, un ouvrier 27 909. La différence est presque quatre fois.
Ce qui rend l’image encore plus claire, c’est répartition des salaires. Le 75% des salariés italiens en reçoivent un salaire annuel brut inférieur à 35 000 euros; seul un sur dix dépasse 40 000. Essentiellement, la moyenne nationale est augmentée d’un part limitée de travailleurs bien payésalors que la grande majorité se situe bien en dessous. C’est dans ce contexte que l’écart territorial prend tout son poids : quand les gammes moyennes-basses sont déjà comprimées, même quelques centaines d’euros de moins font la différence.
Où l’on gagne le plus et le moins en Italie : la carte
Le salaire moyen augmente à mesure que l’on remonte la péninsule. Al Nord s’élève à un RAL de 34 119 euros moyenne annuelle; al Centre 32 746; al Sud et aux Îles 29 777. Le Centre est situé plus au Nord qu’au Sud, mais c’est la distance entre les deux extrémités de la péninsule qui révèle la fracture la plus profonde.
En descendant au niveau régional, Lombardie, Latium Et Ligurie occupent en permanence les premières places. La Lombardie est en tête du classement avec un RAL moyen de 35 137 euros ; La Lazio se rapproche grâce au poids des salaires de la capitale. À l’autre bout de la liste se trouvent Basilicate (27 340 euros), Calabre et Molise. Aucune des régions en bas du classement n’est située dans le Centre-Nord.
Toutefois, l’écart n’est pas réparti uniformément entre les différentes catégories de travailleurs. Parmi eux ouvriers l’écart Nord-Sud est de 4,7%, relativement limité. Entre le peintures s’élève à 10,1%. Et c’est parmi les gestionnaires C’est alors qu’apparaît la distinction la plus intéressante : l’écart sur la partie fixe (RAL) s’arrête à 5,8%, mais si l’on inclut la rémunération variable (RGA), l’écart se creuse significativement, car les primes et incitations des managers du Nord sont structurellement plus élevées.
Pourquoi le fossé entre le Nord et le Sud reste si profond
Il y a quatre facteurs qui Perspectives salariales identifie à la racine de la fracture, et aucun d’entre eux n’est nouveau.
- Le premier est le tissu entrepreneurial: au Nord, il est plus facile d’accéder au crédit, d’investir dans des secteurs à fort contenu technologique et de structurer de plus grandes entreprises. Les entreprises plus grandes et plus solides versent en moyenne des salaires plus élevés.
- Le deuxième facteur est le participation au marché du travail: dans les régions du sud, le chômage est structurellement plus élevé, ce qui réduit le pouvoir de négociation des travailleurs, qui peuvent être plus disposés à accepter des salaires inférieurs pour éviter des périodes d’inactivité. Cela est également influencé par la participation des femmes au marché du travail, qui est historiquement plus faible dans le Sud.
- Le troisième élément est celui de violations contractuelles: dans le Sud, on observe une plus grande répartition des salaires en dessous des échelles minimales prévues par les conventions collectives nationales, ainsi que des formes de négociation irrégulière et une moindre présence de représentation syndicale. Ce n’est pas un phénomène marginal : il affecte directement le RAL moyen enregistré.
- Le quatrième facteur est le coût de la viequi est généralement plus élevé dans le Nord – il suffit de penser au marché immobilier de Milan – ce qui pousse les entreprises à payer des salaires nominalement plus élevés pour maintenir le pouvoir d’achat des travailleurs.
En regardant les tendances, un élément ressort : sur le long terme, entre 2015 et 2025, ce sont les régions du Sud qui ont enregistré la croissance salariale la plus importante (+17,3 % contre +14 % au Nord). C’est ce qu’on appelle effet de rattrapage: ceux qui partent de moins ont tendance à croître plus rapidement en termes de pourcentage. Mais l’année dernière, la dynamique s’est inversée : le Nord est en tête de la reprise avec une hausse de 3,7%, contre +1,4% au Sud et aux Îles. Bref, le phénomène de convergence semble s’être partiellement atténué. L’écart absolu – près de 4 400 euros de RAL annuel – demeure et cet écart ne s’est jamais vraiment comblé.