Parce que de nombreuses œuvres d’art italiennes sont exposées à l’étranger

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

En voyageant en Europe et dans le monde, notamment aux Etats-Unis, il est possible d’apprécier de nombreuses œuvres italiennes dans des musées non italiens: c’est le résultat de guerres, de raids, d’accords politiques ou de trafics illicites. En vous promenant dans le Prado, à Madrid, vous trouverez des œuvres de Botticelli, Mantegna et Beato Angelico ; à la National Gallery de Londres, il y a beaucoup de Véronèse et de Titien ; au Louvre, il y a Léonard, mais aussi Ghirlandaio, Giotto, Le Tintoret et le Pérugin ; au Metropolitan Museum de New York, il y a le Caravage, etc.

En France, étant donné qu’il existe des acquis légalement (comme le Mona Lisa), de nombreuses œuvres volées par les troupes de Napoléon sont conservées. La plus célèbre de ces œuvres volées est sans doute Noces de Cana de Véronèse, volé lors de la campagne d’Italie de 1796-1797 dans la basilique de San Giorgio Maggiore, sur l’île du même nom dans la lagune de Venise. Même après la chute de Napoléon, l’œuvre n’a jamais été restituée et elle se trouve aujourd’hui au musée du Louvre (dans la même salle que la Joconde).

Puis il y a eu les raids Nazis à la fin de la Seconde Guerre mondiale : c’est ainsi que huit œuvres italiennes aboutissent à Belgrade, en Serbie, dont un couple de Vittore Carpaccio. Mais la plus célèbre des œuvres volées par les nazis manque toujours : parlons-en Tête de faune de Michel-Ange, pris du château de Poppi (Arezzo) par des soldats allemands et jamais revu.

En parlant de nazisme, il y a eu des cas où les œuvres ont été vendues pour accords politiquespar exemple aux hiérarques nazis pendant le fascisme. L’exemple du est célèbre Lanceur de disque Lancellotticopie romaine d’une célèbre statue grecque, offerte en cadeau à Hitler par Mussolini, et laborieusement renvoyée en Italie (mais non sans protestations allemandes).

Parfois, cependant, tout n’était qu’un problème financier: le cas de la grande collection d’œuvres des soi-disant Primitifs (pré-Renaissance, comme Botticelli) du noble Giovanni Pietro Campana est particulier. Son échec financier au milieu du XIXe siècle entraîna la saisie de la collection par l’État pontifical et les œuvres furent alors dispersées dans toute l’Europe : certaines en Russie, d’autres en France, etc.

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L’investissement extrêmement rentable que représentent les œuvres d’art, surtout si elles sont anciennes, a également conduit au fil des siècles au phénomène de pillage de sites archéologiques (Grecs, Romains et Étrusques) sur le sol italien et le pillage des églises. La collection du marchand anglais Edward Solly a été glanée entre les XVIIIe et XIXe siècles (avec la complicité de marchands italiens) précisément grâce à ces vols injustifiés, c’est pourquoi la soi-disant Madone Solly de Raphaël se trouve à la Gemäldegalerie de Berlin. Toujours dans ce contexte, il y a eu également un grand émoi dans le cas deathlète victorieux de Fanoune sculpture en bronze du 4ème siècle avant JC. C. (attribué à Lisippe) retrouvé au large de Fano et volé aux États-Unis : il se trouve actuellement au J. Paul Getty Museum de Malibu, en Californie, le même musée qui en 2022 nous a également offert une autre sculpture importante, Orphée et les sirènesmaintenant au Musée Archéologique de Tarente.