Le vote de l’UE sur l’Ukraine divise le gouvernement italien et la gauche

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Qui sait si le général Roberto Vannacci, fidèle allié de Viktor Orban, et Ilaria Salis, la militante qui a fini en prison en Hongrie lors des manifestations contre le gouvernement de Budapest, auraient un jour imaginé se retrouver du même côté de la barricade lors de leur première vote important au Parlement européen. Pourtant, c’est précisément ce qui s’est passé à Strasbourg lorsque la résolution sur l’Ukraine a été approuvée. Un texte politique qui, en réitérant le soutien militaire de l’UE à Kiev, a divisé le gouvernement italien et la gauche. Avec Fratelli d’Italia, Forza Italia et Pd d’un côté soutenant la résolution (mais avec quelques distinctions importantes), et de l’autre la Lega, le M5, les verts et la gauche rejetant le texte.

La résolution a été approuvée par 495 voix pour, soit la grande majorité de l’hémicycle : au sein des partis européens majoritaires (populaire, socialiste et libéral), mais aussi la quasi-totalité de l’ECR, les conservateurs de Giorgia Meloni, une bonne partie des Verts et à moitié gauche. Même deux représentants des Patriotes, le nouveau groupe parlementaire d’Orban dont fait partie la Ligue du Nord, ont soutenu le texte, malgré le document en attente contenant une condamnation explicite du voyage du Premier ministre hongrois à Moscou devant le tribunal de Vladimir Poutine. C’est précisément cette condamnation qui a été l’une des raisons du « non » de la Ligue. Qui a également pointé du doigt la demande visant à permettre à l’armée ukrainienne d’utiliser les armes livrées par l’UE pour frapper la Russie sur son territoire : « C’est une demande qui semble contredire la ligne du gouvernement italien lui-même », a-t-il souligné avec venin dans une note du Carroccio.

Et en effet, en ce qui concerne l’amendement qui parle de supprimer l’interdiction de l’utilisation des armes européennes « contre des cibles militaires sur le territoire russe », les conservateurs de Meloni étaient divisés : la moitié de l’ECR (en particulier les Polonais du PiS) ont voté pour. de l’amendement (donc l’utilisation des armes non seulement pour la défense), tandis que la délégation des Frères d’Italie s’est abstenue. Le comportement des députés de Forza Italia a été différent, car ils ont soutenu la demande malgré la majorité d’abstention du parti, le gouvernement était surtout divisé. puisque les parlementaires de la FdI, comme ceux de la FI, ont donné leur accord définitif à la résolution dans son ensemble, qui contient l’amendement contesté par la Ligue.

Discours similaire pour le « large champ » de l’opposition : les M5, Salis et Mimmo Lucano de la gauche italienne et les verts Cristina Guarda, Leoluca Orlando et Benedetta Scuderi (Ignazio Marino absent) se sont opposés à la résolution. « C’est une occasion manquée de changer de stratégie dans la guerre en Ukraine et d’affirmer enfin la paix », a expliqué dans une note l’eurodéputé cinq étoiles Danilo Della Valle. Le Parti démocrate a cependant majoritairement soutenu le texte, à l’exception de Cecilia Strada et Marco Tarquinio, députés européens indépendants élus sur les listes démocrates (avec Strada qui avait pourtant été choisi comme tête de liste dans le Nord-Ouest par le Parti démocrate). secrétaire Elly Schlein).

Comme cela s’est produit avec les Frères d’Italie, le Parti Démocrate a également tenu à souligner une position différente de celle de son groupe (celle des socialistes) sur l’amendement sur l’utilisation des armes de l’UE sur le territoire russe : la grande majorité des députés démocrates en effet voté contre, cette fois en parfaite adéquation avec les 5 étoiles. Seules Elisabetta Gualmini et la vice-présidente du Parlement européen, Pina Picierno, ont choisi la voie médiane, celle de l’abstention.