Le Soleil n’a jamais « brillé », car ce participe passé n’existe pas : les verbes défectueux en italien

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Vous racontez à un ami votre week-end à la mer, sans même un nuage. «Le Soleil a…» et là tu restes coincé. Brillant? Brillant? Si aucune des deux ne sonne bien, il y a une raison : la première forme n’est plus utilisée et est aujourd’hui étrangère à l’usage courant, tandis que la seconde ce n’est pas le participe passé de briller.

Avec une périphrase, concluez la phrase en expliquant que le temps était de votre côté ou que « le soleil a continué à briller » et comblez une lacune dans la grammaire italienne. Briller fait partie des verbes dits défectueux, tous ces verbes dont la conjugaison manque de modes, de temps ou de personnes et, par exemple, existent au présent, au futur simple, à l’imparfait, mais pas au participe passé et donc aux temps composés qui l’utilisent (passé proximal, passé parfait, futur parfait).

Quels sont les verbes défectueux

Un verbe est dit défectueux (du latin défaut« venir moins ») lorsque sa conjugaison est incomplète : il manque donc certaines formes qui seraient présentes dans un verbe « normal ». Parmi les cas les plus intéressants – et les plus difficiles – figure précisément le manque de participe passé. Sans cela, aucun temps composé ne peut être construit : pas de passé (« J’ai brillé »), pas de passé (« J’ai brillé »), pas de futur parfait (« J’aurai brillé »).

« Spleso » est une forme qui ça n’a jamais existé. En ce qui concerne «brillé», il convient de noter que, comme le rapporte Treccani, certains dictionnaires enregistrent ce participe passé comme une forme rare et archaïque, aujourd’hui tombée en désuétude. Aujourd’hui, ce participe n’est plus utilisé.

Les verbes défectueux ne doivent pas être confondus avec i verbes irréguliers: ceux-ci ont le participe, mais c’est différent de ce à quoi on pourrait s’attendre. Les différences se situent au niveau des fins, par ex. je suis vendreditoià, du vendredileroi, c’est irrégulier. Les irréguliers impliquent aussi des changements de racines comme cela se produit par exemple avec go : tu y vas, mais ils y vont. Dans les verbes défectueux, une forme spécifique manque.

Verbes sans participe passé : exemples

Parmi les verbes qui en italien contemporain sont normalement considérés sans le participe passé, on trouve, par exemple :

  • briller (et briller)
  • démanger
  • rivaliser
  • préoccupation
  • diverger
  • régler
  • exempter
  • fervère
  • métier à tisser
  • insérer
  • succomber
  • tanger
  • exhorter
  • vertère
  • appliquer

Toute tentative de trouver un participe passé pour ces verbes produit une incertitude et des résultats qui ne peuvent que « sonner mal », précisément parce qu’ils n’existent pas ou sont tombés en désuétude depuis des années et des années. Le cas de démanger est parmi les plus emblématiques et les plus quotidiens : comme l’explique leAcadémie Crusca, ni le participe présent ni le participe passé n’existent, et des formes telles que prduto, prurso ou pruso sont « absolument incorrectes ».

On pourrait penser que le terme « différent » est un participe passé de diverger : cependant, diverger est également défectueux au passé (certains dictionnaires admettent cette possibilité, mais avec un usage rare). Comme le souligne toujours Crusca, «l’adjectif divers n’a même pas de lien étymologique avec divergere, puisqu’il dérive du verbe latin amusez-vous (qui est aussi la base du divertissement italien) ».

Ensuite, il y a des verbes défectueux qui survivent presque uniquement grâce au fait qu’une de leurs formes devient un autre mot ; Par exemple tanger, compris comme « touchant » et « concernant » (« la question ne me dérange pas »). En tant que verbe, il est pratiquement inutilisable sous presque toutes ses formes. participe présent existe, même si on l’utilise comme nom : la tangentela ligne droite qui touche la circonférence en un seul point (ou une somme d’argent utilisée pour corrompre).

Pourquoi la langue a laissé ces trous et comment ne pas faire d’erreurs

Pourquoi y a-t-il ces trous ? Le premier responsable est l’origine latine de notre langue. Il y a par exemple des verbes défectueux qui sont entrés en italien déjà « paralysés » : par exemple, dans le cas susmentionné de diverger, le verbe latin était également défectueux verger (d’où il dérive diverger), qui présentait uniquement le thème du présent, mais pas ceux du parfait et du couché (de l’évolution desquels dérivent également les formes utilisées pour former notre participe passé).

Les raisons pour lesquelles un verbe a une conjugaison défectueuse ne peuvent pas être attribuées à une seule cause. Dans certains cas, la limitation est liée à l’histoire du verbe et à son évolution dans l’usage ; dans d’autres, certaines formes peuvent être attestées mais paraissent rares, anciennes ou étrangères à l’italien contemporain.

Pour nous en sortir, chaque jour, sans même nous en rendre compte, nous mettons en œuvre ce qu’on appelle périphrasec’est-à-dire une tournure de phrase, une autre façon de dire quelque chose. Si on insère un avant le verbe défectueux verbe servile (devoir, pouvoir) o favorable (continuer, prévenir), c’est tout : par exemple, contourner le participe passé du verbe succombersuccombé, n’est plus utilisé, on peut s’appuyer sur un verbe qui a le participe, comme devoir ou continuer. Non pas « j’ai succombé », mais «je devais succomber » ; non pas « j’ai brillé », mais « le soleil a continué à briller » ; non pas « j’ai eu des démangeaisons », mais « j’ai averti démangeaison ».