Le gouvernement européen ne tient qu’à un fil : le vote clé qui décidera du sort de von der Leyen

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Les auditions des 26 commissaires nommés par Ursula von der Leyen sont terminées, mais l’accord concernant le vote du Parlement européen qui donne le feu vert définitif à l’exécutif européen n’est pas vraiment solide. Au-delà des désaccords et des réserves concernant certaines nominations clés, comme celles de la vice-présidente Teresa Ribera et du vice-président exécutif Raffaele Fitto, il reste à voir s’il existe encore une majorité stable capable de soutenir l’équipe définie par von der Leyen en collaboration avec les chefs de gouvernement des États membres.

Le vote sur la déforestation a consacré une nouvelle distance du Parti populaire par rapport à la coalition formée après les élections européennes avec les socialistes et les libéraux, indiquant un virage à droite qui regarde en direction des conservateurs (Ecr), des patriotes et des souverainistes. Voyons quelles sont les prochaines étapes et le calendrier menant au vote fondamental prévu fin novembre pour la confirmation de la Commission européenne. Sans l’approbation du Collège des commissaires, l’Union européenne risque de rester dans le flou au niveau législatif et de gouvernance.

Qui sont les commissaires reportés

Les deux semaines du 4 au 12 novembre au cours desquelles se sont déroulées les auditions des commissaires à Bruxelles ont donné un bilan positif à l’égard de l’équipe de von der Leyen, mais uniquement en termes de chiffres. Les choses se sont décidément moins bien passées en termes de « qualité » des candidats retenus. Le feu vert des députés est arrivé pour 19 des 26 commissaires indiqués par von der Leyen. Les commissions parlementaires, appelées à désigner les commissaires individuels, ont toutefois reporté les décisions sur les postes les plus importants: la vice-présidente Teresa Ribera, les vice-présidents exécutifs Raffaele Fitto, Roxana Mînzatu, Stéphane Séjourné et Henna Virkkunen, ainsi que Kaja Kallas, à qui aurait le rôle de Haut Représentant Diplomatique de l’UE.

Von der Leyen risque de sauter : qu’est-ce qui se cache derrière le conflit entre la droite et la gauche dans l’UE

Maintenant, von der Leyen risque de sauter : qu’est-ce qui se cache derrière le conflit entre la droite et la gauche dans l’UE


Von der Leyen risque de sauter : qu’est-ce qui se cache derrière le conflit entre la droite et la gauche dans l’UE

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À la liste s’ajoute Olivér Várhelyi, le commissaire hongrois désigné à la santé et au bien-être animal, dans l’œil du cyclone pour avoir été nommé par Viktor Orban. Après l’échec de l’accord, résultat des tirs croisés entre le Parti populaire et les socialistes, la présidente de la Commission a convoqué une réunion avec les dirigeants des principaux groupes politiques qui devraient la soutenir. Manfred Weber du Parti populaire européen (comme von der Leyen), Iratxe García Perez des socialistes (S&D) et Valérie Hayer des libéraux de Renew. Une rencontre infructueuse qui n’a pas apaisé les eaux troubles de Bruxelles.

Comment les commissaires européens peuvent encore être approuvés

Les sept commissaires qui n’ont pas réussi les auditions jusqu’à présent ont deux voies à parcourir. La première est celle d’une approbation tardive des commissions parlementaires respectives appelées à exprimer leur avis sur leur nomination. Normalement, le consentement des deux tiers des membres de ces commissions est requis, mais si cela n’est pas le cas, les commissaires désignés pourraient être soumis à un vote secret, pour lequel une majorité simple est requise.

C’est une façon risquée de réussir l’examen. Les commissaires pourraient éviter les affrontements entre les groupes politiques concernés, mais leur sort finirait entre les mains de chaque député européen. Fitto et Várhelyi, par exemple, pourraient passer grâce aux votes compacts du Parti populaire, avec le soutien de tout le spectre de la droite (Ecr, Patriotes et Europe des nations souveraines), avec éventuellement le soutien également des libéraux. Le plus à risque resterait l’Espagnol Ribera, qui pourrait manquer du soutien indispensable du PPE.

Dates importantes pour la Commission européenne

Dans ce contexte, une première date clé possible est le 20 novembre, date à laquelle les chefs de groupe de tous les partis politiques (CoP) devraient se réunir à nouveau à huis clos pour décider de clôturer ou non la procédure et ouvrir la voie au vote de confiance lors de la Plénière de novembre.

Le même jour, la vice-première ministre espagnole Teresa Ribera, candidate à la vice-présidence chargée d’une transition verte, juste et compétitive, comparaîtra devant le parlement espagnol pour répondre aux questions sur son rôle de ministre de la transition écologique pendant les inondations. à Valence, qui ont causé la mort de plus de 200 personnes ces dernières semaines.

Le PPE de Manfred Weber a placé le résultat de cette discussion comme une condition fondamentale pour procéder à l’approbation du vice-président espagnol. Il est peu probable que la confrontation entre Ribera et les députés ibériques calme les esprits du Parti populaire, qui l’ont déjà durement attaquée lors de son audition dans la capitale européenne.

Le vote sur le Collège des Commissaires à Strasbourg

Même si les différentes commissions donnent leur feu vert à leurs commissaires concernés, le vote du 27 novembre prévu pour l’ensemble du Collège des commissaires demeure. La présidente du Parlement européen, la Maltaise Roberta Metsola, travaille sans relâche pour que celui-ci aboutisse à une issue positive, pour faire réussir une séance plénière à laquelle devrait également participer le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Envoyer le signal d’une Europe forte est essentiel après l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

Si une majorité des législateurs donnent le feu vert à la Commission, les travaux officiels sur la nouvelle équipe de von der Leyen commenceront le 1er décembre comme prévu. Au contraire, des négociations étroites devraient reprendre pour identifier de nouveaux noms, partagés avec les chefs d’Etat, qui figureraient aux côtés du dirigeant allemand. Le début des travaux serait alors reporté à 2025, laissant l’UE dans le flou.