Le DopoFestival redevient enfin le DopoFestival
Pour un Sanremo plat et terne, il y a eu un DopoFestival qui a enfin respecté sa mission. Avec les quatre événements diffusés du mardi au vendredi, Nicola Savino a redonné à la marque son identité, sa raison d’exister. Ce n’était pas acquis, car au fil des années, l’annexe de l’événement avait abandonné sa structure originale et abandonné sa finalité, se transformant souvent en un hybride incohérent.
Le DopoFestival, c’est ce repas supplémentaire offert à ceux qui ne sont pas rassasiés, à ceux qui ne veulent pas quitter la table. Et Savino, grâce aussi à l’auteur Giovanni Benincasa, a pu donner corps à cette coda, en mettant au centre le discours, la discussion et la comparaison avec les journalistes, enfin redevenus actifs et parlants.
Le programme a banni les cris, le chaos et le chaos présenté comme une fête. Il a baissé les décibels, confié des rôles précis aux protagonistes et surtout reconstruit le climat idéal. Pour ce faire, le poste devant l’Ariston a été abandonné pour frapper à nouveau au Casino, avec un message sous-jacent très clair : nous sommes bien une prothèse, mais nous revendiquons notre indépendance.
En 2023, Fiorello a organisé son « spécial Sanremo » au sein de Viva Rai 2. Un programme « à distance », créé depuis via Asiago, avec de simples liaisons avec la Riviera qui n’ont pas renvoyé les bonnes suggestions. Le showman sicilien lui-même a précisé qu’il n’avait pas mis en place un DopoFestival, mais plutôt un commentaire de l’événement basé sur l’esprit de son émission matinale. L’année suivante, le groupe s’y rend et l’approche change : cependant, c’est le DopoFestival qui s’adapte à « Viva Rai 2 », et non l’inverse.
Mais il y a douze mois, la tâche a été confiée à Alessandro Cattelan. Mais si Fiorello avait révélé sa distance par rapport au DopoFestival, en conservant le titre original de sa création, l’ancien VJ de MTV a commis l’erreur de ne pas vouloir s’immerger dans un décor extraordinaire, reprenant exactement les mêmes schémas que « Stasera c’è Cattelan », des gags aux jeux joués par les chanteurs. En engageant également Selvaggia Lucarelli, on a tenté de susciter la polémique, en profitant de la participation concomitante de Fedez à la course. Qui, par hasard, est resté à l’écart.
Cela a également littéralement ponctué la protestation de Tony Effe contre l’organisation (en raison du fait que le collier n’était pas mis sur scène) au profit d’un récit égocentrique, entièrement centré sur ses propres intérêts et non sur ceux des spectateurs.
Savino, de son côté, est entré en harmonie avec le public, en prenant un recul intelligent. Il y avait évidemment des limites, entre présences superflues et potentiels inexprimés. Mais dans l’ensemble, le résultat est celui d’un agréable fond nocturne, avec tous les éléments savamment conservés au centre de la scène.
Se rapprocher des sommets de 2008, quand Elio et Storie Tese ont donné une édition unique, reste impossible. Mais en attendant, nous sommes revenus sur la bonne voie.