Lazlo Krasznahorkai remporte le prix Nobel de littérature 2025 : qui est le "prophète de l’apocalypse narrative"

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

L’écrivain hongrois Laszlo Krasznahorkai est lauréat du prix Nobel de littérature 2025. L’Académie suédoise lui a décerné ce prix « pour son œuvre fascinante et visionnaire qui, au milieu d’une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l’art ». Agé de soixante et onze ans, considéré comme l’un des auteurs contemporains majeurs de la littérature hongroise et parmi les voix les plus marquantes de la scène européenne, Krasznahorkai est souvent défini comme « le prophète de l’apocalypse narrative ». L’auteur a acquis une reconnaissance internationale en 2015 avec le « Man Booker International Prize », et a consolidé au fil du temps une réputation d’écrivain radical et intransigeant, capable de mêler vision philosophique et tension narrative.

Qui est le « prophète de l’apocalypse narrative »

Né à Gyula le 5 janvier 1954, Krasznahorkai a étudié le droit à Szeged et la langue et littérature hongroises à Budapest. Au début de sa carrière, il travaille quelques années comme éditeur jusqu’en 1984, date à laquelle il se consacre entièrement à l’écriture.

Le récit de Krasznahorkai évolue selon des coordonnées qui tournent autour de la stase, de l’attente et de l’impossibilité de la rédemption. Dans ses œuvres, il n’y a pas de héros au sens traditionnel du terme. Ses protagonistes apparaissent plutôt comme des marionnettes mues par des ficelles invisibles, des personnages solitaires et marginalisés qui vivent dans un état continu de fugue. C’est un univers littéraire sombre et complexe, traversé par un sentiment d’inquiétude et une tension métaphysique qui a fait de l’auteur une référence pour la fiction européenne contemporaine.

Son écriture se caractérise par des phrases très longues, dépourvues de ponctuation traditionnelle, construites de manière hypnotique et obsessionnelle, qui véhiculent un récit continuellement en équilibre entre rationalité et délire. Son style a été comparé à une « coulée de lave narrative », telle que définie par le poète George Szirtes, son traducteur anglais. Mais plus que la fluidité, il renvoie à une stratification progressive : ses phrases accumulent des matières, des déviations, des pensées secondaires, comme si chaque unité syntaxique contenait en elle toute une carte mentale.

Dans ses œuvres, il n’y a pas de héros au sens traditionnel du terme. Ses protagonistes apparaissent plutôt comme des marionnettes mues par des ficelles invisibles, des personnages solitaires et marginalisés qui vivent dans un état continu de fugue. C’est un univers littéraire sombre et complexe, traversé par un sentiment d’inquiétude et une tension métaphysique qui a fait de l’auteur une référence pour la fiction européenne contemporaine.

Quels sont ses livres les plus célèbres

En Italie, Bompiani a publié plusieurs de ses romans : Satantango, finaliste du prix Gregor Von Rezzori et du prix européen Strega 2017 ; Mélancolie de la résistance, Le retour du baron Wenckheim (lauréat du Prix national du livre de littérature traduite en 2019), Guerre et guerre, Seiobo est descendu ici et Avanti va il mondo.

Au cours de sa carrière, Krasznahorkai a reçu de nombreux prix internationaux, dont le prix Tibor Déry, le prix SWR Bestenliste, le prix Kossuth, le prix Sándor Márai, le prix Brucke Berlin et le prix Spycher. En 2021, il a également reçu le Prix d’État autrichien de littérature européenne.