L’Amérique possède la plus grande centrale nucléaire en activité continue au monde, avec près de 7 GW, dépassant celle de Tchernobyl avant l’accident.

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

La centrale nucléaire ayant la plus grande activité ininterrompue se trouve en Amérique et atteint près de 7 GW de puissance maximale. Ce complexe dépasse les 4 000 MW enregistrés à Tchernobyl en 1986, une échelle que l’AIEA met en avant dans l’approvisionnement mondial en électricité. Le leadership de ladite infrastructure repose sur la disponibilité effective de ses unités plutôt que sur la simple capacité nominale installée.

Il est cependant valable de préciser que Kashiwazaki-Kariwa, le géant japonais, reste en dehors du podium opérationnel global car il n’est pas pleinement opérationnel depuis Fukushima. Bien que TEPCO ait réactivé le bloc 6 cette année, les retards ultérieurs dans son retour commercial dus à une fuite électrique mineure ont empêché l’installation asiatique de déplacer le colosse américain, selon Reuters. Actuellement, la stabilité technique définit quelle installation est en tête de la production mondiale d’énergie atomique.

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Quelle est la plus grande centrale nucléaire en fonctionnement continu avec près de 7 GW, au-dessus de Tchernobyl avant l’accident ?

La centrale nucléaire de Bruce, gérée par Bruce Power en Ontario, au Canada, détient le titre de la plus grande installation de ce type en activité continue au monde. Le complexe se trouve sur la rive est du lac Huron, plus précisément près de Tiverton, où il utilise la technologie CANDU à eau lourde sous pression pour alimenter les turbines et fournir de l’électricité. Cette infrastructure intègre huit réacteurs répartis en deux sections principales appelées A et B.

La puissance actuelle du site atteint jusqu’à 6 550 MW, un chiffre qui représente une capacité maximale actuelle d’énergie propre supérieure aux niveaux atteints par Tchernobyl avant sa tragédie en 1986. Cette performance massive positionne la centrale comme un pilier fondamental du système électrique canadien. En effet, ces centrales nucléaires satisfont environ 50 % de la consommation totale de leur zone géographique.

Le projet est né dans les années 1960 après le succès de Douglas Point, pionnier des modules commerciaux nationaux entré en service en 1967. Les travaux de construction ont commencé deux ans plus tard pour étendre le réseau aux unités actuelles. Aujourd’hui, cette mégaconstruction nord-américaine dépasse en échelle toute autre base énergétique de ce type sur le continent américain.

Quel avenir attend l’usine canadienne ?

La centrale fait la promotion du projet Bruce C, une expansion ambitieuse visant à permettre 4 800 MW supplémentaires sur sa propriété actuelle. Selon l’Agence canadienne d’évaluation d’impact, la proposition va de l’amendement des sols à la fermeture définitive d’une usine dont la durée de vie utile est estimée entre six et dix décennies.

Cette initiative traverse une phase d’analyse fédérale intégrée sans encore représenter une résolution finale en matière de construction. Les administrateurs cherchent à créer une option d’approvisionnement nucléaire à Kincardine, sur le territoire de la nation Ojibway de Saugeen, alors que le gouvernement maintient que l’énergie nucléaire constitue l’épine dorsale stable du système d’électricité propre de l’Ontario depuis des années.

Outre cette expansion, l’entreprise développe un programme de renouvellement technique pour augmenter la production à 7 000 MW d’ici 2030. Les rapports de World Nuclear News estiment que ces travaux injecteront près de 238 milliards de dollars canadiens dans le produit intérieur brut (PIB) national tout au long de son histoire opérationnelle.

Quelles centrales constituent la liste des plus grands complexes atomiques du monde ?

Les installations de Kori-Shin Kori, Hanul et Hanbit en Corée du Sud sont en tête du top 10 aux côtés de Tianwan en Chine et de Barakah aux Émirats arabes unis. L’inventaire global inclut également les gares françaises de Gravelines, Paluel et Cattenom, même si les experts invitent à la prudence dans la comparaison de ces infrastructures car certaines listes ajoutent des unités ou des extensions proches au sein d’un même complexe.

En revanche, la centrale d’Ohi au Japon apparaît dans les registres officiels malgré les redémarrages partiels et les révisions réglementaires après Fukushima qui conditionnent son activité. Le géant japonais Kashiwazaki-Kariwa maintient le titre comme principale référence en volume installé ; Cependant, il ne fonctionne pas pleinement en courant et reste exclu de tout classement basé sur une production électrique constante.

Top 10 des plus grandes centrales nucléaires du monde. Photo : LR-MB

Plans pour sécuriser le réacteur après quatre décennies de catastrophe

40 ans après l’explosion du réacteur 4 de Tchernobyl, la commémoration de cette catastrophe a lieu à l’ombre du conflit armé en Ukraine. Reuters a rapporté que l’arceau de protection au-dessus de l’unité endommagée nécessite des réparations urgentes d’une valeur de 500 millions d’euros en raison de la détérioration liée à la guerre. Cet incident historique a transformé Pripyat en un emblème mondial de désolation et d’évacuations massives suite à la libération de matières radioactives en 1986.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) exige le rétablissement complet du nouveau confinement sûr pour éviter des risques plus importants. Rafael Grossi a averti qu’une réhabilitation rapide et complète « reste essentielle pour éviter une dégradation supplémentaire et garantir la sécurité nucléaire à long terme ». Bien que l’entité n’ait pas détecté d’augmentations radiologiques immédiates ni de défaillances dans les éléments de support, la structure actuelle a perdu ses fonctions de protection primaires.