LE’Accident du téléphérique du Cermis, une catastrophe survenue il y a 28 ans Val di Fiemme (Trentin-Haut-Adige) mais encore vivace dans la mémoire de la société italienne, a été provoquée par la collision d’un avion militaire américain avec un téléski de l’Alpe Cermis: à 15h13 le 3 février 1998l’avion américain EA-6B Prowler, qui a décollé de la base d’Aviano (en Frioul-Vénétie Julienne), sectionné un câble du téléphérique du Cermis le frapper à une vitesse estimée à environ 833 km/hprovoquant une chute de la cabine de 108 mètres de hauteur et causant la mort des 20 personnes à bord.
Ce même téléphérique avait déjà été impliqué dans un premier accident en 1976, qui avait fait 42 victimes : à cette occasion, cependant, une des cabines s’est détachée du câble qui le soutenait, finissant par s’écraser au sol.
Après 28 ans, nous retraçons l’histoire de cette tragédie, pour laquelle on estime toujours qu’aucune justice n’a été rendue : les pilotes responsables ont en effet été condamnés exclusivement pour entrave à la justice après avoir détruit la vidéo du vol.
La dynamique de l’accident du téléphérique du Cermis
Selon ce qu’a constaté la commission d’enquête parlementaire, la mission militaire américaine – appelée « Easy 01 » – était prévue comme un vol d’entraînement à basse altitude. L’équipage était composé de quatre officiers de la Marine: le pilote Richard Ashbyle navigateur Joseph Schweitzer et les responsables des systèmes de guerre électronique, Chandler Et Graves marins.
L’avion, un Grumman EA-6B Prowler, avait décollé à 14h36 de la base de l’OTAN à Aviano, en Frioul-Vénétie Julienne : l’objectif était de simuler procédures de navigation tactique.
Cependant, selon la reconstitution de la dynamique de l’accident, la conduite de vol adoptée était « radicalement différente de la réglementation en vigueur ». La commission d’enquête a en effet constaté que, pour la zone en question, les dispositions nationales et les accords de l’OTAN exigeaient une hauteur de vol minimale de 2 000 pieds (environ 600 mètres). Malgré cela, les rapports techniques acquis ont démontré que l’avion, au moment de l’impact, se trouvait à distance part considérablement réduiteestimé à environ 360 pieds (110 mètres du sol).

Entre autres choses, l’avion, venu de Val de Fassa et se dirigeait vers le sud-ouest le long de la Val di Fiemme, il se déplaçait à une vitesse bien supérieure aux limites autorisées pour ce type de manœuvre, avançant à environ 450 nœuds (833 km/h).
À 15h12, l’avion s’écrase sur un câble supportant le téléphérique du Cermis: selon des documents officiels le pilote, en essayant de passer sous les câbles ou ne les ayant pas vu du tout en raison de la vitesse élevée et de l’altitude prohibitive, a heurté avec l’aile droite et la queue dérive contre les câbles porteurs et tracteurs du téléphérique.
Le cisaillement net du câble a provoqué le chute immédiate de la cabinequi est tombé sur environ 108 mètres puis s’est écrasé au sol. Il ressort des enquêtes de la Commission que il n’y a eu aucun problème technique avec l’avion avant l’impact : le drame est la conséquence directe d’une manœuvre volontaire menée en violation des règles élémentaires de sécurité établies pour les exercices.
Les enquêtes sur le massacre et le choc diplomatique avec les États-Unis
Les enquêtes qui ont suivi la catastrophe ont été immédiatement source de tensions, malgré la collaboration formelle entre les autorités italiennes et américaines. Parmi les différents problèmes, il y avait celui de destruction de preuves visuelles: l’avion, en effet, était équipé d’une caméra vidéo interne destinée à enregistrer l’entraînement et pointée vers l’extérieur à travers le carénage. Justement cet enregistrement aurait constitué une sorte de « boîte noire visuelle« de l’accident, offrant une preuve irréfutable de l’altitude, de la vitesse et du comportement des pilotes dans les instants précédant l’impact. Cette bande vidéo n’a cependant pas été jamais vu par les enquêteurs car il a été détruit.

Dans ses aveux, le capitaine Joseph Schweitzer il a admis qu’il avait la cassette originale a été volée de l’avion immédiatement après l’atterrissage d’urgence à Aviano, remplacement du ruban contenant des images du vol pour plus tard détruire l’original.
Cette action visant à supprimer les tests fut motivée dans les années suivantes par la crainte que les images (qui auraient confirmé les manœuvres imprudentes et montré les sourires amusés des pilotes) puissent enflammer l’opinion publique italienne. La commission d’enquête a souligné à quel point cette loi a privé l’accusation d’un élément de preuve fondamental, transformer une enquête technique en une bataille d’expertises et de témoignages indirects.
Le procès et l’acquittement des pilotes
En vertu de la Convention de Londres sur le statut des forces de l’OTAN, La juridiction sur l’affaire a été confiée aux États-Unis. Le procès, qui s’est tenu à la base du Corps des Marines à Camp Lejeuneen Caroline du Nord, s’est terminé par une condamnation qui, encore aujourd’hui, est considérée comme injuste.
Le pilote Richard Ashby et le navigateur Joseph Schweitzer ils étaient accusé de meurtre homicides multiples et homicides involontaires. Leur ligne défensive reposait sur deux arguments principaux : le prétendu insuffisance des cartes aéronautiques fournie à l’équipage, qui selon la défense n’indiquait pas clairement la présence du téléphérique, et un hypothétique dysfonctionnement de l’altimètre radar ce qui aurait induit les pilotes en erreur sur l’altitude réelle.
Bien que la commission d’enquête italienne ait fourni des preuves accablantes sur le violation des quotas minimaux (soulignant que, indépendamment de la présence d’un téléphérique, voler à cette altitude était illégal) et sur la parfaite visibilité des obstacles par temps clair, le jury militaire américain a émis une verdict d’acquittement pour toutes les accusations liées au massacre. Ashby Et Schweitzer ont été reconnus coupables de entrave à la justice et conduite indigne d’un officier après la destruction du matériel vidéo.
La sanction était toutefois limitée à rayonnement du Corps des Marines: Ashby il a été condamné à une simple peine de prison 6 mois (ne servant que 4), sans aucune condamnation directe pour la mort des vingt victimes de Cermis.