« I Wish You Well » parle de la difficulté pour un adolescent queer de se sentir accepté
« Je vous souhaite tout le meilleur » est un film qui remplit une tâche bien précise. Il appartient en fait à cette tendance adolescente d’un cinéma fait sur mesure comme un confessionnal, entre miroir identificatoire et pulsion motivationnelle. Sur la trace du récit de l’apprentissage, au centre se trouvent de jeunes lycéens qui découvrent souvent leur orientation sexuelle et commencent à se poser des questions sur leur identité, sur le rapport entre leur intériorité et le monde extérieur.
Même s’il sortira en salles à partir du 18 juin après une avant-première au Festival du Film de Taormina 2026, il s’agit d’un genre prêt à l’emploi pour le streaming, qui appelle à une dimension « protégée », un cocon dans lequel se réfugier et dans lequel peut-être trouver des personnages et des situations à rejoindre. En bref, c’est un cinéma qui peut contribuer à mettre de l’ordre dans ce nuage électrique d’avoir seize ou dix-sept ans, mais qui exprime surtout sa connotation « pour la société » sous forme narrative.
De quoi s’agit-il, je te souhaite tout le meilleur
Je vous souhaite tout le meilleur, écrit et réalisé par le nouveau venu Tommy Dorfman, est à l’intérieur de cette clôture, remplissant ni plus ni moins que les tâches et devoirs d’appartenance au genre. Et comme il s’agit d’un genre qui suit de près les fluctuations sociales, la seule vraie particularité du film est qu’il trace une partie supplémentaire du spectre de ce qu’on appelle le « queerness ».
Au début, tout le monde pense que Ben (Corey Fogelmanis) est gay. Il se réprime entre les écouteurs, la musique déprimée, les animes, la capuche toujours tirée sur la tête. C’est le tourbillon et les tourments de l’adolescence au collège exprimés au sens figuré au nième degré. Lorsqu’il essaie de s’ouvrir à ses parents, ceux-ci le rejettent et il s’enfuit de chez lui, se réfugiant chez une sœur (Alexandra Daddario) qu’il n’a pas vue depuis de nombreuses années, qui a également quitté la maison en raison du climat moraliste et oppressif.
Mais en réalité, Ben s’avoue vite comme « non binaire », c’est-à-dire comme une personne qui ne s’identifie ni au genre masculin ni au genre féminin. L’étape supplémentaire dans Je vous souhaite tout le meilleur ne porte donc pas sur la découverte de votre propre orientation sexuelle, mais plutôt sur la difficulté de se placer dans l’échiquier multiforme de l’identité, de comprendre comment habiter un entre-deux où la frontière est mobile et non fixe.
Une histoire de découverte d’identité sans flashs
Or, ce n’est pas un film de Lukas Dhont – qui a présenté le très apprécié Coward au dernier Festival de Cannes. Il ne s’agit pas d’un travail raffiné, complexe ou superposé. C’est un film qui au début doit dire les choses et qui arrive à les dire en prenant le moins de tours possible.
Ainsi le drame du sentiment d’incompréhension et le thème de la représentation sont et restent des messages révélés en surface, mis en thèse et imposés au spectateur avec une clarté presque forcée. C’est le but et aussi le problème de ce genre, qui, visant l’essentiel, se déplace dans la plupart des cas – et je vous souhaite le meilleur ne fait pas exception à la règle – au son de slogans lancés partout et avec une histoire de jeunes, de leurs manières d’être et de parler qui frise étroitement le sentiment d’être faux.
Là où l’important reste de dire que pour chaque côté obscur de l’existence, il y en a toujours un clair. Que pour chaque génération ignorante et stupide, il y en a une autre qui essaie, même avec des difficultés légitimes, de comprendre et de comprendre. Que pour chaque membre bigot de la famille, il y a aussi des professeurs sympas (Lena Dunham) et une jeunesse ouverte, engagée, fluide, avec une sensibilité étendue aux différentes formes d’être.
Le chemin de découverte et de libération de Ben a sa propre cohérence, et nous devons également reconnaître une bonne fin, qui, assez incroyablement, ne choisit pas la réconciliation à tout prix, ne choisit pas de régler les différends, mais place un point-virgule avec lequel une porte reste ouverte sans accorder de pardon inconditionnel. Je vous souhaite tout le meilleur pour la conformation reste mais sous cloche de verre, qui le confiera à son public qui existe certes, mais qui n’a pas grand-chose à offrir à tout le monde.
Note : 5,5
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