Il y a du courrier pour vous : le géant est blessé, mais pas renversé. Sa « crise » peut (aussi) être lue comme une bonne nouvelle
« Fermeture anticipée », « crise ». Juxtaposer ces mots avec « You’ve Got Mail » est choquant, mais c’est ce qui s’est réellement passé cette saison. Malheur à vous si vous la qualifiez d’échec ou de malheur, car face à certains chiffres, l’opération peut honnêtement paraître ridicule. Il existe cependant une baisse claire et frappante à analyser, qu’il serait tout aussi erroné d’ignorer que l’inverse.
Cette année, le format semblait incontestablement délavé, moins central et moins emblématique dans le débat télévisuel. C’est la faute de facteurs externes et aussi d’une construction qu’il est légitime, un quart de siècle après son lancement, de considérer comme révisable et réparable.
Rai 1 compétitif
« You’ve Got Mail » s’est d’abord adressé à une Rai 1 enthousiaste, déterminée pour une fois à rivaliser sur un pied d’égalité. Et c’est ainsi que contre le géant, « The Voice Kids » est entré sur le terrain. Toujours derrière pendant cinq épisodes, il a pris de façon sensationnelle la tête de la finale, lorsque le spectacle de talents d’Antonella Clerici a totalisé 3.382.000 spectateurs et une part de 23,4% par rapport aux 3.272.000 spectateurs et 22,1% du programme de Canale 5.
Rien de sensationnel si ce n’était le people show de Maria De Filippi qui avait cédé, après avoir fait ses débuts le 10 janvier précédent avec 4,4 millions et 28,6%. De là un déclin constant, face au retour surprenant de la Rai 1, qui a marqué justement dans l’épilogue de la Saint-Valentin.
Le géant est blessé
Le rachat du 21 février suivant (3,9 millions et 28,4%) n’a pas été d’une grande utilité, tout comme l’exploit post-Sanremo du 7 mars (3,8 millions et 27,1%). Dans l’imaginaire collectif, le géant avait été blessé.
Un peu comme Ivan Drago, imbattable et insubmersible sur le papier, qui choque tout le monde dès la première tache de sang qui apparaît sur son visage. Une comparaison qui colle parfaitement, à la seule différence que « You’ve Got Mail » n’a pas encore terminé son exécution.
Il y a ceux qui paieraient pour obtenir certains chiffres, ceux qui transpirent pendant des années et ne s’en approchent même pas. Pourtant, on demande à De Filippi la perfection, la gloire éternelle, une conduite qui ne conçoit pas les baisses de tension et les faux pas.
Fermeture anticipée
L’envie de se dire au revoir une semaine plus tôt a alors alimenté les nuages au fil de l’émission. Une opération qui, par rapport à la discussion précédente, a donné une lecture déformée de toute la saison de « You’ve Got Mail ».
Compte tenu de la réponse de samedi dernier, avec « Sanremo Top » en retard de sept points de pourcentage, le people-show n’aurait rencontré aucun obstacle, même face à la deuxième nomination de Carlo Conti. En amont, cependant, il y aurait un entrepôt vidé en raison du montage non linéaire effectué dans les épisodes passés, qui laissait dans les tiroirs des histoires jugées peu captivantes et indignes de rester plus longtemps à l’antenne.
Il y a une bonne nouvelle
« Vous avez du courrier » retournera donc aux stands et subira très probablement un restylage. Et cela ne veut pas dire que tout cela doit être interprété comme une mauvaise nouvelle. Les crises peuvent souvent être saines et fonctionnelles dans l’ajustement de l’objectif, exactement comme cela s’est produit récemment avec « Tu si que vales », qui renaît de ses cendres après un évident aplatissement du contenu.
Plus que sur des histoires avec des gens ordinaires, « There’s Mail » devra évaluer l’utilité concrète de l’implication de célébrités, désormais plongées dans un schéma réitéré et ennuyé de « surprises ». En ce sens, il faudrait regarder en arrière et peut-être déterrer des situations similaires à celle de l’ex-nounou de Piero Fassino qui a contacté la rédaction pour embrasser à nouveau après quarante ans la secrétaire de la DS de l’époque, ou de Sabrina Ferilli recherchée par son ex-petit ami qui l’a quittée et qui est revenue à genoux et repentante.
Si De Filippi et les auteurs savent écouter les sirènes et évaluer le signal d’alarme dans le bon sens, ce déclin n’aura pas forcément été un mauvais chapitre à effacer.