Là comète interstellaire 3I/ATLASdécouverte le 1er juillet 2025, serait une découverte archéologique très ancienne de notre Voie Lactée, probablement originaire du disque épais de notre galaxie entre Il y a 10 à 12 milliards d’années et une limite d’âge supérieure même à 13,6 milliards d’annéesc’est-à-dire très proche du Big Bang (il y a 13,8 milliards d’années). C’est ce qu’indique une étude – actuellement en cours d’examen pour Nature – publié le Place de la rechercheréalisée à partir d’observations réalisées avec le télescope spatial James Webb en décembre 2025. À titre de comparaison, le Système solaire n’a « que » 4,6 milliards d’années, et avec lui toutes les comètes que nous connaissons et avons observées : cela donnerait 3I/ATLAS la plus vieille comète jamais découverte. Un fait qui ajoute du charme à un corps céleste déjà d’un grand intérêt scientifique, qui s’est retrouvé ces derniers mois au centre d’une affaire médiatique en raison des déclarations de l’astrophysicien de Harvard. Avi Loeb – démenti par la communauté scientifique – sur son origine extraterrestre fantôme.
L’âge de la comète a été estimé en étudiant son composition chimique. James Webb est en effet capable de décomposer la lumière provenant d’un objet céleste avec énormément de détails pour mettre en évidence les « signatures » des éléments chimiques qui le composent. C’est une technique appelée dans le jargon spectroscopieutilisé dans ce cas pour étudier les abondances de isotopes de divers éléments chimiques. Les différents isotopes d’un élément chimique sont des atomes qui, dans leur noyau, possèdent le même nombre de protons (qui identifient en fait l’élément chimique) mais un nombre différent de neutrons. De nombreux isotopes sont instablec’est-à-dire qu’ils ont tendance à se désintégrer spontanément en isotopes plus légers (ou atomes d’éléments chimiques plus légers). En mesurant l’abondance d’un certain isotope et en connaissant son temps de décroissanceles astronomes sont capables de mesurer – bien qu’avec un certain degré d’incertitude – l’âge d’un corps céleste comme 3I/ATLAS.
Les analyses réalisées ont révélé que la comète 3I/ATLAS a une composition très différente des comètes du système solaire. Ce fait n’est pas surprenant puisqu’il s’agit d’une comète formée dans un autre système stellaire. Par exemple, les atomes d’hydrogène des molécules d’eau contenues dans la comète sont en quantité importante sous forme de deutériumun isotope de l’hydrogène avec un neutron au lieu de aucun : l’eau de 3I/ATLAS contient bien plus de deutérium que celle des comètes « locales ». Même la quantité de carbone 13 (isotope du carbone à 7 neutrons) par rapport au carbone 12 plus courant (6 neutrons) est décidément inhabituel par rapport à ce qui est observé dans le système solaire. En analysant ces données à la lumière des modèles d’évolution chimique de notre galaxie, les astronomes ont donc pu retracer l’âge estimé de 10-12 milliards d’années.
C’est intéressant car, étant donné l’abondance de molécules prébiotiques trouvés dans la comète (molécules, c’est-à-dire précurseurs de biomolécules), ce type de chimie complexe était déjà disponible dans la Voie Lactée primordiale. Cela nous permet non seulement d’en apprendre davantage sur ce visiteur interstellaire (le troisième jamais découvert après l’astéroïde ‘Oumuamua et la comète Borissov), mais cela peut aussi nous aider à faire la lumière sur les premières phases – encore largement méconnues – de notre galaxie.
La comète 3I/ATLAS, découverte en juillet 2025, a atteint sa plus grande proximité avec le Soleil le 29 octobre et sa plus grande distance avec la Terre le 19 décembre. Il se trouve désormais à proximité de Jupiter: elle atteindra aujourd’hui sa distance minimale de la géante gazeuse, puis s’éloignera de plus en plus et sortira du système solaire dans les mois à venir.