« Met Gala », les bulletins des looks : Nicole Kidman au sommet (10), Madonna ratée (3), statue d’Heidi Klum (4)
« Fashion is Art » était le code vestimentaire du Met Gala 2026. Et c’est exactement comme cela, comme l’expression artistique de la mode la plus spectaculaire, qu’il faut regarder les looks portés sur scène par les protagonistes de l’empyrée du star system. Monté sur scène, oui, pas seulement porté, car pour défiler sur le tapis rouge déroulé chaque année sur les marches du Metropolitan Museum de New York, il ne suffit pas de se déguiser, d’enfiler une petite chose vaguement originale et de repartir convaincu d’avoir atteint l’objectif. Mais pas du tout.
Ici il faut oser, se glisser dans les mailles d’une exagération faite de tissus et de paillettes, de chapeaux, de fourreaux. Et celui qui a le plus d’inventivité, plus il s’investit dans ce spectacle hyperbolique, car l’objectif est de rester dans la mémoire de ceux qui regardent, des spectateurs devenus de plus en plus exigeants à considérer quelque chose de vraiment jamais vu comme une merveille.
Beyoncé, Nicole Kidman, Madonna, Heidi Klum, Venus Williams. Et puis Margot Robbie, Kim Kardashian, Anne Hathaway, Katy Perry : les divas présentes à l’événement, né en 1948 d’une collecte de fonds qui inaugurait l’exposition annuelle du Metropolitan Museum of Art chaque premier lundi de mai et devenue une cérémonie à l’énorme médiatisation, étaient nombreuses et toutes conscientes d’être de magnifiques pièces d’une mosaïque savamment gérée par Anna Wintour, ancienne directrice de Vogue USA, directrice discrète d’une soirée aux chiffres stratosphériques : environ 500 invités soigneusement sélectionnés. par le toujours puissant organisateur, 100 mille dollars à payer pour un seul siège, plus de 300 mille pour une table. Des prix qui, comme toujours, comprenaient l’avant-première de l’exposition printanière ‘Costume Art’ au Metropolitan Museum of Art, le cocktail, le dîner et l’accès à la fête la plus élitiste de l’année.
Ci-dessous se trouve notre podium des looks les plus spectaculaires, élaboré en considérant que jamais plus que dans ce cas les paramètres du goût ne doivent être atténués par le caractère exceptionnel de l’occasion où l’excès est une condition indispensable pour un résultat formidable.
Le plus haut podium
Nicole Kidman. La robe Chanel haute couture recouverte de sequins rouges a réussi à la maintenir, incroyablement, au seuil du raffinement, à un pas de l’exagération que ne faisaient que menacer les plumes d’un oiseau indéfinissable. Compte tenu de la rigidité des paillettes, on pense que l’actrice n’a jamais pu s’asseoir pendant la soirée, mais l’éblouissant effet cariatide valait bien l’éventuel mal de dos posthume. Votez 10.
Beyoncé. Quiconque choisit une robe sirène avec des milliers de cristaux pour définir la forme d’un squelette, la porte avec une coiffe en diamants, une cape au plumage envahissant et même des créoles sous des cheveux bouclés et gonflés ne peut le faire que si elle est reconnue comme l’une des plus grandes pop stars du 21e siècle. Il semble que le look ait été conçu pour célébrer ce que Dieu nous a donné. Amen donc, Reine Bey. Note 8.

Anna Wintour. Qui sommes-nous pour ne pas considérer la femme devenue vestale de la mode brillante comme digne des plus hautes marches du podium ? Dans un autre contexte, le contraste noir-bleu sarcelle aurait produit au moins une certaine perplexité, mais au Met Gala (qui est sa maison), cette combinaison de nuances est une touche d’extravagance considérable. Être apprécié pour avoir rendu tout vaguement agréable et donc être honoré d’un 7, comme un acte de foi aveugle dans tout ce qu’il porte.

Le podium des flops
Heidi Klum. Elle ne s’habillait pas, elle se transformait en quelque chose qui ne laissait personne imaginer qui pouvait se trouver sous une robe qui rappelait le Christ voilé. L’effet créé par le génie du maquillage Mike Marino était étonnant, mais ici, il fallait choisir entre interpréter l’art ou s’annuler pour le mettre en valeur. Et dans ce cas, il est clair quel chemin a été suivi. Note 4.

Madone. Scénographique par excellence, théâtrale par définition, icône du récit qui le transmet ainsi à la postérité, la chanteuse vêtue de noir apportait avec elle une dose d’inquiétude triomphante. Pour l’atténuer seulement les couleurs pastel des robes de ses demoiselles d’honneur, appelées à tenir son manteau avec une expression joyeuse comme celle d’un hibou soudainement réveillé par le klaxon d’une voiture. Note 3.

Serena Williams. La robe argentée aux détails dorés semblait trop lourde, même dans une occasion où tout doit être trop lourd pour exister. Le site Harper Bazar affirme que ce look était un hommage à sa sœur Venus qui a fait ses débuts en tant que co-présidente de l’événement Met Gala, mais l’opinion est qu’il est allé trop loin avec l’explosion d’affection. Le détail de la montre au poignet augmentait encore la difficulté d’apprécier l’ensemble. Note 3.
