En Hongrie, Orban a toujours les pleins pouvoirs, il pourra continuer à gouverner par décrets

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a reçu le feu vert du Parlement pour prolonger de six mois la possibilité de gouverner par décret. Cette décision était justifiée par la prolongation de l’état d’urgence dû à la guerre en Ukraine, prolongé jusqu’en mai 2025.

La décision ne sera certainement pas bien accueillie à Bruxelles, où la centralisation excessive du pouvoir entre les mains du président hongrois a déjà provoqué plusieurs heurts. L’UE a déjà suspendu le versement d’environ 20 milliards d’euros de financement destiné à la Hongrie en raison de problèmes liés au (non) respect de l’État de droit dans le pays.

La capacité du Premier ministre à légiférer par décret est courante dans toutes les démocraties dans les moments critiques, mais les critiques estiment que le dirigeant hongrois abuse de ce pouvoir et, dans le passé, il avait eu recours à ce mécanisme pour centraliser le pouvoir entre ses mains. En 2016, l’urgence a été identifiée dans la crise migratoire et en 2020, le même pouvoir lui a été confié en raison de la pandémie.

Certaines ONG, dont Amnesty International, ont déclaré que les lois sur l’état d’urgence avaient été détournées pour éroder les contrôles d’autres organismes et qu’elles avaient peu à voir avec la guerre en Ukraine.

Cependant, signe de détente avec l’UE, hier (lundi 4 novembre), le Parlement hongrois a modifié la législation qui plaçait des hommes politiques de haut niveau, dont certains ministres d’Orbán, à la tête des fondations qui gouvernent les universités publiques. Les nouveaux changements interdisent aux hauts fonctionnaires d’assumer de tels rôles et imposent des limites de mandat aux administrateurs. La loi précédente avait incité l’UE à suspendre 21 universités hongroises du populaire programme Erasmus, avec des conséquences pour des milliers de Hongrois étudiant ou souhaitant étudier dans un autre État membre. De plus, les chercheurs universitaires ont été exclus des projets financés par l’UE.