Les parcs modernes sont très différents des zoos d’autrefois : il n’y a plus de cages avec des barreaux métalliques, mais des espaces spécialement conçus pour les animaux, avec des barrières naturelles qui maintiennent une distance de sécurité entre eux et les visiteurs. Mais comment ces habitats sont-ils conçus et construits ?
Comment est construit l’habitat du lion
Commençons par l’habitat du lion, le roi de la savane. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi une très haute falaise est construite au sein de son habitat ? Et bien parce que le lion, de par sa nature, est un animal qui préfère les positions élevées : construire une falaise n’a donc pas un simple but scénographique, mais a une fonction fondamentale pour les habitudes de l’animal.

Les dimensions de l’habitat ne sont pas choisies arbitrairement par le parc, mais doivent toujours respecter la réglementation établie par l’EAZA, c’est-à-dire l’Association européenne des zoos et aquariums. À l’intérieur, il doit y avoir des zones d’ombre, particulièrement utiles en été, et des zones plus ensoleillées pour les animaux habitués à s’allonger au soleil. Il doit y avoir des zones de végétation plus dense où les animaux peuvent se cacher et des bassins d’eau où ils peuvent nager et se rafraîchir. En effet, l’aspect fondamental est la diversification : un habitat ne doit pas seulement être suffisamment grand, mais doit également contenir différentes zones, chacune ayant une fonction spécifique.
Une question qui pourrait se poser est la suivante : les arbres, les rochers et les plantes sont-ils ceux que les animaux trouveraient dans leur environnement naturel ? La réponse est non : cela n’est pas toujours possible en termes de durabilité et de contexte environnemental et climatique. De nombreux éléments naturels proviennent donc de milieux plus proches, mais remplissent la même fonction identique à ceux présents dans l’habitat naturel, c’est-à-dire garantir le bien-être et les besoins spécifiques des animaux.
Que sont les avoirs et à quoi servent les enrichissements ?
L’espace interne d’un habitat, ou l’endroit où les animaux trouvent refuge la nuit ou dans toute autre situation de nécessité, est tout aussi important. Ces espaces intérieurs sont appelés « holdings » et sont également soumis à la réglementation EAZA. À l’intérieur d’eux se trouvent des systèmes de chauffage et de refroidissement qui garantissent que la température est toujours maintenue dans une certaine plage. Ici, les animaux trouvent de l’eau, de la nourriture et d’autres objets ayant un but très particulier. En effet, pour avoir un habitat 100% fonctionnel, il ne suffit pas de tout construire correctement. Il y a aussi un travail, que les biologistes du parc effectuent quotidiennement, pour ajouter des éléments en constante évolution. Ils sont appelés enrichissements et servent à stimuler les comportements naturels de chaque espèce animale.

Il existe des enrichissements pour manger, jouer, gratter, nager ou stimuler l’instinct de prédateur. La nourriture, par exemple, n’arrive jamais d’un coup, mais est distribuée tout au long de la journée en respectant les rythmes biologiques de l’animal. Et il est aussi caché, donc l’animal doit travailler pour le chercher. Ces enrichissements font généralement partie d’un programme mis à jour périodiquement. Par exemple, il peut y avoir un enrichissement dans lequel le toucher est stimulé, puis un autre dans lequel l’accent est mis sur l’odorat, etc.
Entretien des habitats d’un parc zoologique
Construire puis maintenir en activité de tels environnements particuliers est certainement l’un des plus grands défis au sein d’un parc zoologique. Pensez simplement aux travaux constants de plomberie, de menuiserie ou de jardinage qui sont nécessaires. L’une des tâches les plus complexes du Zoom Bioparco de Turin est sans aucun doute de maintenir la propreté du bassin des hippopotames.

Si le nettoyage de la partie en surface est un travail fatiguant, mais somme toute facile, pour la partie immergée, la chose devient beaucoup plus compliquée. Sous l’habitat se trouve en effet un gigantesque système de filtration et de purification de l’eau qui pompe 130 000 litres par heure. Un nettoyant sépare la partie solide de la partie liquide, qui passe ensuite à travers des filtres biologiques, des filtres à charbon et des filtres à rayons UV. 30/40% de cette eau est également traitée à l’ozone, un traitement bien plus complexe que le chlore classique de nos piscines. Comme si cela ne suffisait pas, à tout cela s’ajoute le travail manuel des ouvriers du parc, qui chaque matin s’immergent avec des pompes aspirantes pour nettoyer chaque recoin de cet habitat si particulier.
L’importance d’un bioparc pour la conservation des espèces animales
La raison principale de l’existence des parcs zoologiques est liée à la conservation des espèces : de nombreux parcs zoologiques européens font partie d’un réseau unique, l’EAZA, et chaque espèce a son propre coordinateur qui s’occupe du recensement des individus et de leur reproduction, regroupant les individus ayant un potentiel de reproduction dans une même structure afin de protéger les espèces en danger d’extinction. Une chose importante à préciser est que les animaux hébergés dans ces parcs ne sont pas issus de la nature, mais sont nés au sein des structures zoologiques depuis plusieurs générations. Beaucoup de ces animaux sont en danger d’extinction, car leurs habitats sont menacés par le braconnage, les guerres ou la crise climatique, et font donc partie d’un programme de conservation.

Mais au-delà de cela, prendre soin de ces espèces nous donne également l’opportunité importante de les étudier, afin de pouvoir développer des programmes de conservation à appliquer ensuite dans la nature, comme cela se produit à Turin grâce aux recherches de la Fondation Zoom. Enfin, recevoir des visiteurs n’est pas seulement un moyen de financer ces recherches. C’est aussi une manière de transmettre aux populations, notamment aux nouvelles générations, la connaissance et le respect de la biodiversité.