Imaginez couvrir toute la superficie occupée par la ville de Paris avec panneaux photovoltaïques. Il s’agit de l’un des projets les plus ambitieux du gouvernement indien : parvenir à une production annuelle de puits 5 GW d’électricité propre d’ici 2030 avec 110 km² de panneaux solaires. L’emplacement choisi fait partie du Région spéciale d’investissement de Dholera (DSIR)une zone industrielle où sera construite une « ville intelligente » technologique dans le district d’Ahmedabad, au Gujarat.
Des dimensions sans précédent
Au total 11 000 hectares entièrement recouverts de panneaux photovoltaïques. C’est ce que le gouvernement indien a décidé de faire, afin d’assurer une production annuelle de puits 5 GW d’énergie propre à la population indienne. Dans ce mégaprojet, le principal défi technique auquel les concepteurs ont été confrontés était sans aucun doute de gérer le transport d’une si grande quantité d’énergie sans pertes excessives le long des câbles.
Les caractéristiques géophysiques de la zone représentaient également un défi important, qui a obligé les concepteurs à adopter des solutions d’ingénierie intéressantes. La zone de Dholera est située dans Golfe de Khambhat, une zone caractérisée par des sols boueux, des marais salants et des inondations fréquentes pendant les moussons.
Contrairement aux parcs solaires situés dans des déserts rocheux, les ingénieurs de ce projet ont dû concevoir des systèmes de montage capables de résister aux corrosion saline extrême. Les structures porteuses des panneaux photovoltaïques sont ensuite traitées avec galvanisation à chaud renforcé pour éviter que le sel ne s’effrite en quelques années.
Pour ancrer les panneaux au sol boueux, une série de poteaux ont été utilisés, enfoncés à des profondeurs spécifiques afin d’éviter de « soulever » ou de couler pendant la saison des pluies.
Comment fonctionne le système : technologie à haut rendement
Dholera est sans aucun doute, et à juste titre, un véritable terrain d’expérimentation des dernières solutions technologiques dans le domaine des panneaux photovoltaïques. En ce sens, en effet, de nombreuses sections utilisées utilisent des panneaux bifaciaux capables de capter non seulement l’énergie solaire directe, mais aussi celle réfléchie par le sol. En effet, d’un point de vue chromatique, le sol se caractérise par des nuances claires, et donc capable de réfléchir beaucoup de lumière, avec une augmentation drastique de l’énergie électrique produite.
Pour maximiser l’exposition, les panneaux tournent en suivant la trajectoire du soleil d’est en ouest. Un autre problème que les concepteurs ont résolu est sans aucun doute celui de la poussière. En effet, il faut dire que, grâce à la poussière qui est certainement présente en grande quantité dans les zones désertiques, il existe un risque de réduction de l’efficacité d’au moins 25 à 30 % après seulement quelques jours de nettoyage. Afin de résoudre le problème, les concepteurs ont donc décidé de rendre les opérations de nettoyage des panneaux entièrement mécaniques, avec l’utilisation de drones terrestres. En effet, ces drones glissent sur les panneaux pendant la nuit et, grâce à des brosses en microfibres et des vibrations ultrasoniques, sont capables d’éliminer la saleté accumulée.
L’impact économique
Publié dans Région spéciale d’investissement de Dholera (DSIR)ce projet est conçu comme le moteur qui alimentera la première véritable « ville intelligente » industrielle du pays. Ce projet ne concerne pas seulement la production d’électricité, mais s’inscrit dans une transformation plus large, et certainement plus profonde, de l’industrie indienne.
Le projet a en effet déjà bien séduit 250 milliards de roupies d’investissements, environ 3 milliards de dollars. En ce sens, des entreprises comme Puissance Tata Et Gujarat Urja Vikas Nigam ont déjà choisi d’y implanter leurs installations industrielles, attirés par la possibilité d’y puiser une électricité propre et constante.
Un autre grand avantage économique induit par la réalisation de ce méga projet est celui relatif à la création d’emplois. On estime que l’ensemble de l’écosystème de Dholera créera davantage de 20 000 emplois directs et induit. Il ne s’agit pas seulement de maintenance des panneaux, mais aussi de recherche et développement, de gestion des réseaux intelligents et de surveillance de la production d’énergie par l’IA.