Chiot « adopté » par une meute de loups en Grèce : pourquoi c’est un événement rare à surveiller

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Un chiot était adopté par une meute de loupscomme en témoignent plusieurs vidéos qui deviennent populaires sur le Web. La nouvelle décidément inhabituelle vient de Grèce et le phénomène a été observé par un groupe de chercheurs de l’Université Aristote de Thessalonique, dirigé par le Dr Theodoros Kominos, qui mène depuis quelques années le projet de recherche Canis Project dédié au loup (Chien lupus) et le chacal doré (Canis doré), dont les informations sont partagées avec le public via une page Facebook dédiée. La découverte a eu lieu grâce à une série de vidéos capturées avec pièges photographiques et les drones, qui montrent clairement un chien chiot à fourrure blanche suivant une meute de loups et parfaitement attaché au groupe. L’événement est tellement inhabituel et sans précédent documentées pour inciter les chercheurs à procéder avec prudence dans l’interprétation de ce phénomène.

Intégration en Grèce

Theodoros Kominos et un groupe de chercheurs de l’Université Aristote de Thessalonique sont impliqués depuis longtemps dans la surveillance des grands carnivores tels que le loup et le chacal doré dans la région de Macédoine centrale en Grèce. Avec le projet de recherche Canis Project, l’équipe analyse notamment les phénomènes de interaction entre les loups et les chacals dorés et il a noté des moments de différence entre les deux espèces alimentation communeavec des spécimens se nourrissant ensemble de carcasses de bétail, des espaces de repos partagés, signe d’un bon degré de tolérance et les moments de rencontre où les individus des deux espèces se trouvaient dans un rayon de 50 m.

Depuis environ un an, les chercheurs suivent notamment une meute de loups, en l’observant à l’aide de drones équipés de caméras thermiques, de caméras thermiques portables et de pièges photographiques. Précisément dans ce pack, il y a des mois, un groupe avait rejoint chien chiot manteau noir qui n’avait pourtant pas résisté aux rigueurs de l’hiver. Maintenant, un chiot s’est approché à nouveau, cette fois avec une fourrure blanche, qui a probablement rejoint la meute près d’un carnage (zone où les agriculteurs déposent les carcasses d’animaux morts) fréquentée par diverses espèces comme point d’alimentation. D’après ce que l’on peut voir dans les vidéos, le chien suit les adultes et joue avec les jeunes loups, a été conduit par une femelle adulte jusqu’à un point d’eau et a reçu quelques os d’un spécimen mâle. Évidemment, le phénomène devra être surveillé attentivement pour comprendre s’il est coexistence simple ou une véritable adoption.

Le phénomène d’adoption entre différentes espèces

Les phénomènes d’adoption de chiots entre espèces différentes sont assez rares, mais dans certains cas documentés. Par exemple, un programme de suivi mené sur une population de merles européens (Turdus merula)a mis en évidence les comportements de Merles mâles nourrissant des poussins à ailes rouges (Turdus pilaire) à partir de 5 jours et jusqu’à quelques jours après leur envol. Au même moment, la femelle merle et les deux parents à ailes rouges ont été observés respectivement en train de nourrir leur progéniture. En fait, les merles font partie des espèces qui le plus souvent, ils nourrissent les jeunes d’autres espèces et les jeunes présentent davantage ce comportement que les hommes ou les femmes plus âgés. De cette manière, ils acquièrent probablement de l’expérience pour leurs reproductions ultérieures.

Des phénomènes d’adoption ont également été observés chez les Cétacés (auxquels appartiennent les baleines, les dauphins, les épaulards et les rorquals communs). En général, les grands dauphins (Tursiops truncatus) ont été observés en activité avec des baleines à bosse à la recherche de nourriture ou en train de jouer, comme le documente une étude d’août 2025 publiée dans Découvrez Animal. Une autre étude a notamment documenté un cas d’adoption chez un petit enfant communauté de grands dauphins communs (Tursiops truncatus) dans un atoll de Polynésie française. Une femelle de ces dauphins a adopté un bébé baleine à tête de melon (Peponocephala electra), tout en élevant sa progéniture. Il s’agissait d’une femelle primipare (sa première naissance) et peut-être ont-elles joué un rôle dans l’adoption caractère de l’animal et sa mauvaise expérience en tant que mère. D’autres formes d’adoption interspécifique chez les mammifères ne sont pas scientifiquement documentées, cependant le cas de l’enfant sauvage demeure, élevé dès son plus jeune âge par une meute de loups dans la jungle indienne.

Le risque d’hybridation entre loups et chiens

En parlant de relations entre chiens et loups, nous devons considérer qu’en réalité, chien (Canis lupus familier) dérive comme sous-espèce issue de la domestication du loup (Chien lupus), son ancêtre qui a commencé à interagir avec les humains il y a probablement entre 40 000 et 15 000 ans. Il y a donc entre le loup et le chien haute affinité génétique et il n’y a pas de barrière reproductiveà tel point qu’il y a des cas fréquents de hybridation dans les zones où il y a un taux élevé de chiens errants ou errants. En réalité, cela constitue un gros problème car cela implique un risque réel de perte de l’identité génétique du loup; c’est pour cette raison qu’on l’étudie et qu’on tente de le contrôler en Europe également à travers des projets spécifiques, comme le projet MIRCO des Apennins toscans-émiliens, financé par le programme LIFE de l’Union européenne.