Ce que votre adresse IP et vos identifiants révèlent vraiment sur vous : les nouvelles méthodes de traçage en ligne décryptées
Vous pensiez qu’ouvrir une page web était aussi anonyme que se balader dans un supermarché avec des lunettes de soleil et une fausse moustache ? Raté ! Sur Internet, votre adresse IP et vos identifiants en disent plus long sur vous que votre profil LinkedIn. Et ça, c’est avant même d’avoir cliqué sur « Accepter les cookies ».
Adresse IP : la carte grise de votre navigation
L’adresse IP, c’est ce numéro unique que vous attribue votre fournisseur d’accès Internet dès que vous vous connectez au réseau. Un simple chiffre, mais qui permet de faire circuler les informations et d’afficher du contenu sur votre appareil (oui, même ces publicités pour des baskets fluo que vous n’avez jamais voulu acheter).
Cependant, elle n’est pas systématiquement spécifique à votre appareil : plusieurs périphériques sur le même réseau peuvent partager la même adresse IP, et celle-ci peut changer avec le temps. Bref, ce n’est pas l’empreinte digitale parfaite, mais elle est cruciale pour « router » les données.
Et ce n’est pas tout : votre adresse IP ouvre aussi la porte à une approximation de votre localisation (par exemple, dans un rayon d’au moins 500 mètres). Autant dire qu’on ne saura pas si vous êtes en train de danser dans votre salon ou vautré sur votre canapé, mais la rue ou la zone, c’est dans la poche.
Identifiants, cookies et amis plus ou moins discrets
Faisons connaissance avec l’identifiant d’appareil, cette « chaîne unique de caractères » générée via un cookie, ou d’autres formes de stockage. Il sert à reconnaître votre appareil ou votre navigateur, aussi bien sur un site précis que d’un site à l’autre ou d’une application à l’autre.
- Création de l’identifiant : généralement, via cookie ou technologie équivalente.
- Utilité : reconnaître un appareil sur la durée, même si vous changez de page ou de service.
- Stabilité : peut persister, même après plusieurs sessions.
Mais aujourd’hui, la technologie va plus loin avec des identifiants dits probabilistes. En croisant des infos techniques (type de navigateur, système d’exploitation, adresse IP…), on crée une empreinte qui distingue les appareils les uns des autres. On peut encore raffiner la chose – si vous l’acceptez – en prenant en compte la ou les polices installées, la résolution d’écran, etc. Résultat : un profil pas tout à fait unique, mais assez précis pour vous reconnaître d’un site l’autre, même si vous refuser les cookies façon ninja des RGPD.
Ce que votre « vous » numérique laisse derrière lui
Votre navigation ne s’arrête pas à votre IP. Vos activités en ligne sont une mine d’informations : sites visités, applications utilisées, contenus recherchés, interactions avec des publicités. Tout est noté, compté, analysé. Les régies connaissent :
- Le nombre de fois où vous avez vu une publicité ou un contenu particulier.
- Si vous avez cliqué sur telle offre ou préféré ignorer les baskets fluo (encore elles !).
Ajoutez à cela les infos que vous déclarez dans des formulaires : âge, profession, commentaires laissés… Autant de données qui forment votre identité numérique au fil des clics.
Mieux encore : à partir de cette activité, certaines caractéristiques peuvent être déduites ou modélisées : vos centres d’intérêt (avoués ou pas), vos intentions d’achat, voire votre profil de consommateur. C’est la magie (ou la ruse ?) du ciblage publicitaire complexe : on ne lit pas dans vos pensées, mais ce n’est pas loin.
Connexion, authentification et reconnaissance multi-appareils
Quand vous vous connectez à un compte en ligne — par exemple via une adresse email ou un numéro de téléphone — ce sont d’autres identifiants qui entrent en scène. À partir de ces données « d’authentification », il devient possible de reconnaître un utilisateur sur plusieurs sites, applications et appareils, du moment que vous êtes logged in avec le même identifiant (Impossible de leur échapper, même si vous installez trois navigateurs différents !).
En résumé : sur Internet, il ne suffit pas d’effacer son historique ou de changer de pseudo pour filer incognito. L’adresse IP, les identifiants d’appareil, vos interactions et même les infos que vous fournissez sont autant de petits cailloux que vous semez… et que d’autres savent ramasser. Conseil d’ami : avant de cliquer frénétiquement, pensez à ce que vous partagez… Et gardez la moustache pour les selfies, ça marche rarement en ligne !