À 21 ans, je me bats pour qu’on reconnaisse ma légitimité de tutrice : les profs refusent d’y croire

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

À 21 ans, beaucoup jonglent avec les partiels, le loyer et les tutos cuisine de pâtes. Hunter Nelson, elle, jongle aussi… avec la parentalité. Oui, vous avez bien lu ! Mais derrière ce numéro d’équilibriste, elle se heurte à un obstacle inattendu : convaincre qu’elle a toute la légitimité d’être tutrice de sa sœur. Plongée dans le quotidien, pas si ordinaire, d’une sororité à fleur de peau.

Quand la vie impose ses propres règles

Hunter Nelson vit aujourd’hui dans le Kentucky, aux États-Unis. Rien ne la prédestinait, à seulement 21 ans, à devenir la tutrice légale d’une adolescente. Pourtant, les plans tout tracés n’existent souvent que sur le papier. Après la perte de leur père en 2015 puis, plus récemment, celle de la mère de sa jeune sœur Gracie, Hunter a dû prendre une décision radicale : assumer la tutelle de sa sœur cadette de 15 ans, pour lui offrir stabilité et sécurité, mais surtout beaucoup d’affection.

Sur ses réseaux sociaux, Hunter explique simplement son choix : « J’ai récemment demandé la tutelle de ma sœur parce que notre père est décédé en 2015 et sa mère est décédée il y a quelques mois. » Pour elle, la situation était évidente : déménager dans un autre État et vivre avec Gracie semblait la meilleure façon de lui garantir bonheur et sérénité, tout en répondant à ses besoins.

De TikTok à la réalité, une légitimité remise en question

C’est sur TikTok, via une vidéo visionnée plus de huit millions de fois (excusez du peu), qu’Hunter partage pour la première fois ses inquiétudes et questionnements liés à ce rôle de parent « bonus ». Sa sincérité émeut mais… ne va pas sans son lot de confusions !

Les internautes, calculatrice à la main et rideaux du doute entre-ouverts, s’interrogent : « Aviez-vous 6 ans quand vous avez eu un bébé ? » ou encore « Donc vous l’avez eue à 6 ans ? Je suis tellement confuse ! » Entre les spéculations et la réalité, il y a un monde. Lassée de voir circuler de telles rumeurs, Hunter clarifie vite : non, Gracie n’est pas sa fille biologique, mais sa sœur dont elle a obtenu la tutelle légale. Ouf !

Pas si simple, pourtant, d’apaiser tous les doutes au quotidien ni de gommer toutes les difficultés.

  • Être étudiante à temps plein
  • Bosser à temps (encore plus) plein
  • Prioriser sa sœur sur tout

La charge est immense, mais Hunter ne plie pas.

Scepticisme adulte et petits bonheurs

Et du scepticisme, elle en récolte. Hunter raconte : « Certaines personnes ne me prennent pas au sérieux. Je suis une jeune de 21 ans qui élève une fille de 15 ans et j’ai obtenu mon diplôme d’études secondaires il y a trois ans seulement. » Mais rien n’altère sa détermination : ce sont les petits bonheurs, comme le sourire de Gracie à la sortie de l’école, qui lui donnent la force d’avancer.

Dans cette aventure à triple casquette (étudiante, salariée et tutrice), Hunter récolte autant de marques de soutien qu’elle essuie de regards dubitatifs. « Je suis heureuse qu’elle vive avec moi et qu’elle soit en sécurité », confie-t-elle, bien décidée à tourner la page du scepticisme qui l’entoure.

Obtenir la tutelle de sa sœur à 21 ans en Caroline du Nord, rien d’illégal là-dedans, rappelle Hunter avec humour : « Oui, c’est 100 % légal ! » Pourtant, la légitimité ne se donne pas toujours si facilement, notamment du côté de l’école. Elle s’agace : « J’ai 21 ans et ma fille 15 ans : les professeurs de son école refusent de me prendre au sérieux. Ce n’est pas parce que je suis jeune qu’ils ne peuvent pas me prendre au sérieux. Les gens doivent s’en rendre compte ! »

Inspirer et ouvrir la voie

Heureusement, la voix d’Hunter résonne bien au-delà de sa communauté locale. De nombreuses personnes, touchées par son témoignage en ligne, la félicitent pour son courage ainsi que la maturité avec laquelle elle assume ce rôle. Hunter espère surtout inspirer et tendre la main à d’autres jeunes adultes propulsés tuteurs du jour au lendemain.

Être légitime ne dépend ni de l’âge, ni du regard des autres. Hunter le prouve chaque jour, à travers un combat fait d’amour, d’engagement familial et… d’un brin d’humour, toujours bienvenu pour faire avancer les choses. À tous les jeunes qui endossent trop tôt le rôle d’adulte, rappelons-le : on peut être jeune et parfaitement responsable. Même si certains mettent un peu de temps à s’y faire !