quels changements et les conséquences

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Nouvelles importantes pour ITER (Réacteur expérimental thermonucléaire international), Le réacteur expérimental à fusion nucléaire le plus grand du monde qui sera créé à Cadarache (France) grâce à une collaboration de scientifiques et d’ingénieurs de 35 pays. Une fois terminé, il pourrait être le premier grand réacteur à produire de l’énergie en exploitant le même phénomène physique avec lequel le Soleil et d’autres étoiles produisent de l’énergie. Comme l’a annoncé le directeur général du projet, Piero Barabaschile démarrage des opérations scientifiques est prévu pour 2034 et la date de production des réactions de fusion a été repoussée à 2039, avec un retard de 4 ans par rapport à la feuille de route précédente. Les raisons évoquées résident dans les ralentissements provoqués par la pandémie de COVID-19 et la nécessité de réaliser des travaux de réparation sur certains composants vitaux du futur réacteur. Ce retard aura très probablement aussi un impact non négligeable d’un point de vue économique : parlons-en 5 milliards de dollars supplémentaires respect à 20 initialement attribué.

Ce n’est pas la première fois que le projet ITER connaît des dérapages : les derniers retards ont été annoncés l’année dernière et depuis le début du projet en 2006, les dates ont été décalées à plusieurs reprises et les coûts ont augmenté en conséquence. C’est en fait normal pour des projets énormes et innovants comme ITER : pensez par exemple au télescope spatial James Webb de la NASA, qui a accumulé une décennie de retard, au cours de laquelle son budget a augmenté de 10 milliards. D’un autre côté, le télescope produit désormais des résultats scientifiques dépassant largement les attentes de la communauté scientifique. De ce point de vue, l’équipe ITER a géré les retards et l’augmentation du budget de manière très intelligente : en réorganisant les différentes étapes de la feuille de route afin d’avoir un résultat final plus avancé d’un point de vue scientifique et technologique, par exemple grâce au remplacement de certains composants du réacteur. Barabaschi a notamment annoncé que les travaux de recherche scientifique pourront commencer dès que le plasma sera produit, ce qui n’était pas prévu dans le précédent Carte routière.

Alors, quel sera l’avenir de ce gigantesque réacteur à fusion nucléaire ? Une réponse possible vient de l’enseignant Sibylle GünteDirecteur de Institut Max Planck de physique des plasmas:

Ce résultat signifie que les travaux de recherche sur ITER débuteront plus tard. Mais le retard est moindre que prévu. L’important est qu’ITER commencera à fonctionner scientifiquement en 2034 et sera capable de travailler sur des plasmas deutérium-deutérium et avec toute l’énergie magnétique en 2036 – ce qui représente un retard de trois ans par rapport au plan initial. L’exploitation du combustible de fusion deutérium-tritium est prévue pour 2039.