Parce que pour les enfants, l’été semblait sans fin : selon des études scientifiques, cela dépend de la perception du temps

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Nous nous souvenons tous du les étés de l’enfance comme des saisons sans fin, faites de de très longues après midi et des jours qui ne se terminaient jamais. À l’âge adulte, au contraire, les trois mois d’été semblent s’envoler en un clin d’œil. Il ne s’agit pas seulement de nostalgie ou de la durée de nos vacances : les recherches sur la mémoire et la perception du temps identifient des mécanismes précis derrière cette différence.

La perception du temps pourrait-elle aussi être une question mathématique ?

UN explication très répandu est du type mathématique: pour un enfant de 5 ans, un été de trois mois représente environ 5 % de toute la vie vécue jusque-là ; pour un adulte de 40 ans, ce même quart ne pèse que 0,6 %. L’idée est que l’esprit évalue durée d’une période en la comparant, inconsciemment, au temps total déjà vécu. C’est un calcul intuitif et facile à faire — mais, comme il le souligne Marc Wittmann dans son livre Felt Time: The Psychology of How We Perceive Time (MIT Press), il n’existe aucune preuve expérimentale que le cerveau traite réellement la durée perçue en termes de proportions mathématiques de ce type. Il s’agit d’une rationalisation a posteriori et non d’un mécanisme neurocognitif documenté.

Nouveauté, mémoire, densité des souvenirs : comment ils influencent la perception du temps selon les études

Ce que la recherche soutient le mieux concerne la densité des souvenirs. Wittmann montre comment perception rétrospective du temps dépend de combien d’événements distincts une période nous a laissé dans mémoire: le de nouvelles expériences – un un ami vient de se rencontrerun endroit jamais vuun je n’ai jamais essayé le jeu — sont codifiées avec plus de soin que celles déjà expérimentées à maintes reprises, car les cerveau les marque comme pertinent. Le même principe ressort de l’examen de Richard Bloc Et Ronald Gruber sur Acta Psychologica : lorsque nous reconstruisons la durée d’une période passée, nous l’estimons en fonction du nombre d’événements mémorisés que nous pouvons récupérer : plus les souvenirs sont distincts, plus cette période nous semble longue. C’est pourquoi une enfance pleine de premières fois laisse derrière elle une quantité disproportionnée de souvenirs par rapport à un été adulte marqué par la routine – une routine au cours de laquelle le cerveau, traitant des informations déjà familières, code beaucoup moins de détails distincts.

Le travail de Cristian Vasile sur Procedia — Social and Behavioral Sciences ajoute un article : la perception du temps n’est pas une constante fixe dans la vie d’une personne, mais suit des transformations cognitives liées à l’âge. Dans l’enfance, lorsque le cerveau est encore en pleine maturité, ces transformations sont maximales – une raison de plus, outre la simple quantité de nouveautés vécues, pour laquelle les souvenirs de cette période restent plus denses.

Si l’on veut ralentir la perception du temps même à l’âge adulte, la science suggère une voie cohérente avec ces mécanismes : briser la routinerechercher de nouvelles expériences, remplir les journées de petites premières pour laisser plus de matière dans la mémoire sur laquelle, un jour, reconstruire leur durée.

Sources

Block, RA et Gruber, RP (2014). Perception du temps, attention et mémoire : une revue sélective. Acta Psychologica, 149, 129-133. Vasile, C. (2015). Perception du temps, corrélats cognitifs, âge et émotions. Procedia — Sciences sociales et comportementales, 187, 695-699. Wittmann, M. (2016). Temps ressenti : la psychologie de la façon dont nous percevons le temps. Presse du MIT.