La mort de Jason Arday et la crise des sciences sociales (polarisé à gauche)
Quelles sont les véritables responsabilités derrière la mort tragique de Jason Arday, le professeur de sociologie de Cambridge qui s’est suicidé suite au scandale lié à son embauche ? L’homme avait été accusé d’avoir copié plusieurs parties de sa thèse de doctorat et d’avoir falsifié des détails de son histoire personnelle, en la déformant pour se présenter comme un prodige capable de se racheter malgré les graves difficultés qu’il a rencontrées dans sa jeunesse.
Une hypothèse sans contrôles
La droite conservatrice a identifié la cause de la tragédie dans ce qu’on appelle la « culture éveillée », comprise comme une extrémisation idéologique des politiques d’inclusion sociale. Selon cette lecture, Cambridge aurait embauché Arday uniquement pour des raisons d’image, malgré le manque de qualifications nécessaires et sans vérifier scrupuleusement la véracité de son CV.
L’université a apparemment également ignoré les demandes répétées d’éclaircissements reçues au fil des ans, les qualifiant à la hâte de spéculations racistes. En revanche, la gauche progressiste accuse la droite d’être la véritable responsable du geste, coupable d’avoir alimenté une campagne agressive contre l’enseignant basée sur la haine raciale.
La crise des sciences sociales
La vérité est que Jason Arday représente une autre victime de la polarisation idéologique croissante qui ravage la société, y compris le monde universitaire et, en particulier, celui des sciences sociales. La tragédie de l’enseignant britannique s’inscrit en effet dans la crise profonde que traverse ce domaine de recherche qui, plutôt que d’évoluer vers une plus grande solidité empirique, semble de plus en plus conditionnée par des exigences sociopolitiques. Selon une étude récente publiée en mars 2026, intitulée « L’orientation idéologique de la recherche universitaire en sciences sociales 1960-2024 »qui a analysé 600 000 articles scientifiques à l’aide de l’intelligence artificielle, lorsque le sujet d’une recherche est politiquement pertinent, il montre dans 90 % des cas une nette orientation de gauche.
Il s’agit d’une tendance qui s’accélère rapidement depuis les années 1990 jusqu’à aujourd’hui. Parmi les distorsions générées par cette pénétration idéologique, il y a le risque que les politiques inclusives soient exploitées par les universités à des fins marketing, transformant les représentants des minorités en trophées de l’inclusion, pour ensuite les abandonner lorsque le mécanisme se retourne contre eux (comme cela semble s’être produit dans le cas d’Arday).
« Non inclusif » au risque de carrière
De plus, cette influence idéologique dominante crée beaucoup problèmes pour ceux qui travaillent dans les sciences sociales et au-delà Oui reconnaît pleinement les orientations progressistes, voire ose parfois les critiquer. Le risque est celui d’être qualifié de « non inclusif », mettant ainsi sa carrière en danger. Il s’agit d’une tendance qui s’observe depuis un certain temps, face à laquelle existe une forte inertie : les sciences sociales risquent ainsi de se transformer en un outil de propagande pour confirmer une vision spécifique du monde, plutôt que d’assurer une recherche rigoureuse de la vérité scientifique.
Faire de la recherche, c’est s’ouvrir à la complexité, au doute et à la remise en question de ses propres croyances : tout le contraire de l’approche idéologique, qui dans ses formes extrêmes se configure comme une distorsion cognitive capable de façonner profondément la perception de la réalité. Tous les membres de la communauté scientifique internationale devraient se rebeller contre cette dérive, quels que soient leur orientation politique ou leurs intérêts personnels. Pourtant, il est difficile de croire que cela se produira.